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Histoire France, 1535. Supplice 21 janvier contre ennemis du catholicisme, hérétiques protestants. Jacques Cartier et Québec

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Chronologie de l’Histoire
L’Histoire de France année après année. Chronologie évoquant personnages historiques, événements célèbres, faits mémorables, lieux importants
Histoire de France : année 1535
(Règne de François Ier depuis le 1er janvier 1515)
Publié / Mis à jour le vendredi 9 avril 2010, par LA RÉDACTION
 

L’empereur Charles-Quint avait découvert les secrètes intrigues de Francois Ier avec Soliman et les frères Barberousse, rois d’Alger, qu’il appelait, l’un à envahir l’Allemagne, les autres à ravager les côtes de l’Italie et de l’Espagne ; aussi Charles rendait François responsable des souffrances auxquelles il exposait tant de milliers de chrétiens, et le dénonçait comme s’alliant indifféremment, avec les Musulmans, avec le schismatique Henri VIII, avec les hérétiques luthériens, toujours avec les ennemis de l’Église.

Le roi de France voulut alors faire preuve de zèle pour le catholicisme ; il fit arrêter un grand nombre de Français qui avaient embrassé les opinions nouvelles, puis, se mettant à la tête d’une procession nombreuse et solennelle, qui, le 21 janvier 1535, visita tous les quartiers de Paris, il s’arrêta dans les six places principales, dans chacune desquelles un reposoir pour le Saint-Sacrement et un bûcher avaient été préparés d’avance ; la victime humaine était attachée à une balançoire, qui, au moment où le roi paraissait, s’abaissait pour la plonger dans les flammes, et l’en retirer immédiatement : elle continuait à s’abaisser et à se relever jusqu’à ce que le malheureux eût péri dans d’atroces douleurs ; alors seulement le roi continuait sa marche.

Cependant, lorsque la nouvelle de ces supplices parvint aux confédérés de Smalkalde, ils en furent remplis d’indignation et d’horreur. Se défiant dès lors des offres et des promesses de la France, ils cherchèrent à se rapprocher de Charles-Quint, et surtout de son frère Ferdinand, qui n’avait point encore signalé son intolérance par des cruautés semblables. François n’y avait point songé d’avance : il apprit avec surprise qu’il perdait les alliés sur lesquels il avait compté le plus, que ses émissaires étaient repoussés de toute l’Allemagne, et que ses capitaines n’y pouvaient plus lever de landsknechts.

D’autre part, Clément VII était mort le 25 septembre 1534, et l’alliance contractée grâce à lui avec la maison de Médicis ne répondait plus de la bienveillance de l’Église. François, pour regagner la confiance des princes luthériens, professa qu’il n’avait jamais confondu la confession d’Augsbourg des Allemands avec les doctrines dont Calvin faisait à cette époque même l’exposition dans son Institution chrétienne, et que c’étaient celles-là seules qu’il avait punies. Il pressa même Mélanchtonde de venir le trouver en France, l’assurant qu’il n’était pas loin d’adopter ses opinions. Enfin, il rendit à Coucy, le 16 juillet 1535, une ordonnance pour faire remettre en liberté tous ceux qui étaient détenus pour cause d’opinions, et cette ordonnance peut être considérée comme le premier édit de tolérance accordé à la France.

Une pensée dans l’esprit de François dominait toujours toutes les autres, c’était le désir de se relever de l’humiliation qu’il avait éprouvée à Pavie, en faisant avec succès la guerre à l’empereur, et lui enlevant de nouveau l’Italie. Deux héritages avaient rétabli inopinément ses finances : d’une part, sa mère était morte, le 29 septembre 1531, et dans ses coffres il avait trouvé la somme énorme de quinze cent mille écus d’or ; ensuite, le chancelier Duprat était également mort, le 9 juillet 1535, et le roi confisqua sa succession mobilière, s’élevant à quatre cent mille écus.

Grâce à la possession de tant d’argent comptant, François Ier avait remis sur pied une fort belle armée. Il avait compté d’abord s’en servir pour attaquer le duc de Milan, François II Sforza. Mais ce prince maladif étant mort sans enfants, le 24 octobre 1535, Antonio de Leyva, qui commandait une garnison espagnole dans la forteresse, prit, possession de son duché au nom de l’empereur : celui-ci était alors occupé en Afrique de sa glorieuse expédition contre Tunis.

François, pour profiter de son armée, envahit les États de Savoie, prétendant qu’ils auraient dû passer en héritage à sa mère. Louise était sœur d’un premier lit du duc Charles III de Savoie, régnant depuis 31 ans, et qui était alors âgé d’environ cinquante ans. Les lois de Savoie excluaient les femmes de la succession, en sorte que Louise n’aurait eu aucun droit, même lorsqu’elle n’aurait pas eu de frère. De plus, elle avait formellement renoncé, le 10 septembre 1523, à toute prétention qu’elle pourrait exercer contre son frère ou la maison de Savoie.

Le duc Charles, qui était faible et irrésolu de caractère, avait tenu ses Etats dans une dépendance absolue de la France, jusqu’au traité de Madrid, qui l’avait rejeté de l’alliance française : heureusement pour lui, il était aussi beau-frère de l’empereur, qui le reçut dans la sienne. Refusant le passage, il fut attaqué à l’improviste par le roi son neveu, qui avait envoyé l’amiral de Brion (Chabot), lequel s’empara de la Savoie l’automne 1535, et du Piémont le printemps 1536.

Jacques Cartier, navigateur de Saint-Malo, s’était proposé à Philippe de Chabot, grand amiral de France, pour aller visiter les terres de l’Amérique septentrionale désignées sous le nom de Terre-Neuve. Cette demande ayant été présentée au roi par le grand amiral, François Ier avait chargé Cartier lui-même d’exécuter ses projets ; et dans un premier voyage, en 1534, il avait découvert le golfe Saint-Laurent et l’embouchure de ce fleuve. Mais l’approche de la mauvaise saison l’avait rappelé avant qu’il eût eu le temps de pousser plus loin ses découvertes.

Sur le récit de son voyage, le roi ordonna un armement plus considérable que le premier : on équipa un bâtiment de cent vingt tonneaux, que Cartier commanda ; on en mit sous ses ordres un autre de soixante tonneaux, et un troisième de quarante, propre à entrer dans les rivières où il n’y aurait pas assez d’eau pour les deux autres. Plusieurs jeunes gens de distinction s’embarquèrent avec Jacques Cartier en qualité de volontaires. Cette campagne commença par un acte public de religion. Le jour de la Pentecôte les capitaines et les équipages firent ensemble leurs dévotions dans la cathédrale de Saint-Malo, et reçurent ensuite la bénédiction de l’évêque.

Ils mirent à la voile le 19 mai 1535. Leur trajet pour se rendre à Terre-Neuve fut long et pénible ; le mauvais temps sépara les bâtiments ; mais ils se réunirent dans le détroit de Belle-Isle, où l’on avait assigné un rendez-vous. Cartier, dans sa première campagne, avait prolongé les côtes du golfe Saint-Laurent qui sont au sud du détroit de Belle-Isle ; dans celle-ci, il ne s’écarta pas de la côte septentrionale, et pénétra, presque en ligne droite, dans l’intérieur du fleuve. Il le visita avec soin, et s’avança à sept à huit lieues au delà de l’endroit où depuis la ville de Québec a été bâtie. La rivière près de laquelle la flotte mouilla reçut le nom de Sainte-Croix ; mais la postérité lui a donné celui de Jacques Cartier. Cartier remonta avec ses canots jusqu’à un village que les habitants appelaient Hochelaga, et sur les ruines duquel s’éleva plus tard la ville de Montréal, située à plus de cent cinquante lieues marines de l’embouchure du fleuve.

Après un hiver rigoureux passé à Sainte-Croix, pendant lequel ses compagnons furent décimés par le scorbut, maladie encore inconnue aux navigateurs français, Cartier se rembarqua, le 6 mai 1536, avec deux bâtiments, n’ayant plus assez de monde pour manœuvrer le troisième, et sortit du fleuve par le canal qui est au sud de l’île d’Anticosti, et qu’il avait pris, en 1534, pour un golfe ; il vint ensuite chercher le passage qu’il avait supposé, à la même époque, devoir exister au sud de Terre-Neuve ; il le trouva, et compléta, par cette dernière découverte, celle du fleuve et du golfe Saint-Laurent. Les bâtiments arrivèrent à Saint-Malo le 16 juillet 1536. Jacques Cartier montra ainsi aux Français la route du Canada.

François Ier, devenu infirme, s’applique plus sérieusement aux affaires de son royaume. « Alexandre faisait l’amour, dit M. de Tavannes, quand il n’avait plus d’affaires, et le roi François ne s’appliqua aux affaires que quand il ne fut plus en état de faire l’amour ». Bodin observe que les affaires de la France ne commencèrent à se rétablir, sur la fin du règne de François Ier, que lorsque ce prince devint si chagrin, que l’on n’osait pas lui demander de grâces aussi indiscrètement que l’on faisait auparavant.

 
 
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