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Roi Hugues Capet ou à la Chape (Francs), capétien. Naissance, mort, couronnement, règne. Capétiens - Histoire de France et Patrimoine


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Rois, Présidents

Biographie des rois, empereurs, présidents français. Vie des souverains, faits essentiels, dates-clés. Histoire des règnes


Hugues Capet ou à la Chape
(né en 941, mort le 24 octobre 996)
(Duc des Francs : règne 960-987. Roi des Francs : règne 987-996)
Publié / Mis à jour le jeudi 4 février 2010, par LA RÉDACTION

 

Hugues Capet ou à la Chape devrait son surnom, soit au mot latin capito signifiant grosse tête, soit à l’espèce de chaperon que ce prince porta le premier. L’origine de sa famille se perd dans la nuit des temps, au rapport de Glaber, historien contemporain. D’anciens historiens le font descendre de saint Arnoul, et même d’une fille de Clotaire Ier, fils de Clovis le Grand ; d’autres le font arrière-petit-fils du Saxon Witikind ; d’autres encore le font descendre des rois de Lombardie.

Hugues Capet (987-996)
Hugues Capet (987-996)

Chef de la troisième dynastie qui a donné trente-deux rois à la France, Hugues Capet était le plus puissant seigneur du royaume lorsque, la couronne lui ayant été déférée dans une assemblée tenue à Noyon, il fut sacré par Adalberon, archevêque de Reims, le 3 juillet 987.

Cette assemblée ne devait pas être nombreuse : depuis le triomphe de la féodalité, il ne pouvait plus y avoir d’assemblées de la nation, puisque les hommes libres étaient peu à peu tombés en servitude, et que les nobles relevaient, pour leurs fiefs, de quelques grands propriétaires qui seuls exerçaient le pouvoir politique et qu’on désignait par le titre de vassaux de la couronne. Le nombre des grands vassaux n’allait pas alors au delà de huit, à savoir : le duc de Gascogne, le duc d’Aquitaine, le comte de Toulouse, le duc de France, le comte de Flandre, le duc de Bourgogne, le comte de Champagne et le duc de Normandie, duquel la Bretagne relevait encore à cette époque.

Peu nombreux étaient les seigneurs qui avaient un intérêt réel au choix du monarque, parce que seuls ils traitaient directement avec lui : les autres Français n’étaient plus les sujets du roi, mais les hommes des grands vassaux, et s’inquiétaient fort peu à qui serait offerte une royauté qui ne s’étendait plus jusqu’à eux. Si l’ordre de succession au trône eût été établi sous la seconde dynastie, Charles, duc de la basse Lorraine, second fils de Louis IV d’Outremer et frère de Lothaire, aurait succédé à son neveu Louis V ; mais on ne manqua pas de raisons pour l’exclure : on l’accusa de s’être fait vassal du roi de Germanie, d’avoir le cœur plus allemand que français ; en un mot, il fut en butte à mille reproches, parmi lesquels on oublia le véritable : c’est qu’étant issu de Charlemagne, il croirait ne régner qu’en vertu de sa naissance.

Or, on voulait un roi complice du morcellement de la France en plusieurs souverainetés à peu près indépendantes, afin que, n’ayant aucun prétexte pour essayer de revenir sur le passé, il ne songeât qu’à maintenir ce que le temps avait consacré. Hugues Capet, qui comptait déjà parmi ses aïeux deux rois élus par le suffrage des grands, qui possédait le duché de France et disposait par son frère du duché de Bourgogne, fut préféré dans l’assemblée de Noyon, où se trouvaient aussi les chefs du clergé, non comme le plus capable de rendre au trône son éclat, mais comme entièrement désintéressé dans le rétablissement de la monarchie telle qu’elle était sous Clovis et sous Charlemagne.

C’est ainsi que souvent les princes libres de l’empire, auxquels les grands vassaux de France ressemblaient en tous points, choisissaient pour empereur celui qui, par sa position et ses intérêts, ne leur laissait appréhender aucune tentative contre leur indépendance. La famille de Hugues était depuis longtemps à la tête du parti opposé au pouvoir royal des Carolingiens ; et l’on peut dire qu’il reçut la royauté telle que ses ancêtres l’avaient faite : c’était bien peu de chose à cette époque.

On est si porté à croire que le fondateur d’une dynastie qui a régné pendant huit siècles était un homme extraordinaire, que les historiens qui n’ont pas remonté jusqu’à l’esprit du temps ont attribué à Hugues Capet des établissements admirables, des lois profondes dont ils faisaient honneur à son génie.

Il ne tenta rien, n’établit rien, ne porta aucune loi ; son plus grand mérite est d’avoir senti qu’une extrême modération de sa part pouvait seule accoutumer les grands à voir la royauté se perpétuer dans sa famille. Six mois après son couronnement, il obtint en effet la permission d’associer au trône son fils unique Robert, qui fut sacré à Orléans le 1er janvier 988.

Ce prince donna à son père quelques légers regrets de s’être tant pressé ; mais si Hugues Capet eût attendu plus tard, peut-être n’aurait-il pas trouvé les seigneurs dans des dispositions aussi favorables, car Charles de Lorraine était entré en France à la tête d’une armée, pour soutenir les droits qu’il prétendait avoir à la couronne. Le duc de Guyenne combattait pour lui ; plusieurs évêques soutenaient sa cause, et le comte de Champagne menaçait pour se faire acheter.

Hugues Capet n’était pas puissant parce qu’il était roi, mais parce qu’il avait fortifié le trône par ses immenses domaines, qu’il pouvait compter sur le duché de Bourgogne que possédait son frère, et que ses alliances avec plusieurs autres grands vassaux lui garantissaient leur secours.

Sacre de Hugues Capet
Sacre de Hugues Capet

Il battit le duc de Guyenne et fut battu à son tour par Charles, qui, après lui avoir enlevé de vive force la ville de Laon, seul véritable domaine de la couronne, s’empara par surprise de la ville de Reims. Un jeune homme nommé Arnoul, neveu de Charles, fils naturel du roi Lothaire, et par conséquent de la famille carolingienne, joua un grand rôle dans la prise de Laon et de Reims : il trahit Charles pour être fait archevêque de Reims par Hugues Capet, et trahit ensuite Hugues Capet en faveur de Charles, qu’il voyait vainqueur.

Un archevêché donnait à cette époque une souveraineté réelle sur une grande étendue de pays ; et, comme le pape intervenait en sa qualité de chef de l’Eglise, dans l’élection et la déposition des évêques, il se trouvait arbitre du gouvernement féodal pour ce qui concernait les fiefs ecclésiastiques ; tout s’accordait alors pour restreindre le pouvoir des rois.

En rentrant en vainqueur dans la ville de Laon, Hugues Capet fit prisonniers Charles et l’archevêque Arnoul ; il les fit conduire à Orléans, où le premier mourut deux ans après : ce n’était qu’un prince souverain ; il ne trouva personne pour le protéger ; mais le second était un prélat, on ne pouvait disposer de son sort sans le consentement des évêques.

Il fallut assembler un concile, qui ne prononça la déposition du coupable qu’à condition qu’il ne perdrait pas la vie, restriction d’autant plus désagréable à Hugues Capet qu’Arnoul était de la famille de Charlemagne. Le pape trouva mauvais qu’un archevêque eût été condamné sans l’aveu de la cour de Rome. Cette affaire devint si considérable qu’elle occupa le reste du règne de ce monarque, qui mourut de la variole sans la voir terminée, le 24 octobre 996, la dixième année de son règne.

Ce prince, dont l’autorité n’était point supérieure à celle des grands vassaux, dont il avait été l’égal, sut tirer de ses forces tout le parti que lui permirent les circonstances : les alliances qu’il contracta ne laissent aucun doute sur la connaissance profonde qu’il avait des intérêts de l’Europe ; il fixa son séjour à Paris et fit de son palais une église (c’était celle de Saint-Barthélemy, dans la cité). Il fit fortifier, contre les irruptions des Danois et des Normands, une métairie qu’il avait comme abbé de Saint-Riquier (Abbatis villa), et qui le rendait maître du cours de la Somme : telle fut l’origine d’Abbeville.

Hugues Capet joignit au courage l’art de ménager les esprits, et se fit, par son zèle pour la religion, des amis assez sincères parmi les évêques pour qu’ils ne balançassent pas à se commettre avec le pape dans la déposition d’Arnoul. Blessé de voir les biens de l’Église envahis par les hommes de guerre, il renonça aux riches abbayes qu’il possédait par héritage comme duc de France ; et, dans l’impossibilité où il était de donner une loi à cet égard, il offrit au moins aux seigneurs un bel exemple à suivre.

Plusieurs de ses successeurs l’ont imité en établissant dans leurs domaines des usages si favorables à l’ordre qu’ils s’étendirent ensuite sur toute la France. Les actions des rois suppléaient ainsi à leur autorité, et préparaient le retour de leur puissance en fixant tous les regards sur le trône.

Hugues Capet était si peu maître hors de ses domaines, qu’ayant voulu empêcher Audebert, comte de la Marche, de poursuivre une guerre injuste, le gentilhomme qu’il lui députa, piqué de la résistance qu’il trouvait, s’emporta jusqu’à lui demander qui l’avait fait comte : « Ce sont, répondit Audebert, ceux-là mêmes qui ont fait rois Hugues et son fils Robert » ; et il continua son entreprise, sûr que l’intérêt de tous les seigneurs justifierait sa réponse ; il ne se trompa point.

La couronne, qui avait été élective sous la seconde dynastie, parce qu’elle s’était unie, dans la personne de Pépin, la mairie du palais, qui ne s’obtenait que par le suffrage des grands, redevint héréditaire sous la troisième dynastie, parce qu’elle se confondit dans la personne de Hugues Capet avec les grands fiefs qu’il possédait, et que les fiefs alors étaient incontestablement héréditaires. On peut même assurer qu’il ne fut élu que pour consacrer l’usurpation des fiefs, déjà sanctionnée par une longue possession ; et l’on ne peut s’empêcher d’admirer par quels secrets ressorts, d’une mesure prise contre le pouvoir des rois, sortirent avec le temps l’hérédité et l’individualité de la couronne, les deux bases fondamentales de toute véritable monarchie.

On croit que Hugues avait épousé Blanche, veuve de Louis le Fainéant, dont il n’eut point d’enfants. De sa deuxième femme, Adélaïde, fille du duc de Guyenne, il eut un fils, Robert, qui régna seul après lui, et trois filles, Adwige, Adélaïde et Gisèle.




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