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Reine Emma de France, robertienne. Naissance, mort, mariage, règne. Robertiennes

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Reines, Impératrices
Biographie des reines et impératrices françaises. Vie des souveraines, faits essentiels, dates-clés. Histoire des règnes
Emma de France
(née vers 894, morte en 934)
(Épouse Raoul (pas encore roi de France) en 921)
Publié / Mis à jour le lundi 1er février 2010, par LA RÉDACTION
 

Fille du roi Robert Ier et de la reine Béatrice de Vermandois, Emma épousa Raoul en 921, cependant qu’il n’avait pas encore accédé au trône de France. C’est Hugues le Grand, frère d’Emma, qui détermina l’élection de Raoul après la mort de Robert Ier (923) dans une bataille que lui avait livrée Charles le Simple.

Fille et nièce de roi (son oncle Eudes avait été élu roi de France en 888), Emma donna la couronne à son époux. Charles le Simple vivait encore et Herbert, tout en le retenant prisonnier, en faisait un épouvantail toujours prêt à effrayer Raoul : aussi Otgive, reine du temps de Charles le Simple, essayant de tirer parti de cette position, mariait sa sœur Edith avec Hugues le Grand, cherchant par là à se faire un appui de cet homme puissant qui faisait les rois. Herbert désirait avoir dans son domaine la ville de Laon que Raoul ne lui voulait pas céder ; il en fit le siège, et la reine Emma, qui s’y trouvait renfermée, la défendit avec une habileté au-dessus de son sexe.

Les deux reines employèrent alors des armes diverses. Otgive pressait les négociations, Emma combattait en attendant le secours que lui préparait son mari ; Herbert tira Charles le Simple de sa prison pour le conduire à Reims, et donner au roi Raoul Ier la crainte de le voir couronner de nouveau. Les événements devenaient graves, et le choc paraissait imminent. Raoul accourut sur les bords de l’Oise avec une armée pour seconder les efforts de la reine Emma, dont rien n’avait pu ébranler le courage ; alors Hugues, qui ne voulait fortifier aucun parti, se posa comme médiateur entre Herbert et Raoul, et détermina celui-ci à céder enfin la ville de Laon ; Emma, non sans regret, remit la place aux mains d’Herbert, qui renouvela son serment à Raoul, et ramena le simple Charles à Ham.

Charles le Simple mourut en 929, abusé à la fois par Raoul et par Herbert, qui tour à tour lui rendaient de vains respects, sans que ni l’un ni l’autre eussent le dessein de le rétablir. La puissance du comte de Vermandois alla toujours décroissant. L’inquiétude s’empara de son cœur ; il mourut enfin, accablé de chagrins et laissant voir quelle part le remords avait à son trouble, car ceux qui l’assistèrent dans les derniers jours de sa maladie le virent s’agiter douloureusement sur sa couche en répétant : « Hélas ! Nous étions douze qui trahîmes le roi ! », rapporte la Chronique de Raoul Glaber.

Emma mourut en 934, et Raoul lui survécut un peu plus d’un an. Hugues le Grand n’osa ou ne voulut pas prendre la couronne. Il jugea plus prudent de se donner un roi qui lui devrait tout, et au nom duquel il pourrait régner ; il détermina les seigneurs à envoyer une députation de comtes et de prélats en Angleterre. Guillaume, archevêque de Sens, porta la parole : il se présenta devant Otgive et lui demanda son fils (le futur Louis IV) au nom de toute la France, avant de recevoir le jeune prince avec tous les seigneurs à Boulogne, lui rendant hommage sur la grève même, et le menant sacrer à Laon par Artaud, archevêque de Reims, dépouillé naguère par Herbert, et depuis peu rentré dans son archevêché. Le trône de France, passé un moment aux Robertiens, revenait aux Carolingiens jusqu’à l’avènement en 987 de Hugues Capet, fils de Hugues le Grand.

 
 
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