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Champagne-Ardenne : origine et histoire du département Marne

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Départements français
Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques
Histoire du département de la Marne
(Région Champagne-Ardenne)
Publié / Mis à jour le vendredi 29 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

Lorsque les Romains pénétrèrent dans les Gaules, ils trouvèrent la partie sud-est du territoire, qu’ils désignèrent après leur conquête sous le nom de Belgica secunda, occupée par deux peuplades, les Remi et les Catalauni, dont tous leurs auteurs s’accordent à vanter le courage et la puissance. Ces contrées qui devinrent, sous la monarchie franque, les domaines indépendants des évêques de Reims et de Châlons, quoique enclavées dans la Champagne et rattachées par certains liens de vassalité aux comtes de cette province, ont formé presque en entier le département actuel de la Marne.

Tout ce qui précède la période romaine est resté dans l’obscurité la plus profonde ; mais il est permis de supposer, pour ces populations, de glorieux antécédents, sur la foi de César lui-même, leur ennemi et leur vainqueur, écrivant dans ses immortels Commentaires : Gallorum omnium fortissimi Belgii ; ce à quoi Strabon ajoute : Inter istas gentes Remi sunt nobilissimi (De tous les Gaulois, les Belges sont les plus braves, et parmi eux les Rémois sont les premiers à citer). De pareils titres de noblesse peuvent consoler de quelques lacunes dans l’histoire ; il est à regretter cependant qu’aucun document, qu’aucun débris de monuments religieux ou civils ne vienne jeter la moindre clarté sur un passé qui avait- valu à nos ancêtres une si glorieuse renommée et une position si importante.

César et ses successeurs, qui se connaissaient en valeur et savaient l’honorer, firent tous leurs efforts pour s’attacher les Remi et les Catalauni ; ils y parvinrent et s’en firent des alliés aussi fidèles que les Éduens l’étaient dans la partie celtique de leur nouvelle conquête ; aussi n’avons-nous à citer aucune révolte contre la domination des vainqueurs. De nombreuses fouilles archéologiques ont été pratiquées dans le département et ont amené d’importantes découvertes en objets gallo-romains, notamment dans la contrée sise entre Reims et Sainte-Menehould, et aux environs de Sézanne. MM. de Baye à Baye, Counhage à Suippes, de Barthélemy à Courmelois, Werlé à Reims, ont de précieuses collections. On a découvert à Coizard, arrondissement d’Épernay, une station extrêmement importante de l’âge de la pierre polie, connue de tout le monde savant.

Ce qui, partout ailleurs, est une occasion de déchirements et de persécutions s’accomplit dans cette contrée sans que l’harmonie en paraisse troublée ; les temples s’y élèvent en l’honneur de Jupiter, de Mars et d’Apollon, sans protestation des cultes abolis ; le christianisme y apparaît à son tour dès le IIIe siècle, sans que des mesures bien rigoureuses signalent les vengeances du paganisme menacé ; enfin les barbares eux-mêmes semblent respecter ce territoire comme un terrain neutre et consacré à la paix, et lorsque Attila en menace la capitale, on voit combattre, pour sa défense, sous le même drapeau, les Francs de Mérovée, les Wisigoths de Théodoric et les légions d’Aétius.

La substitution de la monarchie de Clovis à la domination romaine s’y opéra aussi sans secousses ; sous les premiers successeurs de ce prince, le pays fit partie du royaume d’Austrasie ; dont Reims fut même quelque temps la capitale.

Des lieutenants royaux, avec le titre de comtes, administraient la province. Elle suivit le sort de l’État auquel elle était incorporée pendant les règnes si agités des rois de la première race, sans qu’aucun épisode notable signale son histoire particulière. Sous Charlemagne, l’extension des limites de l’empire la fit passer dans la Neustrie ; mais, au milieu de tous ces bouleversements, deux pouvoirs s’étaient maintenus et avaient grandi : c’étaient ceux des évêques de Reims et de Châlons.

Dès le temps de Clovis, ils étaient en possession de privilèges considérables que chaque siècle avait vus augmenter ; depuis longtemps, l’autorité royale sur les villes épiscopales n’était plus que nominale. Les prélats, à leur dignité religieuse, avaient ajouté le titre et les pouvoirs de comtes : l’évêque de Châlons battait monnaie ; tous les deux étaient pairs de France et pouvaient réunir une armée de soixante mille vassaux dans la querelle des investitures, quand Louis le Gros se fit le défenseur des prétentions de la papauté. Il ne faut donc pas s’étonner de voir, à l’époque du morcellement de la France féodale, l’influence des sièges épiscopaux de Châlons et de Reims prévaloir contre le menaçant voisinage des comtes de Vermandois et de Champagne.

Pendant la crise qu’amena l’affaissement du pouvoir central sous les derniers carlovingiens, il y eut des luttes, des alternatives de succès et de revers ; les prélats, aussi guerriers que pasteurs, subirent les chances des batailles auxquelles les entraînaient les nécessités de leur puissance territoriale ; mais, encouragés par les sympathies et l’influence des rois de France, qui redoutaient moins leur pouvoir que l’agrandissement des vassaux laïques de la couronne, ils maintinrent leur autorité sur leurs deux capitales et sur un rayon qui répond à peu près exactement à la circonscription actuelle du département ; tout ce que put obtenir contre elle la dynastie héréditaire des comtes de Champagne, fondée par le fameux Thibaut, fut la reconnaissance d’un fait pour ainsi dire géographique, l’incorporation des deux évêchés dans le territoire de la Champagne, l’hommage, à ce titre seulement, aux comtes de la province ; mais sans aucune atteinte aux privilèges séculaires, sans aucun empiètement sur les droits et sur l’indépendance des prélats.

Grâce à cet état de choses, il y eut, au milieu de la Champagne proprement dite, une Champagne rémoise et une Champagne châlonnaise, qui, le plus souvent, restèrent en dehors des discordes et des guerres dont fut agitée la France, et purent même garder la neutralité dans les nombreuses et sanglantes querelles que vidaient sur leurs frontières nos rois et les comtes de Champagne. Quoique ce fussent surtout les villes qui profitassent des bienfaits de la paix, et quoique la prospérité s’y révélât à des signes plus apparents, les campagnes avaient trouvé aussi, sous ce régime, leur part de sécurité et de bien-être, lorsque l’invasion anglaise, au XIIIe siècle, vint réclamer de leur patriotisme sa part de dévouement et de sacrifices.

Les commencements de cette longue et terrible guerre coïncident avec la réunion de la Champagne à la couronne de France, Jeanne, unique héritière de Henri III, quatorzième comte de Champagne, ayant épousé Philippe le Bel en 1284. Cette cession, qui ne fut solennellement enregistrée qu’en 1361, sous le roi Jean, souleva des difficultés dont le détail appartient à l’histoire du comté de Champagne ; nous avons à constater seulement qu’à dater de cette époque furent rompus les derniers liens de vassalité qui rattachaient les domaines des évêques à la maison de Champagne.

La première attaque sérieuse fut dirigée par Robert Knolles et Eustache d’Auberticourt, que repoussa Henri de Poitiers, évêque de Troyes. A ces assaillants succéda bientôt Édouard d’Angleterre, qui, profitant de la captivité du roi Jean, fondit sur la Champagne, où il rencontra toutefois une vigoureuse résistance.

Le traité de Brétigny exposa le pays à de nouvelles calamités ; il fallut que Du Guesclin vînt le délivrer des bandes indisciplinées de malandrins et de tard venus, qui pillaient les villes et ravageaient les campagnes. De 1368 à 1380, eurent lieu de nouvelles expéditions des Anglais, sous les ordres des ducs de Lancastre et de Buckingham, et, cinquante ans plus tard, la victoire de Gravant, remportée par Salisbury, qui put croire un instant avoir arraché la province entière à la France. Qu’on se représente, en effet, ce malheureux pays isole au milieu de territoires hostiles : Bourgogne, Flandre, Alsace et Lorraine.

Le découragement et le désespoir se seraient emparés de caractères moins solidement trempés que celui des Champenois. Une désolation si profonde, un danger si immense ne fit que réveiller leur courage en leur inspirant pour la mère patrie une pitié héroïque et sublime. Michelet, en parlant de Jeanne d’Arc, a décrit ce qui dut se passer dans ces cœurs champenois, que César avait si bien devinés.

Il ne nous appartient pas de toucher à cette grande épopée nationale dont l’expulsion de l’Anglais fut le dénouement ; constatons seulement que, dans cette crise suprême, le tribut de sang payé par la brave contrée qui nous occupe fut tel, qu’on dut recourir à des mesures extraordinaires pour repeupler les campagnes et les villes. Une paix sérieuse et durable eût été le meilleur moyen d’arriver à ce but ; mais cette heure réparatrice n’était point encore venue.

La lutte de Louis XI et de Charles le Téméraire, les guerres de François Ier et de Charles-Quint, la peste, qui ajouta ses ravages à tant d’autres fléaux, mirent obstacle pendant longtemps à la cicatrisation des plaies anciennes. Quoique l’influence des évêques de Reims et de Châlons et le royalisme de la population eussent atténué les effets de la Réforme et de la Ligue, la solidarité entre les diverses provinces de la monarchie était dès lors assez étroite pour qu’on ne pût espérer la prospérité des unes au milieu de la désolation des autres ; le mal n’était donc pas réparé lorsque, pendant la minorité de Louis XIV, le pays eut à subir, en 1650, une invasion des Espagnols.

Ce dernier assaut précéda une paix de plus d’un siècle, le théâtre de la guerre ayant été éloigné sous les règnes qui suivirent ; mais les conditions de cette paix intérieure ne permettaient pas encore d’en espérer de bien heureux résultats : aggravation des impôts, exigences du recrutement, suppression des vieilles franchises, grâce à la centralisation administrative et au despotisme, aux exactions des agents royaux, tel est le prix auquel les malheureuses provinces payaient les somptueuses prodigalités de Versailles. Aussi se ferait-on difficilement une idée des espérances enthousiastes qui saluèrent les premières promesses de la Révolution de 1789.

Lorsque la France fut envahie et que les Prussiens eurent pénétré en Lorraine, on peut dire que la Champagne se leva comme un seul homme. Dumouriez, pour ses opérations de l’Argonne, trouva un précieux concours dans cette héroïque population. La journée de Valmy inaugura toute une série de victoires auxquelles prirent une large part les volontaires champenois, et, dans cette grande lutte de la France contre l’étranger, le département de la Marne est du nombre de ceux qui ne désespérèrent point de la sainte cause qu’ils avaient embrassée et qui restèrent fidèles jusqu’au dernier moment au gouvernement que la France s’était alors donné.

Les vastes plaines qui se déploient au nord et à l’est de Châlons ont toujours fait de ce territoire une route ouverte aux invasions. Après nos revers de 1813, lorsque les puissances coalisées reprirent l’offensive, la Champagne était désignée d’avance comme le point le plus exposé à leurs attaques ; c’est aussi ce point que choisit Napoléon pour y concentrer les efforts de la résistance.

On a trop souvent célébré les merveilles de cette campagne de 1814 pour que nous essayions d’en dire autre chose que ce qui se rattache spécialement aux différentes localités dans les noms se présenteront dans cette notice ; nous n’avons à constater ici que l’attitude générale du département dans ces graves circonstances. La population fut digne d’elle-même et de tout son passé ; Napoléon n’avait pas trop présumé du dévouement des braves Champenois.

En 1870, après la dispersion de nos armées, les plaines ouvertes de ce département ne pouvaient offrir aucun point de sérieuse résistance aux masses envahissantes de l’ennemi ; l’occupation allemande y fut longue et coûteuse : les réquisitions, les emprunts forcés, les dévastations et les charges de toute nature s’y traduisirent par une dépense de 26 237 675 francs.

 
 
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