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1er janvier 1515 : mort de Louis XII le Père du peuple.

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1er janvier 1515 : mort de Louis XII
Publié / Mis à jour le mardi 10 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 

Mort de Louis XII, roi de France, surnommé le Père du peuple. Louis d’Orléans, fils de Charles duc d’Orléans et de Marie de Clèves, naquit le 27 juin 1462. Élevé comme on élevait alors les princes du sang, sa jeunesse fut orageuse, mais les malheurs qu’il éprouva tempérèrent son humeur inquiète, et lui donnèrent une seconde éducation qui valut beaucoup mieux que la première.

Lorsqu’en 1482 Charles VIII eut succédé à Louis XI son père, Louis duc d’Orléans, en sa qualité de premier prince du sang, prétendit à la tutelle du jeune roi ; mais Louis d’Orléans, à peine âgé de vingt ans, avait lui-même besoin de tuteur ; d’ailleurs, en mourant, Louis XI avait institué gouvernante du royaume et tutrice de Charles VIII sa fille Anne, qui épousa Pierre de Beaujeu.

La dame de Beaujeu, digne fille de Louis XI, n’était pas disposée à céder le pouvoir. Voici le portrait qu’en fait Brantôme : « Anne était fine femme, déliée s’il en fut oncques, vraie image en tout du feu roi Louis son père ; vindicative, trinquate (querelleuse), corrompue, pleine de dissimulation et de grande hypocrisie, qui, pour son ambition, se masquait et déguisait de toute sorte. »

Anne, dame de Beaujeu, employa tour à tour les caresses et les violences pour se maintenir dans le pouvoir ; elle fit, en 1484 assembler à Tours les États-Généraux, qui déclarèrent majeur le roi Charles VIII, et nommèrent un conseil de régence dont le duc d’Orléans fut élu président. La dame de Beaujeu conservait l’autorité, et le duc, qui la tenait pour son ennemie, se permit publiquement une invective contre son honneur. Le duc d’Orléans en sentit la conséquence, quitta la cour, et, se joignant au comte de Dunois, s’arma contre le roi ou plutôt contre la sœur de ce prince. Cette levée de boucliers causa beaucoup de maux. Pendant plus de trois ans, la France fut troublée par des combats qu’interrompaient des pacifications peu durables, par des intrigues et des trahisons. Trois évêques, parmi lesquels figurait le fameux Georges d’Amboise, plusieurs seigneurs puissants, et notamment le célèbre Philippe de Comines, furent convaincus de complot en faveur du duc d’Orléans et sévèrement emprisonnés.

Enfin, après une Infinité d’intrigues et de combats, le roi envoya en Bretagne une armée commandée par Louis de La Trémouille, qui s’empara de plusieurs places de cette province, et le 21 juillet 1486 livra la fameuse bataille de Saint-Aubin du Cormier, où le duc d’Orléans et plusieurs seigneurs de son parti furent complètement battus et faits prisonniers. D’abord, on conduisit le duc dans le château de Lusignan, puis on le transféra à la tour de Bourges, dû, pendant près de trois ans de captivité, il dut faire de solides réflexions sur les devoirs des rois, l’art de gouverner, et sur le danger des révoltes.

En 1491, le roi Charles VIII, fatigué du despotisme de la régente sa sœur, et conseillé par les amis du prince captif, lui accorda sa liberté.

En 1498, Charles VIII étant mort, le duc d’Orléans devint roi de France sous le nom de Louis XII. Alors ceux qui lui avaient fait la guerre redoutèrent sa vengeance. On prétend qu’il les rassura par ces paroles très-remarquables et malheureusement peu authentiques : Le roi de France ne venge point les injures faites au duc d’Orléans. Mais il est plus certain qu’il dit à ceux qui lui parlaient du sire de La Trémouille, qui l’avait combattu et fait prisonnier : Si La Trémouille a si bien servi son souverain contre moi, j’espère qu’il me servira avec la même affection contre les ennemis de l’État.

Après les cérémonies de son sacre, Louis XII s’occupa d’améliorer le sort du peuple, de réformer des abus énormes, dont il gémissait depuis long-temps, et remplit un devoir que les rois ses prédécesseurs avaient trop dédaigné. Il diminua les contributions d’un quart ; fit cesser le pillage que les gens de guerre exerçaient dans les campagnes ; régularisa la justice et plaça dans les tribunaux, et surtout dans le parlement de Paris, des juges instruits et intègres. Aussi, en 1506, les Français, représentes par les États- Généraux assemblés à Tours, le proclamèrent-ils le Père du peuple, titre bien préférable à ceux de Grand, de Héros, et qu’aucun roi de France n’avait encore obtenu ni mérité.

L’histoire peut reprocher à Louis XII de s’être engagé dans les guerres trop longues d’Italie ; mais alors la gloire militaire était la seule gloire : ajoutons que les justes prétentions du roi sur le duché de Milan semblaient lui faire un devoir de le conquérir. Il partit, et, dans l’espace de vingt jours, il s’en rendit maître : il le perdit bientôt, puis le recouvra pour le reperdre encore. Louis XII était plein de courage ; en 1509, ses courtisans, craignant pour eux dans un combat, lui représentaient qu’il s’exposait trop : Quiconque a peur se place derrière moi ! dit-il. De concert avec Ferdinand, roi de Castille et d’Aragon, il s’empara du royaume de Naples, qu’il partagea avec ce prince, et dont il fut obligé d’abandonner la portion qui lui était échue. Il entra en 1508 dans la ligue formée à Gambray par le pape Jules II et plusieurs autres souverains contre les Vénitiens ; il remporta une victoire signalée à Agnadelle. En 1510 les Vénitiens se soumirent au pape, et celui-ci, pour délivrer l’Italie des Français qu’il redoutait, parvint à détacher les Suisses de leur armée, et à former une nouvelle ligue de souverains contre Louis XII.

Alors ce roi lui déclara la guerre ; le pape l’excommunia ; les intrigues du souverain pontife firent plus de mal à la France que son excommunication : les Suisses, qui combattaient pour le roi de France, tournèrent leurs armes contre lui. Malgré plusieurs victoires, ce roi ne put conserver en Italie qu’un petit nombre de places.

En 1513, excité par le pape, le roi d’Angleterre, à la tète de trente mille hommes, fit une descente à Calais ; en même temps, l’empereur Maximilien, avec une armée aussi formidable, fondit sur la France du côté de la Franche-Comté. Les Anglais assiégèrent Terrouenne, donnèrent la bataille de Guignegate, que les Français, pris au dépourvu, nommèrent la journée des éperons ; ils furent battus et mis en fuite. Les troupes allemandes assiégèrent Dijon. Louis de La Trémouille, par sa prudence et sa résolution, fit lever le siège et sauva la France attaquée de deux côtés.

En 1514 Louis XII, ayant perdu son épouse Anne de Bretagne, épousa Marie, sœur du roi d’Angleterre Henri VIII. Cet hymen avança le terme de sa vie. Louis XII n’avait point d’héritier : la vivacité de ses passions avait survécu à la force corporelle. Au bout de deux mois et demi de mariage, il mourut à Paris le 1er janvier 1515, à l’âge de 53 ans, très-regretté du peuple, dont il était chéri, peu regretté des nobles, qui ne l’aimaient guère. Le sort de ce bon roi fut d’être souvent dupe des princes de son temps ; il fut trompé par les bâtards du pape Alexandre VI : il fut trompé par le pape Jules II : il le fut aussi par Ferdinand, roi de Castille, et s’en aperçut. On rapporte à ce sujet que le roi Ferdinand, apprenant que Louis XII lui reprochait de l’avoir trompé trois fois, répondit : en a menti, l’ivrogne, je l’ai trompé plus de dix fois.

Les fautes que Machiavel et quelques modernes reprochent à Louis XII ont toutes pour origine sa probité ; il eut le tort de donner sa confiance à des hommes qui ne la méritaient pas, à des souverains fallacieux qui se jouaient les uns des autres. Louis XII n’opposa que la droiture de ses principes à leur artificieuse diplomatie.

Sa constante économie fut taxée d’avarice, et il répondait à ce reproche par ces mots : J’aime mieux voir mes courtisans rire de mes épargnes, que de voir pleurer mon peuple de mes dépenses.

La liberté de penser et d’écrire fut entière sous le règne de Louis XII. Les pièces de théâtre, que jouaient publiquement les clercs de la bazoche, n’étaient point censurées, et contenaient souvent des traits satiriques contre la cour et même contre le roi. A ceux qui se plaignaient de cette licence, Louis XII répondait qu’il fallait que ces jeunes gens lui fissent connaître les abus de la cour, puisque les confesseurs, qui faisaient les sages, n’en disaient rien.

Malgré les guerres presque continuelles, la civilisation sous Louis XII fit de grands progrès, et c’est vers la fin de son règne qu’il convient de placer l’époque de la renaissance des beaux-arts, qui firent la gloire du règne suivant. — J. A. Dulaore.

 
 
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