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Travaux agricoles mois d'août. Astuces, préceptes ruraux. Agriculture, soin des champs, bêtes, rivières, forêts - Histoire de France et Patrimoine


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Savoir : JardinPréceptes de l’économie rurale selon nos ancêtres. Agriculture, pêche, forêt, etc. Les travaux agricoles propres à chaque saison

Travaux, préceptes ruraux d’août
(D’après De Re rustica de Palladius Rutilius, écrit vers le IVe siècle avant J.-C.)
Publié / Mis à jour le vendredi 22 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 

Du labourage des champs maigres, des apprêts de la vendange, de la rupture des mottes de terre des vignes dans les pays froids
On commence, à la fin du mois l’août, vers les calendes de septembre, à labourer les terrains plats, humides et maigres. On prépare maintenant avec activité les travaux de la vendange dans les pays voisins de la mer. On brise aussi, à présent, les mottes de terre des vignes dans les pays froids.

Comment on répare un vignoble maigre et chétif
Avez-vous un vignoble maigre et des souches plus chétives encore, semez-y, à cette époque, trois ou quatre boisseaux de lupins par arpent, et brisez les mottes de terre. Quand ces lupins seront venus, vous les retournerez en terre, et ils engraisseront parfaitement vos vignes. Le fumier ne convient pas aux vignobles, parce qu’il nuit à la qualité du vin.

De l’épamprement, de l’extirpation de la fougère et du caret
On épampre maintenant la vigne dans les pays froids ; mais, dans les pays secs et brûlants, on met les raisins à l’ombre afin que l’ardeur du soleil ne les dessèche point, si toutefois le peu d’étendue des vignobles ou la facilité de se procurer des ouvriers le permet. On peut également, ce mois-ci, arracher le caret et la fougère.

De la nécessité de brûler les prairies
Mettez à présent le feu aux prairies, afin de réduire à leurs racines les brins qui montent trop vite, et de faire succéder à l’aridité une végétation vigoureuse.

Des raves, des navets, des radis et des panais

Radis. Planche extraite de l'herbier d'Elizabeth Blackwell (1737-1739)
Radis. Planche extraite de l’herbier
d’Elizabeth Blackwell (1737-1739)

Semez encore, à la fin de ce mois, des raves et des navets dans les pays secs, de la manière indiquée ci-dessus. Semez-y également des raiforts que vous consommerez en hiver. Ennemis du tuf et du gravier, ils aiment, comme les raves, une terre grasse, ameublie et longtemps remuée. Ils se plaisent sous un ciel nébuleux, et demandent à être semés sur de grands espaces fouis profondément. Les meilleurs sont ceux qui viennent dans les sables. On les sème immédiatement après la pluie, à moins qu’on ne soit à même de les arroser. Dès qu’ils sont semés, on les recouvre de terre à l’aide d’un léger sarcloir. Deux setiers, ou quatre, suivant quelques-uns, remplissent un arpent. Couvrez ces semences de paille : le fumier les rendrait fongueuses. Elles acquièrent un goût plus délicat quand on les arrose souvent d’eau salée.

On regarde comme les femelles des raiforts ceux qui, moins âcres, ont les feuilles plus larges, plus lisses et d’un beau vert. Vous en recueillerez la graine. On croit qu’ils grossissent davantage lorsqu’on en arrache toutes les feuilles en ne leur laissant qu’une tige mince, et qu’on les couvre souvent de terre. Si vous voulez en adoucir l’âcreté, détrempez-en la graine pendant un jour et une nuit dans du miel ou dans du passum. Les raiforts, ainsi que les choux, n’aiment pas les vignes : semés autour d’un cep, ils s’en éloignent par antipathie. On sème encore les panais ce mois-ci.

Des arbres à écussonner, et des abeilles
On écussonne aussi à présent les arbustes. Presque tout le monde greffe maintenant le poirier, et le citronnier dans les terrains entrecoupés d’eaux vives. Les frelons incommodent, ce mois-ci, les ruches : il faut les pourchasser et les détruire. On fait aussi, à cette époque, tout ce qu’on a omis en juillet.

De la découverte de l’eau
Si vous manquez d’eau, vous devez maintenant chercher à en découvrir. Voici comment vous pourrez y parvenir. Dans l’endroit où vous voulez trouver de l’eau, étendez-vous tout du long, avant le lever du soleil, le menton appuyé contre terre et les yeux tournés vers l’orient. Si vous voyez alors se lever, sous la forme d’un nuage, une vapeur légère qui répande une espèce de rosée, marquez la place à l’aide de quelque souche ou de quelque arbre du voisinage ; car il y a de l’eau cachée dans tout lieu sec où se manifeste un tel phénomène.

Vous observerez aussi la nature du terrain, afin de pouvoir juger de la quantité d’eau plus ou moins grande qu’il renferme. L’argile donnera des veines maigres et d’un goût peu agréable ; le sablon mouvant produira aussi un filet d’eau d’un mauvais goût, trouble, et qui se perdra dans des couches profondes ; la terre noire donnera goutte à goutte une très petite quantité d’eau provenant des pluies et de l’humidité de l’hiver ; mais cette eau sera d’un goût parfait. Le gravier donnera des veines médiocres et incertaines, mais d’une douceur remarquable ; le sablon mâle, le sable et le carboncle, des veines sûres et intarissables. Celles des roches rouges sont bonnes et copieuses.

Vous examinerez si les eaux découvertes ne fuient pas à travers des crevasses ou des excavations souterraines. Au pied des montagnes et dans les roches siliceuses les eaux sont abondantes, fraîches et salubres ; dans les terrains plats, elles sont saumâtres, lourdes, tièdes et désagréables. Si, par hasard, elles ont bon goût, c’est une preuve qu’avant de couler sous terre elles sortent d’une montagne. Du reste, elles acquerront, même dans les plaines, la douceur des eaux des montagnes, si elles sont ombragées d’arbustes.

Voici d’autres indices propres à éclairer vos recherches (on peut s’y fier, lorsqu’il n’y a point de mares dans l’endroit, et que l’eau n’y séjourne ou n’y passe point habituellement) : ce sont les joncs déliés, le saule des forêts, l’aune, l’agnus-castus, le roseau, le lierre et les végétaux aquatiques. Vous creuserez l’endroit où se trouveront ces indices jusqu’à cinq pieds de profondeur sur trois de large ; et, vers le coucher du soleil, vous mettrez dans cette fosse un vase d’airain ou de plomb propre et graissé dans l’intérieur, l’orifice tourné vers le fond de la fosse. Ensuite vous étendrez sur les bords une claie de baguettes et de branchages, et vous recouvrirez le tout de terre. Le lendemain, en ouvrant la fosse, si vous trouvez que le vase sue en dedans ou que l’eau en dégoutte, n’en doutez pas, cet endroit renferme de l’eau.


Mettez aussi dans cette fosse un vase de terre sec et non cuit, et recouvrez-le de la même manière. Le lendemain, s’il y a une veine d’eau, il sera dissous par l’humidité dont il aura été imprégné. Une toison de brebis, également déposée dans la fosse et recouverte de même, vous indiquera qu’il y a là beaucoup d’eau, si elle dégoutte quand on la pressera le lendemain. Cet endroit renfermera encore de l’eau, si, après avoir mis dans la fosse recouverte une lampe allumée et pleine d’huile, vous la trouvez éteinte le lendemain, quoiqu’elle n’ait pas manqué d’aliments. De même, si vous vous faites du feu quelque part, et que le sol échauffé exhale une fumée épaisse et nébuleuse, vous saurez qu’il y a de l’eau dans cet endroit. Quand ces découvertes seront confirmées par des indices certains, creusez un puits pour tâcher de découvrir la source ; s’il y en a plusieurs, réunissez-les en une seule. Au reste, c’est particulièrement au pied des montagnes et du côté du nord qu’il faut chercher les eaux, parce que nulle part elles ne sont plus abondantes ni meilleures.

Des puits
Quand vous creuserez des puits, vous examinerez s’il n’y a pas de danger pour les ouvriers, parce que la terre exhale ordinairement une odeur de soufre, d’alun et de bitume qui empoisonne l’air, saisit vivement l’odorat, et asphyxie, à moins qu’on ne se retire promptement. En conséquence, avant qu’ils ne descendent au fond, vous y placerez une lampe allumée : si elle ne s’éteint pas, il n’y aura aucun danger à craindre ; si elle s’éteint, vous abandonnerez un lieu rempli d’exhalaisons mortelles.

Si néanmoins vous ne pouvez pas trouver d’eau ailleurs, vous creuserez des puits à droite et à gauche jusqu’au niveau du liquide, et, dans l’intérieur, vous pratiquerez des soupiraux ouverts de chaque côté en forme de narines, par où s’échapperont les vapeurs délétères ; ensuite vous soutiendrez les parois des puits au moyen d’une maçonnerie. La largeur d’un puits doit être en tous sens de huit pieds, sur lesquels la maçonnerie en prendra deux. Celle-ci sera étayée d’espace en espace avec des pièces de bois, et construite en pierre de tuf ou en caillou. Si l’eau est limoneuse, vous la corrigerez en y jetant du sel. Si, en creusant le puits, la terre, trop friable, vient à s’échapper ou à se détacher par le contact de l’eau, vous la maintiendrez de tous côtés avec des planches droites soutenues par des traverses, afin que l’éboulement n’écrase pas les travailleurs.

De l’essai de l’eau
Voici la manière d’essayer l’eau nouvelle. Vous en verserez dans un vase d’airain bien net ; si elle n’y fait point de taches, c’est une preuve qu’elle est bonne. Elle l’est également, lorsqu’après avoir bouilli dans un vase d’airain, elle n’y dépose ni sable ni limon. Elle sera aussi de bonne qualité, si elle peut cuire promptement des légumes, ou si elle est transparente, dégagée de mousse et exempte de toute espèce de souillure. Quand les puits sont sur une hauteur, on peut en faire jaillir l’eau par en bas, comme celle d’une fontaine, en perçant la terre jusqu’à son lit, si la vallée le permet.

Des aqueducs
Pour amener l’eau d’un lieu dans un autre, on a recours à des ouvrages de maçonnerie, à des canaux de bois, à des tuyaux de plomb ou d’argile. Si elle passe dans un canal en maçonnerie, vous le consoliderez pour qu’elle ne fuie pas à travers les joints. La largeur en sera proportionnée au volume d’eau. S’il traverse un terrain plat, vous lui donnerez une pente insensible d’un pied et demi sur soixante ou cent pieds de longueur, pour faciliter l’écoulement. S’il rencontre une montagne, vous dirigerez l’eau sur ses flancs, ou vous la ferez passer par des souterrains construits au niveau de la source. Si c’est une vallée, vous élèverez des piliers ou des arcs jusqu’à la hauteur du plan que l’eau doit suivre, ou bien vous la ferez descendre dans la vallée au moyen de tuyaux de plomb, qui lui permettront de remonter ensuite quand elle l’aura traversée.

Lorsque, suivant la méthode la meilleure et la plus avantageuse, vous conduirez l’eau dans des tuyaux d’argile, donnez-leur deux doigts d’épaisseur, en les rétrécissant par une de leurs extrémités, afin qu’ils puissent s’emboîter sur la longueur d’un palme, et bouchez-en les joints avec un mastic de chaux vive et d’huile. Mais, avant de l’y introduire, passez-y de la cendre chaude mêlée d’un peu d’eau, pour remplir les fissures des tubes. La pire des méthodes est d’employer des tuyaux de plomb : ils rendent l’eau dangereuse à boire, parce que le frottement produit de la céruse qui nuit à la santé. Un bon agronome construira ses réservoirs de manière que le plus petit filet lui procure de l’eau en abondance.

Du verjus confit dans du miel
Versez deux setiers de miel bien battu sur six de verjus, et faites confire ce mélange aux rayons du soleil durant quarante jours.

 
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