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Fouilles archéologiques pour mettre au jour le palais de Charlemagne (Samoussy, Aisne)

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Fouilles archéologiques pour mettre au jour
le palais de Charlemagne (Samoussy, Aisne)
(Source : France 3 Hauts-de-France)
Publié / Mis à jour le jeudi 16 juin 2022, par LA RÉDACTION
 
 
 
Jusqu’au 24 juin, des archéologues du pôle départemental vont tenter de mieux connaître cette résidence royale du VIIIe et IXe siècle. Le site reste encore mal connu même si des fouilles, dites préventives, ont déjà été menées. Le chantier archéologique sera ouvert à la visite à l’occasion des journées européennes de l’archéologie le dimanche 19 juin.

En 1917, pendant la Première Guerre mondiale, un archéologue allemand Georg Weise va entreprendre des fouilles en s’appuyant sur des sources écrites. Les résultats de ces premières recherches publiées en 1923 ont conforté l’hypothèse d’un palais carolingien à Samoussy, une commune située à 8 kilomètres de Laon.

Des fouilles plus récentes et limitées, réalisées à l’occasion de la construction de maisons individuelles, ont validé les travaux de l’archéologue allemand. En 2020, un bassin dans une cour hémisphérique a été découvert. Est-ce suffisant pour accréditer la présence d’une résidence royale ? Pas encore, mais ces fouilles préventives ont fait apparaître la nécessité de mieux connaître un site potentiellement très riche.

Le chantier de fouilles programmées, conduit par Gilles Desplanque du pôle archéologique départemental de l’Aisne, va s’y employer. Du 13 au 24 juin, six étudiants en master d’archéologie venus de toute la France vont l’épauler. Ils ont été retenus parmi une centaine de candidats, preuve de l’intérêt suscité par cette initiative.

Beaucoup de questions demeurent
Pour sa campagne, Gilles Desplanque va s’appuyer sur les découvertes les plus récentes pour tenter de situer la résidence carolingienne attestée par Weise. Le bassin découvert en 2020 pourrait correspondre à la cour décrite par l’archéologue allemand dans son compte-rendu de fouilles. La forme en demi-cercle coïncide.

Mais lors des recherches précédentes, Gilles Desplanque a mis en évidence l’existence d’un fond. D’où l’hypothèse désormais privilégiée d’un bassin sans doute à vocation ornementale. En partant de ce vestige, le responsable des opérations souhaite maintenant mettre au jour les autres vestiges décrits par Weise.

« La tranchée pour l’instant ouverte ne donne pas les résultats escomptés. Peut-être faut-il positionner autrement le palais, peut-être Weise, qui a du fuir devant l’armée française, s’est-il trompé sur des relevés établis de mémoire », s’interroge l’archéologue.

Après quelques jours de fouilles, les résultats sont pour l’instant décevants. Pas de vestiges majeurs ni de traces de l’éventuel palais. Gilles Desplanque a donc eu l’autorisation de repositionner ses fouilles. Mais la question de la fiabilité des relevés de l’archéologue allemand se pose. Les écrits de Weise sont publiés 6 ans après ses recherches. Il n’a pas pu retourner sur les lieux libérés par l’avance de l’armée française. Des approximations ne sont donc pas impossibles. « En 1917, les archéologues allemands avaient déjà une longue expérience des fouilles de monuments d’époque carolingienne dans leur pays, il n’est pas à exclure que Weise calque artificiellement à Samoussy un schéma déjà rencontré en Allemagne. »

Un lieu de résidence mentionné dans des chroniques et des actes administratifs
Mais Gilles Desplanque ne désespère pas de trouver de nouveaux éléments dans les jours à venir. « En 2020, nous avions également retrouvé les fondations d’un mur de grès de 2 mètres d’épaisseur, cela peut correspondre à la résidence royale la aula regia ». Dans ses écrits, Weise évoque les fondations d’un bâtiment monumental de 25 mètres sur 60.

Reste également le problème délicat de la datation des vestiges. « Le site de Samoussy qui compte aujourd’hui 300 habitants était déjà peuplé à l’époque gallo-romaine mais aussi mérovingienne. Il n’est pas impossible que les fondations découvertes par Weise ne soient pas du haut Moyen-Âge mais d’une époque antérieure ». Si le matériel, comme les monnaies ou les tessons de céramique font défaut, Gilles Desplanque aura recours au carbone 14.

Si les preuves matérielles font encore défaut à l’archéologie pour prouver l’existence du palais carolingien, les sources écrites, elles, sont éloquentes. Des actes administratifs, des chroniques sur la vie des souverains contribuent à attiser la curiosité des chercheurs. Bertrande, plus connue sous le nom de Berthe au grand pied, épouse de Pépin le bref aurait vu le jour dans le palais de Samoussy. Carloman, frère de Charlemagne aurait séjourné à plusieurs reprises sur le site. Une faveur royale due à la proximité de la forêt particulièrement giboyeuse où les souverains francs s’adonnent à leur passe-temps favori : la chasse.

Si Charlemagne délaisse Samoussy pour Aix-la-Chapelle, Charles le chauve lui, fréquentera à plusieurs reprises Samoussy situé non loin de Compiègne son lieu de résidence favori. Non loin de là, Quierzy a également la faveur de la dynastie carolingienne.

La commune de Samoussy ne semble pas troublée outre mesure par les excavations. Harry Rivière, le maire, évoque évidemment la perspective pour le village assoupi de mieux connaître son glorieux passé. Mais on devine aussi dans ses propos la crainte d’éventuelles contraintes en matière d’urbanisme, conséquences possibles de découvertes majeures. La partie fouillée se situe au cœur de la commune entre l’église et la route de Laon.

Quant à la présidente de l’association des amis de Samoussy, Maryvonne Thomazeau, elle voit dans cet intérêt renouvelé pour la résidence royale de Samoussy une sorte de revanche posthume pour son père agriculteur. « Il avait entrepris de son propre chef des fouilles non autorisées au début des années 60, il lui avait été ordonné de tout ensevelir immédiatement et ses recherches n’avaient eu aucun écho ». Désormais, Samoussy attend dans la torpeur printanière la possible renaissance de son palais carolingien. Les curieux pourront en savoir plus lors des journées européennes de l’archéologie ce dimanche.

Éric Henry
France 3 Hauts-de-France

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