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Ossements et sarcophages millénaires découverts à Périgueux (Dordogne)

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L’Histoire fait l’Actu
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Ossements et sarcophages millénaires
découverts à Périgueux (Dordogne)
(Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine)
Publié / Mis à jour le mardi 14 juin 2022, par LA RÉDACTION
 
 
 
Des sarcophages vieux de mille ans, les murs d’une maison antique : la construction d’un nouveau bâtiment dans le quartier de la cité administrative a mis au jour des vestiges archéologiques datant des origines de la ville

En Dordogne, on a un peu l’impression que l’Histoire de l’Homme se révèle dans chaque grotte, ou à chaque coup de pelle. Et à fortiori à Périgueux, la ville bâtie sur les vestiges de l’ancienne Vesunna gallo-romaine.

Tombes millénaires
Cette fois, ce sont les fouilles préalables à l’édification d’un nouveau bâtiment dans le quartier de la Cité Administrative qui ont permis de tirer de l’oubli des ossements et des sarcophages vieux d’un millier d’années. Les fouilles ont débuté le 3 mars et ont rapidement indiqué la présence de bâtis et de tombes. Plus précisément, une quarantaine de sarcophages datant du VIe siècle.

La forme des sarcophages en calcaire n'est pas inhabituelle, mais leur disposition laisse penser qu'ils remontent aux premières cérémonies chrétiennes effectuées à Périgueux
La forme des sarcophages en calcaire n’est pas inhabituelle, mais leur disposition
laisse penser qu’ils remontent aux premières cérémonies chrétiennes effectuées à Périgueux.
© Crédit photo : France 3 Périgords / Julie Chapmann & Pascal Tinon

Et le mille-feuille de l’histoire ne s’arrête pas là. Ces tombes sont elles-mêmes des traces récentes comparées à ce qui se révèle 50 cm plus bas. Une plongée cette fois dans l’époque gallo-romaine, encore mille ans plus tôt, avec les murs d’un bâtiment particulièrement bien maçonné, aux murs rectilignes bien construits et alignés qui interroge les archéologues.

Occupation romaine
Ce nouveau bâtiment est d’autant plus intéressant qu’il n’est qu’à une cinquantaine de mètres de la Domus de Vesunna. Une exceptionnelle demeure urbaine, orgueil de l’histoire de Périgueux, qui témoigne des premiers siècles romains en Gaule. La découverte enrichira donc la connaissance que l’on a de cette luxueuse résidence de 4 000 m2 construite au milieu du Ier siècle et qui n’a cessé d’évoluer ensuite.

Tombes chrétiennes exceptionnelles
Les tombes, ossements et vestiges bâtis au-dessus sont nécessairement plus récents. Les romains pratiquaient la crémation, les tombes sont chrétiennes. Elles font partie du vaste cimetière de Vésone autour de la probable première église chrétienne des lieux, dédiée à Saint-Pierre, dit Saint-Pierre de la Cité ou Saint-Pierre l’Ancien. La présence d’un vaste cimetière médiéval largement exploité entre les VIIe et Xe siècles est attestée, une nécropole qui débordait des limites de la ville. Ces sarcophages trapézoïdaux qui par chance ont conservé leurs couvercles, étroitement imbriqués de cette manière dans des salles, sont rares en archéologie. Probablement un témoignage des premières inhumations chrétiennes de Périgueux.

L'entassement de ces sarcophages trapézoïdaux est rare en archéologie
L’entassement de ces sarcophages trapézoïdaux est rare en archéologie.
© Crédit photo : France 3 Périgords / Julie Chapmann & Pascal Tinon

Méli-mélo architectural
Démêler les époques pour retrouver le fil de l’histoire va prendre quelques années aux archéologues. Les bâtiments s’enchevêtrent. Pire, les plus récents ont été érigés en cannibalisant les anciens. Mêmes pierres, mais techniques de construction différentes, c’est ce qui permettra peut-être de rendre à César (et en l’occurrence à Auguste) ce qui lui appartient..

Pendant deux ans, les équipes de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) vont s’attacher à retracer l’histoire des ossements retrouvés dans les sarcophages creusés dans des blocs de calcaire. Une forme d’inhumation rendue assez courante dans ce cimetière grâce aux carrières proches qui abondaient. Deux ans de nettoyage, de reconstitution et d’étude anthropologique pour sortir autant que possible ces témoins de l’histoire de l’oubli.

Pascal Faiseaux
France 3 Nouvelle-Aquitaine

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