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La bête du Gévaudan sème la terreur : un an de traque contre le monstre

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Bête du Gévaudan (La) sème la terreur :
un an de traque contre le « monstre »
(D’après « La Semaine des familles », paru en 1866)
Publié / Mis à jour le lundi 27 septembre 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
Dès juin 1764, les montagnes du Gévaudan furent désolées par les ravages d’animaux carnassiers décimant les troupeaux, et l’imagination des habitants, frappée par la fréquence et la gravité des attaques, les attribua à quelque bête extraordinaire et monstrueuse : une traque acharnée fut décrétée par Louis XV lui-même, mettant un terme aux exactions d’une bête à laquelle on prête d’avoir dévoré 83 individus

Au nombre des animaux qui, par leur férocité et leurs exploits sanguinaires, acquirent une renommée dans l’histoire bien avant la bête du Gévaudan, nous pourrions citer le loup que l’on nomma Courtaud, dont il est fait mention dans le Journal de Paris, écrit sous Charles VI et Charles VII : « En ce temps-là, dit la chronique, spécialement tant comme le roi fut à Paris, les loups étoient si enragés de manger chair d’homme, de femme et d’enfants, que, en la semaine dernière de septembre (1437) estranglèrent et mangèrent quatorze personnes, que grands que petits, entre Montmartre et la porte Saint-Antoine, dans les vignes et marais. Et s’ils trouvoient un troupeau de bestes, ils assailloient le berger et laissoient les bestes. »

Quelques pages plus loin on trouve l’histoire de Courtaud, loup monstrueux, ainsi surnommé parce qu’il manquait de queue. Il était l’épouvante de tout le monde, et le mot : Gardez-vous de Courtaud ! était la première recommandation qu’on faisait à celui qui sortait de Paris. « On en parlait, dit le journal de 1437, comme on fait du larron du bois ou d’un cruel capitaine. » Courtaud reçut enfin le châtiment de ses méfaits, et son corps, promené dans Paris, rassura les habitants épouvantés et fut pour tous un objet de curiosité et d’étonnement.

La bête du Gévaudan. Estampe allemande de 1764
La bête du Gévaudan. Estampe allemande de 1764

Il faut franchir d’un bond les années qui séparent le règne de Charles VII de celui de Louis XV pour arriver à la bête du Gévaudan. Cet animal, qui était un loup énorme, et non une hyène échappée d’une ménagerie de la foire de Beaucaire, comme on l’a cru si longtemps, soit à cause de l’époque de son apparition qui coïncidait avec celle des préparatifs de cette foire, soit à cause de sa férocité singulière, désola pendant quinze mois environ toute la contrée du Gévaudan.

Borné au nord par l’Auvergne, à l’ouest par le Rouergue, au sud par les Cévennes et à l’est par le Vivarais, le Gévaudan, maintenant le département de la Lozère, est un pays montagneux, habité à cette époque seulement par des bergers vivant toute l’année au milieu de leurs troupeaux. Des vallées aux gras pâturages, des bois épais, des montagnes ardues, donnent à cette contrée un aspect sauvage et imposant à la fois. Les troupeaux nombreux qu’on y élevait attiraient naturellement beaucoup de loups.

Ce fut dans les bois de Mercoire, au mois de juin 1764, que cette bête farouche commença ses ravages. Deux enfants de la petite ville de Langogne furent ses premières victimes. Pendant l’espace de quatre mois elle dévora soit en ce lieu, soit dans les provinces voisines, un grand nombre de personnes, et se fixa ensuite du côté de Saint-Alban, où elle continua ses ravages.

La terreur et la désolation étaient répandues partout. Déjà plusieurs chasses avaient été faites inutilement pour détruire la bête féroce ; elle avait échappé à la poursuite d’un détachement de dragons et de douze cents paysans. Ces circonstances achevèrent de faire croire aux habitants du Gévaudan que l’animal était invulnérable, car certaines gens assuraient l’avoir tirée à deux pas et ne l’avoir pas blessée : les balles, disait-on, avaient glissé sur sa peau.

Cependant tous les jours on comptait de nouvelles victimes ; le monstre étendait ses courses dans le Rouergue et l’Auvergne. Les syndics de Mende et de Viviers firent publier au mois de novembre qu’il serait accordé une récompense de 200 livres à celui qui délivrerait le Gévaudan de ce cruel animal. Les états du Languedoc joignirent leurs libéralités à celles des deux villes, et la somme de 2 000 livres fut votée pour le même objet.

L’abattement était général, beaucoup de bergers ne voulaient plus conduire les troupeaux aux pâturages, les paysans ne sortaient plus qu’en troupes et armés ; les foires et les marchés étaient presque déserts ; la frayeur des commerçants était telle qu’ils avaient interrompu leurs relations avec cette partie de la France. Enfin le 7 février 1765, l’évêque de Mende publia un mandement pour ordonner des prières publiques, et le saint-sacrement fut exposé dans la cathédrale ainsi que dans les autres églises de la ville ou des environs, comme au temps des grandes calamités.

Le lendemain du même jour, la bête féroce attaqua cinq petits garçons du village de Villaret, paroisse de Chanaleilles : les trois plus âgés avaient environ onze ans, les deux autres n’en avaient que huit ; avec eux se trouvaient deux petites filles à peu près du même âge. Ces enfants gardaient du bétail en haut d’une montagne : ils s’étaient armés chacun d’un bâton au bout duquel ils avaient attaché une lame de fer pointue, de la longueur de quatre doigts.

Bête féroce qui a ravagé le Gévaudan en l'année 1764. Estampe du temps
Bête féroce qui a ravagé le Gévaudan en l’année 1764. Estampe du temps

La bête féroce vint les surprendre et ils ne s’en aperçurent que lorsqu’il leur fut impossible de l’éviter. Ils se rassemblèrent aussitôt et se mirent en défense. La bête tourna autour d’eux trois ou quatre fois et enfin s’élança sur un des plus petits garçons : les trois plus grands fondirent à l’instant sur elle et la piquèrent à diverses reprises sans pouvoir lui percer la peau. Cependant, à force de la harceler, ils parvinrent à lui faire lâcher prise ; elle se retira à deux pas, après avoir arraché une partie de la joue droite du petit garçon dont elle s’était saisie et elle se mit à manger devant eux ce lambeau de chair encore palpitant.

Bientôt après elle revint attaquer ces enfants avec une nouvelle fureur ; elle saisit par le bras le plus petit de tous et l’emporta dans sa gueule. L’un d’eux épouvanté proposa aux autres de s’enfuir pendant qu’elle dévorerait celui qu’elle venait de prendre ; mais le plus âgé, nommé Portefaix, qui était toujours à la tête des autres, leur cria qu’il fallait délivrer leur camarade ou périr avec lui.

Ils se mirent donc à poursuivre la bête et la poussèrent dans un marais situé à cinquante pas, et où le terrain était si mou, qu’elle y enfonçait jusqu’au ventre, ce qui retarda sa course et donna à ces enfants le temps de la joindre. Comme ils s’étaient aperçus qu’ils ne pouvaient pas lui percer la peau avec leurs espèces de piques, ils cherchèrent à la blesser à la tête et surtout aux yeux. Ils lui portèrent effectivement plusieurs coups dans la gueule, qu’elle avait continuellement ouverte, mais ils ne réussirent pas à atteindre les yeux.

Pendant ce combat elle tenait toujours le petit garçon sous sa patte, mais elle n’eut pas le temps de le mordre, occupée qu’elle était à esquiver les coups qu’on lui portait. Enfin ces enfants la harcelèrent avec tant de constance et d’intrépidité qu’ils lui firent lâcher prise une seconde fois, et le petit garçon qu’elle avait emporté n’eut d’autre mal qu’une blessure au bras par lequel elle l’avait saisi et une légère égratignure au visage. Des hommes accoururent à leur secours et le monstre prit la fuite.

Tous les journaux de l’époque parlèrent de cette action courageuse. Deux poètes célébrèrent ce combat chacun par un poème en plusieurs chants, et le roi récompensa dignement ces courageux enfants. Dès ce moment toute la France s’entretint de la bête du Gévaudan, et Louis XV, touché des alarmes de ses sujets dans cette province, promit une récompense de 6 000 livres, outre celle de 2 200 qu’on devait donner à celui qui tuerait le monstre.

On résolut enfin de se lever en masse contre lui, et, le 7 mars 1765, soixante-treize paroisses du Gévaudan et trente du Rouergue et de l’Auvergne formant un corps de vingt mille chasseurs environ, conduit par les subdélégués, les consuls et les notables habitants, se mirent en route pour attaquer l’animal. Il fut découvert et lancé dans la paroisse de Prunières. Le curé de ce village le pourchassa avec une vigueur remarquable, suivi de dix de ses paroissiens, traversa la rivière de Truyère, qui était glacée et débordait gonflée par les neiges et les pluies, poursuivit la bête pendant quatre heures jusqu’à la commune de Malzieu, et vers midi parvint à l’atteindre d’un coup de fusil qui la blessa : elle tomba sur le moment ; mais, se relevant aussitôt, elle disparut au milieu des bois et l’on ne put la retrouver.

Une autre chasse générale, qui réunissait un personnel de chasseurs non moins nombreux, fut faite le 10 du même mois ; mais comme elle n’eut pas plus de succès, le gouvernement envoya dans l’Auvergne le marquis d’Enneval, gentilhomme normand, le plus célèbre louvetier de France, et qui, dans son pays, avait détruit plus de mille loups.

Bête du Gévaudan : représentation de la bête féroce. Illustration de 1765 parue dans le Recueil Magné de Marolles
Bête du Gévaudan : représentation de la bête féroce.
Illustration de 1765 parue dans le Recueil Magné de Marolles

Ce fut à cette même époque que se réunirent une multitude de chasseurs de la Provence, du Languedoc, du Vivarais, du Comtat et du Dauphiné, qui furent attirés dans le Gévaudan, tant par l’appât de la récompense promise que par l’espoir d’acquérir de la gloire en délivrant la contrée du monstre.

La nouvelle d’un nouveau méfait commis par la bêle féroce vint accroître l’ardeur de ceux qui se liguaient contre elle. Ce fait, comme celui du jeune Portefaix, mérite de trouver sa place dans notre récit. Le 14 du même mois de mars 1765, une femme du Rouget, âgée de 27 ans, Jeanne Chartan, mariée à un homme de son village nommé Pierre Jouve, étant sur le midi vers la porte de son jardin, avec trois de ses enfants, fut attaquée brusquement par la bête du Gévaudan qui se jeta sur l’aîné de ses fils, âgé de dix ans, lequel tenait entre ses bras le plus jeune, encore à la mamelle.

La mère épouvantée alla au secours de ses deux enfants et les retira tour à tour de la gueule de cet animal, qui, lorsqu’on lui en arrachait un, saisissait l’autre : c’était surtout le plus jeune qu’il attaquait avec le plus d’acharnement. Dans ce combat, qui dura quelques minutes, cette femme courageuse reçut, ainsi que ses deux enfants, plusieurs coups de tête du monstre irrité, qui déchira et mit en lambeaux tous leurs vêtements.

Enfin, voyant qu’on lui enlevait ces deux proies, la bête féroce alla se jeter avec fureur sur le troisième enfant, âgé d’environ six ans, qu’elle n’avait pas encore attaqué, et engloutit sa tête dans sa gueule. La mère accourut pour le défendre ; après avoir fait des efforts inutiles pour arrêter l’animal, elle monta à califourchon sur son dos ; mais elle ne put y tenir longtemps, et épuisée de tant d’efforts, elle tomba sans connaissance, abandonnant son enfant à la merci du loup.

Dans ce moment, un pâtre apercevant l’animal qui emportait l’enfant, accourut armé seulement d’un bâton au bout duquel il avait attaché une lame de couteau : il porta quelques coups à la bête, mais sans parvenir à lui faire aucun mal ; elle sauta par-dessus une haie et un tertre de huit pieds de hauteur, tenant toujours l’enfant dans sa gueule. Le berger avait avec lui un mâtin de la plus haute taille, qui courut après la bête, la joignit à trente pas de là et donna dessus, ce qu’aucun chien n’avait encore osé faire.

Contrainte à un nouveau combat, la bête craignit une défaite, laissa tomber l’enfant de sa gueule, et, se retournant sur le chien, l’enleva d’un coup de tête qui le fit tomber à vingt pas de là ; après quoi elle prit la fuite. La mère infortunée revint alors de son évanouissement et eut la douleur de ne plus trouver que le cadavre de son fils.

L’ardeur de tous les chasseurs accourus pour faire la guerre au monstre diminua pourtant bientôt, après plusieurs battues infructueuses. Le Gévaudan ne devait pas être encore délivré de son cruel ennemi. Les blessures nombreuses que le loup avait reçues avaient fait concevoir l’espérance qu’il succomberait. Cet espoir ne fut pas réalisé ; et le parti qu’on prit d’empoisonner le cadavre de ses victimes, dans la pensée qu’il reviendrait à sa proie, n’eut pas plus de résultat. On commença à désespérer du succès.

La bête du Gévaudan. Détail d'une estampe allemande de 1765 (colorisée ultérieurement)
La bête du Gévaudan. Détail d’une estampe allemande de 1765 (colorisée ultérieurement)

Ces nouvelles, arrivées à Paris, excitèrent la sollicitude du roi, qui fit partir, le 8 juin, le sieur Antoine, chevalier de Saint-Louis, lieutenant de ses chasses, et son porte-arquebuse, avec un détachement choisi parmi les garde-chasses de ses capitaineries de Saint-Germain et de Versailles, qu’il fit suivre de tous les chiens de la louveterie. Les ducs d’Orléans et de Penthièvre et le prince de Condé s’empressèrent de seconder les vues du roi en joignant l’élite de leurs équipages aux équipages royaux.

Le 7 août 1765, cette nouvelle troupe de chasseurs arriva dans le Gévaudan. Le sieur Antoine prit alors les plus habiles dispositions ; il fit recommencer les chasses et les battues avec un concert qui faisait espérer que le monstre ne tarderait pas à tomber sous les coups de ceux qui le poursuivaient. Cependant, malgré toutes ces mesures, il leur échappa pendant un mois, durant lequel il attaqua encore et fit périr des enfants et des femmes. On tua, pendant cet intervalle, un assez grand nombre de loups qui avaient contribué sans doute aux ravages dont la crédulité publique rendait la bête du Gévaudan seule responsable.

Enfin, les dispositions prises furent couronnées de succès, et la bête du Gévaudan, à la grande joie de la population, fut abattue. Le sieur Antoine en débarrassa le Gévaudan le 20 septembre 1765. Voici une lettre écrite par Monsieur de Balainvilliers, intendant d’Auvergne, au roi Louis XV, et dans laquelle il raconte la mort de la bête avec tous les détails qui peuvent exciter l’intérêt :

« Sire,

« Nous sommes d’une joie inexprimable : M. Antoine, porte-arquebuse de Votre Majesté, a tué la bête du Gévaudan. Averti que cet animal faisait des ravages dans les bois de l’abbaye royale de Chazes, il envoya des valets de limiers et les chiens de la louveterie de Votre Majesté pour le détourner.

« On fit dire à M. Antoine que la bête était dans les bois de Pammières, et sur-le-champ cet officier partit du château de Besset près de Labesseyre où il se trouvait, et, arrivé sur les lieux, il commanda une battue dans les réserves. Les gardes de Votre Majesté et quarante tireurs de Langeac fouillèrent le bois, et M. Antoine se plaça dans un détroit : tout d’un coup il vit venir à lui, dans un sentier, le grand loup qui lui présentait le côté droit et tournait la tète pour le regarder ; sur-le-champ il lui tira par derrière un coup de tromblon qui était chargé de cinq dés de poudre, de trente-cinq postes à loup et d’une balle de calibre : ce coup jeta par terre cette bête furieuse, lui creva l’œil, et les postes la frappèrent au côté droit et à l’épaule. Le sieur Antoine fut renversé par la force du recul de son tromblon. Cependant la bête se releva, courut sur lui en tournant,et M. Antoine, qui n’avait pas encore eu le temps de recharger son arme, appela du secours. Un nommé Rainhard, garde de monseigneur le duc d’Orléans, arriva à temps ; il tira sa carabine sur la bête et la frappa par derrière. Elle fit alors vingt pas dans la plaine et tomba morte.

« On a reconnu que c’était un loup ; il avait trente-deux pouces de hauteur après sa mort, cinq pieds sept pouces et demi de longueur et trois pieds de circonférence ; il pesait cent cinquante livres. Le même jour, plusieurs habitants des villages voisins qui avaient été attaqués à différentes époques par la bête féroce, ont été appelés sur les lieux pour reconnaître le loup ; ils ont déclaré que c’était le même animal qui les avait attaqués et qu’ils avaient vu précédemment. On lui a trouvé en outre la marque du coup de baïonnette que lui avait porté le jeune Portefaix.

Bête du Gévaudan : le monstre est abattu. Illustration de 1765 parue dans le Recueil Magné de Marolles
Bête du Gévaudan : le monstre est abattu.
Illustration de 1765 parue dans le Recueil Magné de Marolles

« M. Antoine de Beauterne, qui avait accompagné le sieur Antoine son père, a conduit l’animal à Clermont, en chaise de poste, à l’intendance.

« On a fait l’ouverture de son corps devant plusieurs personnes, et M. Antoine le fils, qui a fait empailler et embaumer le monstre, sera chargé de le conduire et de le présenter à Votre Majesté.

« Les chirurgiens qui disséquèrent l’animal, assurèrent que c’était un loup carnassier ; on trouva dans son corps des os de moutons et des lambeaux d’étoffes rouges. Sa mâchoire présentait une rangée de quarante dents, les muscles de son cou étaient énormes et indiquaient une force extraordinaire ; ses côtes étaient disposées de façon que l’animal avait la faculté de se plier de la tête à la queue. Ses yeux étaient si étincelants qu’il n’était guère possible d’en soutenir le regard ; sa queue était d’une longueur et d’une grosseur incroyables, hérissée de poils roux et noirs. En un mot, son aspect était celui d’une bête terrible. »

Telle est l’histoire de la vie et de la mort de cet animal, qui dévora quatre-vingt-trois individus et qui atteignit environ vingt-cinq à trente personnes qui en furent quittes pour des blessures plus ou moins graves. Ce fut le 1er octobre que le sieur Antoine de Beauterne eut l’honneur de présenter au roi Louis XV le corps de la bête du Gévaudan.

Un manuscrit de la bibliothèque de la rue Richelieu établit, par une série de chiffres et de comptes, le total exact de ce qui fut dépensé pour tuer cet animal ; la somme s’élève à 29 614 livres (valeur contemporaine d’environ 450 000 euros).

 
 
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