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La Fontaine, Molière, Boileau et Racine ou l'animé dîner sur l'aparté

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Le saviez-vous ?
Anecdotes historiques, brèves, sarcasmes, reparties, bons mots ayant trait à des personnages célèbres.
La Fontaine, Molière, Boileau et Racine
ou l’animé dîner sur l’aparté
(D’après « Histoire de la poésie avec des jugements critiques sur
les plus célèbres poètes » (par l’abbé Henry) Tome 8 paru en 1856
et « Oeuvres complètes de La Fontaine, nouvelle édition
très soigneusement revue sur les textes originaux précédée d’une étude
sur la vie et les ouvrages de La Fontaine » (par Louis Moland) paru en 1877)
Publié / Mis à jour le vendredi 5 février 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
Ayant coutume de se retrouver pour s’entretenir de l’art poétique, les quatre auteurs en vinrent un jour à échanger leur points de vue sur l’aparté au théâtre

Au XVIIe siècle, les doctrines de l’art poétique furent débattues entre les grands auteurs du temps, Molière, Racine, La Fontaine, Boileau, dans des entretiens dont il est demeuré des traditions. Racine et La Fontaine, se liant les premiers, attirèrent bientôt Molière et Boileau. Ce dernier avait loué un petit appartement, rue du Vieux Colombier, où ces quatre amis, avec Chapelle, se réunissaient deux ou trois fois par semaine pour se communiquer leurs écrits.

Les entretiens roulaient sur toutes les parties de l’art, chacun donnant ou son sentiment, comme auteur, sur le genre qu’il cultivait, ou son opinion, comme juge, sur les genres que traitaient ses amis. Molière et Racine révélaient les sévères beautés du poème dramatique. L’amateur de toutes choses, La Fontaine, indiquait le délicat de tous les genres ; Boileau ramenait tout à la raison et au vrai.

Le contrôle amical qu’ils exerçaient les uns sur les autres ne s’arrêtait pas aux écrits ; il s’étendait jusque sur la conduite. Ainsi Molière, Racine et Boileau gourmandaient Chapelle pour ses excès de table, en présence de La Fontaine qui se taisait n’ayant guère qualité pour faire la morale à autrui ; ainsi, Boileau et Racine engageaient, pour réconcilier La Fontaine avec sa femme, des négociations dont on comprend trop bien que Molière s’abstînt.

Boileau, Racine, Molière et La Fontaine à Auteuil
Boileau, Racine, Molière et La Fontaine à Auteuil

On ne saurait déterminer avec rigueur ce que chacun de ces quatre grands écrivains a retiré de ce commerce si noble et si efficace ; mais nier qu’ils y aient tous beaucoup gagné, serait un paradoxe insoutenable. Il y a à ce sujet une anecdote fort connue, mais dont on n’a peut-être pas tiré toute la morale. Nos quatre amis discutaient sur l’usage de l’aparté au théâtre. Rappelons qu’on désigne ainsi au théâtre les exclamations, les mots, les phrases courtes, qu’un personnage en scène jette en dehors du dialogue, et qui, destinés au spectateur, ne sont censés être entendus que de lui seul.

La Fontaine n’en voulait point, disant qu’ils n’avaient pas de sens commun, qu’il était absurde de supposer de des mots entendus de toute une salle, et qui contiennent souvent une réflexion plus ou moins injurieuse pour l’interlocuteur, ne parvinssent point aux oreilles de gens qui étaient à quelques pas de celui qui les prononçait. Racine le défendait. Boileau, au contraire, soutenait qu’il y avait des circonstances qui pouvaient rendre cette supposition très vraisemblable, que la préoccupation, la passion, la chaleur de la discussion pouvaient bien empêcher un homme d’entendre ce qu’on disait tout près de lui. Molière était de ce dernier avis.

Comme La Fontaine s’échauffait en soutenant son sentiment de façon qu’il n’était pas possible de l’interrompre et de lui faire comprendre un seul mot : « Il faut, dit Boileau à haute voix tandis qu’il parlait, que La Fontaine soit un grand coquin, un grand maraud ! » Boileau répétait continuellement les mêmes paroles sans que La Fontaine cessât de disserter.

Enfin l’on éclata de rire ; sur quoi, La Fontaine revenant à lui comme d’un rêve interrompu : « De quoi riez-vous donc ? » demanda-t-il. « Comment, lui dit Boileau, je m’épuise à vous injurier fort haut, et vous ne m’entendez point, quoique je sois si près de vous que je vous touche ; et vous êtes surpris qu’un acteur sur le théâtre n’entende point un aparté, qu’un autre acteur dit à côté de lui ! »

L’argument, s’il n’était pas sans réplique — car si la raison en action est piquante, tout au plus en pourrait-on conclure que l’aparté, pour être vrai, voudrait des personnages aussi distraits que La Fontaine —, était plaisant, et Boileau eut le dernier mot dans cette occasion comme presque toujours.

Notons que, suivant les ouvrages, cette anecdote présente des variantes : parfois c’est La Fontaine qui dialogue avec Boileau cependant que Molière, écoutant tranquillement, s’amuse bientôt à traiter le fabuliste de coquin ; parfois l’interlocuteur de La Fontaine est Molière, Boileau se mettant alors à dire en aparté des injures.

 
 
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