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Premier duel au pistolet

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Événements marquants
Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.
Premier duel au pistolet
(D’après « Le duel à travers les âges : histoire et législation, duels célèbres,
code du duel » (par Gabriel Letainturier-Fradin) paru en 1892
et « L’Intermédiaire des cherches et curieux » du 30 mars 1896)
Publié / Mis à jour le lundi 22 février 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
Longtemps on a pensé que le pistolet, bien qu’inventé au début du XVIe siècle et d’un usage courant comme arme de guerre en 1547, n’avait pour la première fois été utilisé lors d’un duel qu’en 1652, sous le règne de Louis XIV encore jeune ; mais en 1632 déjà, pour les beaux yeux d’une dame, le futur cardinal de Retz et le maréchal Bassompierre en décousaient au pistolet, et la Bretagne fut en 1606 le théâtre d’un tel affrontement, l’un des protagonistes mourant sur-le-champ, l’autre 15 mois plus tard des suites de la balle reçue

Avec l’invention du pistolet que l’imprimeur-libraire Henri Estienne (1528-1598) fixe dans son Traité de la conformité du langage français avec le grec (1569) vers 1515 et qui était en 1547 déjà devenu usuel sur les théâtres de guerre, un nouvel appoint fut donné aux duellistes.

L’un des célèbres duels au pistolet relaté dans les chroniques du temps, est celui qui se déroula le 30 juillet 1652 et que la Gazette de France rapporte en ces termes : « Sur les sept heures du soir, le duc de Beaufort [François de Bourbon-Vendôme, dit le Roi des Halles], étant arrivé à la porte du parc de l’hôtel de Vendôme, accompagné de Bury, Rostain, son cousin, et des sieurs Brillet d’Héricourt et de Ris, ses gentilshommes, pour s’y promener, lorsqu’il frappait à la porte pour y faire entrer les dames de Canaples et de Cavois qui s’y rencontrèrent avec d’autres pour prendre l’air ; le duc de Nemours [son beau-frère, Charles-Amédée de Savoie] y survint, suivi des sieurs de Villars, la Chèze, d’Uzèche et Campan, aussi ses gentilshommes, et ayant pris querelle ensemble, le duc de Beaufort fut obligé de se saisir d’un pistolet et d’une épée qui se trouvèrent entre les mains de ceux qui accompagnaient le duc de Nemours ;

Charles-Amédée de Savoie, duc de Nemours. Gravure de 1652
Charles-Amédée de Savoie, duc de Nemours. Gravure de 1652

« Lequel, avec pareilles armes s’étant approché, tandis que ces gentilshommes se battaient avec leurs épées seulement, quoi qu’inégales et telles qu’elles se trouvèrent à leurs côtés, et avec tout le zèle et le courage que l’on pouvait attendre d’eux, ces princes tirèrent presque en même temps leurs pistolets, celui du duc de Nemours n’ayant, heureusement, qu’effleuré le bout des cheveux du duc de Beaufort, à un doigt de l’oreille gauche, mais celui dudit duc de Beaufort fut plus malheureux, ayant porté du même côté, deux doigts au-dessous du testin du duc de Nemours, qui ne laissa pas néanmoins d’allonger quelques coups d’épée que le duc de Beaufort se contenta de parer, mais le duc de Nemours étant presque aussitôt tombé sur ses genoux, le duc de Beaufort, après avoir désarmé quelques-uns des domestiques du duc de Nemours qui venaient au secours de leur maître, les mena pour l’assister, et tous ensemble touchés d’une même douleur, le mirent dans son carrosse et l’emmenèrent, quelque instance qu’eût fait le duc de Beaufort pour le faire demeurer à l’hôtel de Vendôme, mais il mourut en chemin.

« Le duc de Beaufort se retira ensuite, avec une douleur incroyable de la perte de ce prince qui était son beau-frère et qu’il aimait uniquement, et du malheur où il s’était trouvé engagé malgré lui. »

Dans ses Mémoires, Mademoiselle de Montpensier, la célèbre grande Mademoiselle, raconte les choses un peu autrement. Le duc de Beaufort aurait dit, une fois sur le terrain : « Ah ! Mon frère, quelle honte ! Oublions le passé, soyons bons amis ! » Mais le duc de Nemours répliqua : « Ah ! Conquin, il faut que tu me tues ou que je te tue ». Il tira son pistolet qui manqua et vint à M. de Beaufort, l’épée à la main de sorte qu’il fut obligé de se défendre ; « il tira et le tua tout roide de trois balles qui étaient dans le pistolet ».

Mais ce duel au pistolet avait eu des précédents. Ce n’est certes pas comme duelliste que Paul de Gondi (1613-1679), cardinal de Retz, se fit le plus connaître, mais un côté piquant de sa physionomie et cependant la promptitude avec laquelle il mit plusieurs fois l’épée à la main. Il est vrai qu’il n’était pas encore cardinal, mais qu’il était déjà abbé. Son premier duel eut lieu au temps de sa prime jeunesse — il n’en a pas dit la date dans ses Mémoires, mais ce fut vers 1632. Il s’agissait des beaux yeux d’une dame que François de Bassompierre (1579-1646), maréchal de France, lui disputait, Madame de Châtelet.

Paul de Gondi, cardinal de Retz. Gravure du temps
Paul de Gondi, cardinal de Retz. Gravure du temps

« Nous nous battîmes, dit-il, à l’épée et au pistolet, derrière les Minimes du bois de Vincennes (entre Fontenay et Nogent). Je blessai Bassompierre d’un coup d’épée dans la cuisse et d’un coup de pistolet dans le bras (le jeune abbé, on le voit, n’y allait pas de main morte). Il ne laissa pas de me désarmer parce qu’il passa sur moi et qu’il était plus âgé et plus fort. Nous allâmes séparer nos amis (leurs seconds) qui étaient tous deux fort blessés. Ce combat fit assez de bruit, mais il ne produisit pas l’effet que j’attendais. Le procureur général commença des poursuites, mais il les discontinua à la prière de nos proches, et ainsi je demeurai avec ma soutane et un duel ».

La scène s’était donc déroulée vingt ans avec le duel opposant les ducs de Beaufort et de Nemours. Mais un duel au pistolet avait déjà eu lieu en 1606, avec pour théâtre la Bretagne. Les adversaires étaient deux gentilshommes bretons : Toussaint de Guémadeuc, seigneur de Guémadeuc, Québriac, Blossac Brécé, etc., ayant à raison de la seigneurie de Brécé, le titre de grand écuyer héréditaire de Bretagne ; et René de Tournemine, baron de la Hunaudaie, marié à Hélène de Beaumanoir, cousine germaine de Guémadeuc et la plus riche héritière de la province.

La rencontre eut lieu au pays de Retz : les adversaires étaient à cheval et les deux balles qu’ils échangèrent furent mortelles. Guémadeuc, tué sur le coup, fut inhumé le 4 décembre 1606, comme l’attestent les registres paroissiaux de Québriac. Tournemine languit quant à lui plus d’un an, et mourut à Paris le 29 février 1608.

Duel entre Toussaint de Guémadeuc et René de Tournemine, en 1606. Dessin paru dans Floréal : l'hebdomadaire illustré du monde du travail du 6 novembre 1920
Duel entre Toussaint de Guémadeuc et René de Tournemine, en 1606. Dessin paru
dans Floréal : l’hebdomadaire illustré du monde du travail du 6 novembre 1920

Peut-être le premier au duel au pistolet est-il antérieur à 1606. En effet, le 3 juillet 1595, au siège du château de Comper (Ille-et-Vilaine), le maréchal Jean d’Aumont, qui commandait alors en Bretagne, fut frappé à l’avant-bras d’une arquebusade, qui « lui cassa les deux os », et la blessure fut mortelle « parce qu’il avait eu autrefois le même os cassé par une balle », nous apprennent les Mémoires de Montmartin. Il mourut en effet peu après, le 19 août 1595.

Cette première balle aurait été reçue en duel. Mais est-ce bien certain ? Le maréchal n’aurait-il pas reçu cette balle à la bataille de Saint-Quentin, le 10 août 1557, où il fut blessé ? S’il était reconnu que la première blessure du maréchal a été reçue en duel, cette constatation reculerait de plusieurs années avant 1595 le premier duel au pistolet, car d’Aumont, né en 1522 et ayant alors 72 ans, avait depuis longtemps passé l’âge du duel.

 
 
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