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Révolution française de 1789 (Abrégé de la) : nationalisation des biens du clergé en novembre 1789

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Histoire des Français
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Révolution française de 1789 (Abrégé de la)
Partie 3 : nationalisation des biens
du clergé en novembre 1789
(D’après « Histoire de la révolution de France, depuis l’ouverture
des états-généraux jusqu’au 18 brumaire » Tome 1 (ouvrage posthume
de l’abbé Jean-Pierre Papon) paru en 1815
et « Études historiques. Révolution française » (par Henri Prat) paru en 1868)
Publié / Mis à jour le mercredi 13 mai 2020, par LA RÉDACTION
 
 
 
Adoptée par une Assemblée nationale siégeant à la capitale et amputée d’un quart des députés ayant déserté ses rangs sous l’effet des menaces et des violences parisiennes, la confiscation des biens cléricaux ne satisfit que les créanciers de l’État y voyant la sûreté de leurs investissements, les capitalistes se félicitant des acquisitions à faire et les philosophes se réjouissant de l’anéantissement de leurs ennemis, la population n’entrevoyant pas que la violation des propriétés de cet ordre serait un point d’appui pour envahir les autres

Au nombre des principes proclamés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la Constituante avait inscrit la liberté de conscience et de culte. Il semblait naturel qu’une assemblée où prévalait l’esprit philosophique du XVIIIe siècle protestât contre l’esprit de persécution qui avait été si souvent attaqué par Voltaire et ses émules ; et il n’y avait qu’une manière de condamner l’inquisition, c’était de prendre le contre-pied de ce qu’elle avait voulu et, de ce qu’elle avait fait.

Ces prémisses posées, on se demande par quelle aberration les législateurs de 1789 en sont venus à imposer une nouvelle Église à la France, à innover en matière de discipline religieuse, à tourmenter les consciences des fidèles, à chasser de leurs sièges l’immense majorité des évêques français, et à recourir aux moyens les plus violents pour créer une hiérarchie nouvelle qui n’a jamais pu prendre racine en France. Pour se rendre compte de cette anomalie, il faut avant tout peser de certains faits auxquels on n’a pas toujours donné assez de place dans les écrits relatifs à l’histoire de la Révolution.

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Lithographie de 1832 de François Delpech réalisée d'après un dessin de Henri-Joseph Hesse exécuté vers 1790
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Lithographie de 1832 de François Delpech
réalisée d’après un dessin de Henri-Joseph Hesse exécuté vers 1790

À prendre les choses superficiellement, on croirait volontiers que les philosophes, regardant du haut de leur génie les dogmes, la révélation, les traditions, aspiraient à affranchir le monde de ce qu’ils appelaient fanatisme et superstition et attendaient une époque où le vieil édifice religieux s’écroulerait sous leurs coups. Il ne faut pas avoir lu tout ce qu’a écrit Voltaire pour prendre cette impression du but qu’il se proposait. Tous les symboles lui semblent également absurdes, tous les sacerdoces lui sont également odieux, et il confond dans la même haine le prêtre catholique et le pasteur protestant, le moine du Moyen Âge et le bonze de l’extrême Orient.

Notons néanmoins que si les libres penseurs s’affranchissent pour leur compte de tout frein religieux, ils sentaient pour le peuple la nécessité d’une police morale. Ici la légèreté de Voltaire faisait place au dogmatisme de Jean-Jacques Rousseau, qui, dans le Contrat social, demande formellement une religion d’État et prétend obliger tous les citoyens à s’y conformer, sous peine d’exil s’ils refusent d’en jurer l’observance et de mort s’ils manquent à ce serment.

Au moment où Louis XVI convoqua les états généraux, l’Église de France comptait dix-sept mille moines, trente mille religieuses et environ soixante mille prêtres attachés au service des paroisses, des hôpitaux et des collèges. Beaucoup de grands établissements monastiques étaient presque déserts, et les biens considérables qui en dépendaient pouvaient être considérés comme sans emploi. Ce fut là une première tentation pour les hommes qui se croyaient appelés à régénérer la France et qui, se voyant en face d’une crise financière, trouvaient tout simple d’appliquer aux besoins de l’État des biens qui ne profitaient à personne. Peut-être le clergé eût-il évité ou éloigné une catastrophe en se rendant aux conseils de l’archevêque d’Aix, Jean Raymond de Boisgelin, qui lui proposait de couvrir le déficit et d’affecter ses biens à l’hypothèque d’un emprunt de 400 millions de livres suffisant alors pour liquider la partie exigible de la dette publique.

Le clergé ne comprit pas l’avantage d’une telle initiative et ne sut pas sacrifier la veille ce qu’on devait lui arracher infailliblement le lendemain, car, avant que ce lendemain eût sonné dans le rapport de M. de Talleyrand, député et évêque d’Autun, à la date du 10 octobre 1789, une démarche étrange avait éveillé les convoitises de l’Assemblée : le 18 septembre, treize religieux de la congrégation de Cluny, habitant la maison de Saint-Martin des Champs à Paris, offrirent à la nation tous les biens de leur ordre, sous la réserve d’une pension de 11 500 livres à chaque moine.

Ils se flattaient d’être avoués par leurs confrères et disaient que trente-six maisons habitées par deux cent quatre-vingts religieux jouissaient de 1 800 000 livres de revenus ; que l’État gagnerait un million par an à l’arrangement proposé, et que les moines y trouveraient la liberté des autres citoyens. Une réclamation très mesurée des supérieurs arrêta pour le moment l’examen de la pétition ; mais il resta dans l’esprit de beaucoup de gens que les couvents étaient trop riches, qu’ils devenaient presque déserts, et que les rares habitants qu’on y comptait encore étaient las du joug qu’ils portaient.

Le 20 août, l’Assemblée avait formé un comité ecclésiastique de quinze membres à qui revenait l’examen de toutes les propositions et de toutes les affaires qui se rapportaient à l’Église. Cinq prêtres seulement y avaient séance, et les membres laïques avaient été choisis de manière à indiquer où l’on tendait. Parmi eux figurait Jean-Denis Lanjuinais (1753-1827), avocat et professeur de droit canon à Rennes, député de la sénéchaussée de Rennes. Les avocats Martineau et Treillard, autres membres influents du comité, étaient hostiles au clergé. Durand de Maillane et Despatys de Courteille étaient d’ardents parlementaires que les articles de 1682 pouvaient mener fort loin. Quand le nombre des membres du comité ecclésiastique fut élevé à trente, il ne donna pas plus de garanties par sa composition.

Il ne sait sur quel pied danser. Danse aristocrate. Caricature anonyme de 1790 montrant l'abbé Maury sur une corde raide tenue par le diable habillé en bouffon, encouragé à gauche par deux aristocrates et harcelé à droite par deux membres du tiers-état
« Il ne sait sur quel pied danser. Danse aristocrate ». Caricature anonyme de 1790
montrant l’abbé Maury sur une corde raide tenue par le diable habillé en bouffon,
encouragé à gauche par deux aristocrates et harcelé à droite par deux membres du tiers-état

C’est le 10 octobre que Mgr de Talleyrand porta le premier coup à l’ancienne organisation de l’Église, en établissant que le clergé n’était pas propriétaire, mais seulement usufruitier des biens qui jusque-là servaient à ses besoins et à l’entretien du culte ; portant aussitôt la cognée dans l’arbre, il proposa de remettre l’ordre dans les finances de l’État en lui attribuant la totalité des bénéfices, sans fonctions, les biens des communautés religieuses à supprimer et certains revenus considérés comme abusifs. Dupont de Nemours et le comte de Mirabeau appuyèrent cette motion. Barnave soutint, le 13 octobre, que « la nation pouvant détruire le clergé », pouvait, à plus forte raison, le dépouiller, et que l’Église catholique reprendrait sa première splendeur au moment où les ministres seraient salariés.

L’abbé Jean-Sifrein Maury — adversaire déclaré de la Révolution, il est alors député du clergé du bailliage de Péronne — attaqua d’abord l’argument selon lequel l’évêque d’Autun et ceux de son parti fondaient leur système, qui était la nécessité de soutenir le crédit public. Il fit voir que ce crédit avait été la source de nos malheurs, parce qu’il avait été celle des profusions ; qu’il était injuste de mettre les capitalistes à la place des bénéficiers ; qu’avant tout, il fallait calculer les ressources de l’État, vérifier la dette, constater la valeur des biens, examiner l’origine et l’immensité de la fortune des traitants, flétrir l’agiotage, et dénoncer les sangsues publiques ; que dépouiller le clergé, c’était dépouiller le tiers-état, puisque les cinq sixièmes des ecclésiastiques n’étaient pas nobles ; que les calculs de l’évêque d’Autun n’étaient pas exacts ; qu’enfin l’intention des commettants n’avait jamais été d’envoyer des députés des extrémités du royaume pour substituer une confiscation injuste à une banqueroute incertaine.

« Comment, ajouta-t-il, persuaderez-vous de votre fidélité à payer la dette, si vous ne respectez pas les propriétés ? La propriété est une et sacrée pour nous comme pour vous. Nos propriétés garantissent les vôtres. Nous sommes attaqués aujourd’hui ; mais, ne vous y trompez pas, si nous sommes dépouillés, vous le serez à votre tour. On vous opposera votre propre immoralité, et la première calamité, en matière de finances, atteindra et dévorera vos héritages. Nous n’avons usurpé les possessions de personne ; on ne nous en accuse pas. Nos bien nous appartiennent donc, ou parce que nous les avons acquis, ou parce qu’on nous les a donnés. Si l’on dit que nous les avons usurpés, renvoyez la question au pouvoir judiciaire. »

L’abbé Maury prouva, par d’autres raisonnements, la propriété du clergé ; fit voir combien il serait préjudiciable aux habitants de la campagne de livrer ces biens aux créanciers de l’État ; combien cette opération serait dangereuse pour la religion. Mais des cris partis, suivant l’usage, de plusieurs endroits de la salle, allèrent l’assaillir à la tribune, et le forcèrent d’en descendre.

Malgré le soulèvement d’une partie de l’assemblée, les révolutionnaires sentaient que la victoire n’était point encore à eux, et que, pour la fixer dans leur parti, ils avaient besoin d’être appuyés. Ils résolurent donc de ne reprendre la discussion qu’à Paris, où les efforts réunis des capitalistes, des agioteurs, des protestants, des philosophes et des brigands étoufferaient les cris de la justice et de la raison.

L’assemblée s’y transporta, n’étant déjà plus ce qu’on l’avait vue quelques mois auparavant. La crainte des proscriptions avait forcé de se retirer un grand nombre de ceux qui, par leurs principes et leurs talents, auraient pu arrêter la révolution. On avait intimidé ou décrié les autres, et subjugué les gens sages et modérés. La méthode qu’on avait introduite d’opiner par assis et levé, était encore très favorable aux factieux : ainsi l’assemblée livrée dès ce moment à leur empire, n’eut plus le pouvoir d’empêcher aucun de leurs projets de décret de passer.

Elle tint sa première séance à Paris, le 19 octobre, dans la salle de l’Archevêché, où elle continua de s’assembler jusqu’au 9 novembre, qu’elle se transféra dans une salle construite au Manège des Tuileries. Là elle se divisa en deux partis, devenus fameux sous le nom de côté droit et de côté gauche, ainsi nommés à cause de leur position, relativement à la place du président. Dans le côté droit siégeaient tous les évêques et archevêques, excepté l’évêque d’Autun, tous les curés, abbés, gentilshommes et membres du tiers-état qui voulaient rester fidèles à leurs mandats, à la religion et à la monarchie.

Caricature publiée en 1790 de la persécution du clergé pendant la Révolution française
Caricature publiée en 1790 de la persécution du clergé pendant la Révolution française

Le côté gauche fut occupé par les ecclésiastiques et les autres députés qui voulaient, les uns une nouvelle constitution, les autres la république, et quelques-uns l’anarchie, afin d’élever leur crédit et leur fortune sur les ruines de l’État. Là siégeaient le duc d’Orléans et les membres de l’ordre de la noblesse qui, le 24 juin précédent, avaient été se réunir avec lui au tiers-état. Ils n’étaient pas tous ennemis du trône. La plupart étaient, ou des imprudents qui ne prévoyaient pas les suites de la démarche qu’ils avaient faite, ou des hommes enivrés de la faveur populaire, flattés de jouer un rôle, ou d’être cités un jour comme fondateurs d’un gouvernement libre ; peut-être aussi le désir de se vendre à la cour, ou de la punir des petits mécontentements qu’ils en avaient reçus, en entra-t-il pour beaucoup dans les motifs qui leur firent prendre un parti si contraire à leurs intérêts.

Les députés qui se rangèrent du côté droit, mirent entre eux et les députés du côté gauche une ligne de démarcation que la différence de conduite et de principes rendit très saillante ; mais il ne fut pas en leur pouvoir de faire le bien dont ils étaient capables. Réduits, par leur petit nombre, à la défensive, tandis que leurs adversaires agissaient avec l’activité d’un feu dévorant, ils donnèrent lieu à ces quatre vers :

Il est un corps fameux dans un état critique ;
Du plus grand médecin il est abandonné :
Le côté gauche est gangrené,
Le côté droit paralytique.

Il n’y avait pas tout à fait 800 députés à la première séance de l’Assemblée nationale à Paris — sur les 1200 qu’elle comptait à l’origine —, tant la terreur avait fait d’impression sur les autres. Les brigands ne cessaient d’entretenir ce sentiment par leurs menaces et leurs violences. Ils massacrèrent le 21 octobre, au milieu d’une milice bourgeoise de plus de trente mille hommes, un boulanger nommé François, et portèrent sa tête au bout d’une pique jusqu’à la porte de l’Assemblée nationale, criant : « À bas les prêtres ; à la lanterne les évêques ».

Ces évêques et ces prêtres étaient les mêmes à qui Bailly était allé dire quelques jours auparavant : « Vous, ministres des autels, que la sainteté de votre caractère rendait inviolables, oubliez un moment de délire ; il ne reviendra plus. Il n’est aucun de nous qui, pénétré de respect pour la religion dont vous êtes les organes, ne soit prêt à verser son sang pour assurer votre tranquillité et l’indépendance des délibérations de l’assemblée. »

Après des assurances si positives, quelle confiance pouvait-on avoir dans une municipalité qui n’avait pas la force ou la volonté de défendre la vie des citoyens ? Le meurtre du boulanger ne coûta que cent écus à la faction qui voulait dominer par la terreur. Cet événement fut cause qu’on décréta le 21 octobre la loi martiale, qui n’empêcha aucun désordre parce qu’elle ôtait au roi la force publique pour la mettre dans les mains des magistrats populaires, qui craignaient de l’employer contre leurs concitoyens.

Presque toutes les classes applaudirent au projet de confiscation des biens du clergé quand il fut connu. Les factieux profitèrent de la réunion de tous ces intérêts pour soulever, en faveur de cette opération, l’opinion presque générale de Paris et des provinces. Thouret fit à ce sujet un nouveau rapport au nom des comités. Il était avocat au parlement de Rouen, et s’était fait une réputation au barreau par cette facilité d’élocution qui tient souvent lieu de science et de talent. Esprit faux, mais subtil et disert, mécréant en morale, romancier en politique, sophiste en législation, Thouret débitait sérieusement comme principes les idées qu’une mauvaise métaphysique présentait à son imagination exaltée.

Duport, Garat le jeune, Treilhard, la Poule et d’Arche tourmentèrent la justice et la raison. Chapelier se distingua, dans ce te occasion, par l’indécence de ses invectives contre le clergé dont la ruine était jurée. Mirabeau, Malouet, l’abbé de Montesquiou, les évêques de Clermont et de Nîmes, l’archevêque d’Aix et l’abbé Maury, pour la seconde fois, firent parler en faveur de cet ordre la jurisprudence et la raison de tous les siècles, la morale de tous les pays et l’intérêt de l’État : tout cela fut inutile. Le parti opposé ne connaissait que l’intérêt du moment, combiné avec l’opinion du jour. Ce parti fut soutenu le 30 octobre par les brigands, qui remplirent de bonne heure les cours, les tribunes et le grand escalier de l’archevêché, menaçant de la lanterne tous les prêtres qu’ils voyaient passer. Le 31, l’affluence et la fureur furent plus grandes ; et le duc de la Rocheroucault dit ce jour-là, « que le décret était nécessaire pour ceux-là mêmes qui pouvaient jadis le craindre ».

Le pressoir. Estampe satirique de 1789 ou 1790 illustrant la nationalisation des biens du clergé
Le pressoir. Estampe satirique de 1789 ou 1790 illustrant la nationalisation des biens du clergé

Enfin ils eurent une victoire complète le 2 novembre, quand les hordes du Palais-Royal eurent déclaré que « si le décret n’était pas rendu ce jour-là, il n’existerait pas un seul prêtre dans Paris. » Voilà comment la majorité de l’assemblée, timide quand l’opinion publique était encore incertaine sur son compte, barbare quand cette même opinion l’eut rassurée dans son immoralité, offrait l’image de ce conquérant des Indes qui se faisait traîner sur un char attelé de tigres. Le décret fut rendu à la majorité de 568 voix contre 346. Tous les biens ecclésiastiques furent mis à la disposition de la nation, « à la charge de pourvoir d’une manière convenable aux frais du culte, à l’entretien des ministres et au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d’après les instructions des provinces. »

Le clergé détruit, tous les autres corps chancelèrent sur leurs bases. Les bailliages eurent défense de s’assembler sans la permission expresse de l’Assemblée nationale, attendu qu’ils auraient pu révoquer leurs députés, ou les rappeler à leurs mandats. Les parlements eurent aussi ordre, le 3 novembre, de cesser leurs fonctions ; on ne laissa que les chambres des vacations, pour ne pas interrompre entièrement le cours de la justice.

Ainsi l’Assemblée nationale se trouva tout à la fois nantie du gouvernement, maîtresse de la personne du roi, indépendante de la nation, puisqu’elle l’était des bailliages, débarrassée du clergé et délivrée des parlements et des autres cours souveraines. Après avoir détruit les ordres et mis les grands corps de magistrature dans l’impossibilité de lui résister, elle abolit les corps de province, c’est-à-dire les pays d’états. On a déjà vu qu’elle en avait supprimé les privilèges ; à présent elle changeait jusqu’aux noms, dans la crainte qu’en laissant subsister quelque chose qui rappelât à ces provinces leur ancienne manière d’être, elles ne fussent tentées un jour de la recouvrer. L’assemblée d’ailleurs, s’imaginait avec raison que l’esprit public se répandrait avec bien plus de facilité dans le royaume, lorsqu’il ne passerait plus par ces canaux antiques dont l’organisation empêcherait la circulation de la nouvelle sève qui devait vivifier le corps social.

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