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Cocktail. Origine, étymologie mots de la langue française

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Savoir : Mots, Locutions
L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus
Cocktail
(D’après « Revue d’histoire de la pharmacie », paru en 1981 et 1982)
Publié / Mis à jour le vendredi 13 septembre 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le cocktail serait né dans une pharmacie du Nouveau Monde, affirme une légende attribuant à un apothicaire, natif de Bordeaux et installé jusqu’en 1791 à Saint-Domingue, d’y avoir connu la formule secrète d’une boisson aux extraits de plantes amères et de l’avoir importée à la Nouvelle-Orléans lorsqu’il s’y établit, la mélangeant avec de l’alcool et lui conférant la réputation qu’on lui connaît aujourd’hui : mythe ou réalité ?

Dans un ouvrage paru à Bordeaux, chez Delmas, en 1937 et intitulé En Louisiane : légendes et réalités, son auteur René Cruchet écrit à propos d’une visite au sein de la Nouvelle-Orléans : « Voici, à quelques pas de là, une autre maison historique, car c’est là, dès 1795, que naquit le cocktail, dont le nom américain n’est que la prononciation anglaise du mot français coquetier. S’il devint américain à cette date, fort ancienne, il était bien connu déjà chez nos coloniaux des Antilles, et particulièrement à Saint-Domingue ».

Or c’est précisément de ce lieu que, selon René Cruchet, un certain Antonin-Amédée Peychaud, dont la famille était originaire de Bordeaux, fut chassé vers 1791 par la « révolution noire » de Toussaint-Louverture et choisit, comme beaucoup d’autres « Dominiquois », de s’établir en Louisiane. Apothicaire, il installa son officine à la Nouvelle-Orléans, où il acheta un immeuble, rue Royale, et acquit très vite une bonne réputation parmi les familles de planteurs et de négociants.

Le bitter aromatique Peychaud
Le bitter aromatique Peychaud

Notre bon apothicaire, explique René Cruchet, « vendait certainement les drogues que comportait l’exercice de sa profession. Mais il était surtout un maître dans l’art secret de préparer les plus savantes mixtures, dans lesquelles il associait habilement les amers excitants aux plus authentiques reconstituants, cognacs ou eaux-de-vie à l’arôme délectable.

« Comme il faisait partie de la loge maçonnique, dont il était un des plus hauts dignitaires et un des orateurs les plus réputés, il avait pris l’habitude, après les séances, de convier ses frères à venir déguster, dans sa pharmacie, les produits les plus soignés de sa fabrication. Le mélange était agité dans un coquetier et servi aux consommateurs ravis, qui chantèrent bien vite, à travers la petite ville, les louanges de ce merveilleux élixir.

« La clientèle augmenta rapidement, et la pharmacie Peychaud devint bientôt le plus fréquenté rendez-vous de la Nouvelle-Orléans. Mais il n’y avait pas seulement des Français parmi les amateurs : des Anglais étaient aussi du nombre ; et ce sont eux qui, en prononçant coktay ou cocktail pour coquetier, firent entrer ce nouveau mot dans la langue anglaise courante, où il est resté. » Voilà qui donnerait raison à Marcel Aymé lorsqu’il orthographie ce mot coquetèle.

Musée de la pharmacie situé à la Nouvelle-Orléans
Musée de la pharmacie situé à la Nouvelle-Orléans

On peut visiter au 514 de la rue de Chartres, à la Nouvelle-Orléans, un musée de la pharmacie, fondé en 1950 et organisé dans une ancienne pharmacie française édifiée en 1823, où l’on peut voir d’anciens appareils ayant servi à la préparation de médicaments officinaux : piluliers, machine à cachets, mâche-bouchon « crocodile », ainsi que des bouteilles faites à la main, les premières seringues à injection, des cornues, des bocaux, de vieux ordonnanciers, etc., et tout particulièrement de très anciennes spécialités pharmaceutiques françaises.

Si certains prétendent que cette officine aurait appartenu à Antonin-Amédée Peychaud, précisons que celui-ci avait établi la sienne un peu plus loin, au 437 de la rue Royale — elle a été remplacée par un magasin d’antiquités. En revanche, l’établissement situé au 514 de la rue de Chartres est attaché à un autre nom, connu des historiens de la pharmacie, celui des Dufilho : le père, ancêtre de l’acteur Jacques Dufilho (1914-2005), qui s’y installa vers 1805 rue de Toulouse, et le fils, Louis-Joseph (1788-1856), né en France, l’un des tout premiers détenteurs aux États-Unis d’une licence d’exercice de la pharmacie, qui lui succéda rue de Chartres, après avoir fait ses études à Paris.

Le Sazerac, cocktail à base de bitter Peychaud
Le Sazerac, cocktail à base de bitter Peychaud.
© Crédit photo : http://www.renardsgourmets.com

Toutefois, l’histoire sémantique du mot cocktail est qualifiée d’obscure par le Petit Robert, et selon le Trésor de la langue française, il est la réduction de cocktailed (horse), c’est-à-dire « (cheval) auquel on a coupé la queue de manière qu’elle se redresse vers le haut », de to cock signifiant se redresser (à la manière d’un coq) et de tail signifiant queue.

Cette opération n’étant pratiquée que sur des chevaux de trait, jamais sur les pur-sang, cocktail vint à désigner diverses réalités comportant une notion de « mélange » : homme aux mœurs douteuses, abâtardies, cheval bâtard, et enfin la boisson faite d’un mélange d’alcool et de divers éléments (1806). Rien à voir, en ce cas, avec coquetier.

 
 
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