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3 septembre 1653 : mort de l'humaniste et philologue Claude Saumaise - Histoire de France et Patrimoine


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3 septembre 1653 : mort de l’humaniste
et philologue Claude Saumaise
(D’après « Biographie universelle, ancienne et moderne » (Tome 40), paru en 1825)
Publié / Mis à jour le mardi 3 septembre 2019, par LA RÉDACTION

 
 
 
Médecine, jurisprudence, théologie, philosophie, histoire ecclésiastique, antiquités grecques et romaines, langues anciennes, langues orientales : dépeint par Ménage comme le plus honnête et le plus sociable des hommes, fort agréable en conversation et ne portant, dans la société, aucun des ridicules du pédantisme, Claude Saumaise avait tout fouillé, travaillant ordinairement au milieu de ses enfants et à côté de son épouse, les jeux bruyants des premiers, l’humeur aigre et querelleuse de la dernière, ne pouvant lui causer la moindre distraction ni le détourner un instant de l’étude

Claude Saumaise naquit à Semur-en-Auxois le 15 avril 1588, d’une famille noble, qu’un de ses admirateurs a voulu faire remonter au temps du roi Robert, prétention qui rappelle Scaliger se disant issu d’une maison souveraine d’Italie.

Son père, Bénigne Saumaise, voulut lui enseigner le latin et le grec ; si l’on en croit même le plus ancien biographe de Saumaise, dès l’âge de dix ans, le jeune élève expliquait Pindare, et versifiait dans l’une et l’autre langue, genre d’exercice qui souvent le délassa de travaux plus graves, et dans lequel, selon Ménage, il ne le cédait à aucun de ses contemporains.

Claude Saumaise. Peinture appartenant aux collections de la Bibliothèque universitaire de Lund (Suède)
Claude Saumaise. Peinture appartenant aux collections de la Bibliothèque universitaire de Lund (Suède)

À seize ans, il fut envoyé à Paris, pour y compléter ses études ; et c’est là que commencent ses liaisons avec Casaubon, dont l’autorité littéraire, bien plus que la modération de ses opinions, inclina bientôt le jeune savant au protestantisme. Recommandé par ce grand helléniste à Denis Godefroy et à Gruter, Saumaise court, malgré son père, à l’université de Heidelberg, abjure les croyances catholiques ; et, impatient de faire marcher de front avec l’étude du droit celle des antiquités grecques et romaines, qu’on n’en avait point encore séparée, il s’enferme avec Gruter, dans la bibliothèque Palatine, la plus riche en manuscrits qui fût alors en Allemagne, consacre deux nuits sur trois au travail le plus opiniâtre, et tombe malade d’épuisement, avant d’avoir publié son premier ouvrage.

Cet ouvrage était Les deux Livres de Nilus, archevêque de Thessalonique, et celui du moine Barlaam, sur la primauté du pape (1609) ; l’un et l’autre enrichis de corrections et de notes, et dédiés à l’avocat-général Servin, dont la bienveillance avait été précieuse à Saumaise lorsqu’il étudiait à Paris. Une édition de Florus suivit de près. On le voit dès lors correspondre avec Scaliger, qui le comblait de louanges, et résoudre les doutes des plus habiles sur les difficultés sans nombre qu’offraient à cette époque les manuscrits où s’étaient conservés les classiques d’Athènes et de Rome.

En 1610 il consent, par déférence pour son père, à s’inscrire au nombre des avocats au parlement de Dijon. Mais il ne parut point au barreau : préoccupé du désir de compléter l’Anthologie grecque, il ne put être distrait de cette entreprise que par la dispute qui s’était élevée sur la détermination des provinces et des Églises suburbicaires, entre le Père Sirmond et Jacques Godefroy, dont le père avait initié Saumaise dans la science des lois. Le savant bourguignon se déclara contre le jésuite ; et ce combat d’érudition, dont l’avantage resta tout entier à Saumaise, n’était point encore fini lorsqu’il fit imprimer à Paris un travail bien autrement remarquable : Historiæ Augustæ scriptores VI, El. Spartianus, Jul. Capitolinus, El. Lampridius, Vulcatius Gallicanus, Trebellius Polio, Fl. Vopiscus (1620).

C’était comme une continuation des Douze Césars de Suétone. Les remarques de Saumaise embrassaient toute l’histoire des empereurs. De ce moment, il prit rang au dessus de tous les commentateurs qui aspiraient à recueillir l’héritage littéraire de Casaubon et de Scaliger. L’infatigable critique préparait presque en même temps une édition du livre de Tertullien, De Pallio (1623), qui lui servit de texte pour passer en revue tout ce qui tient aux vêtements des Romains.

Un aussi zélé protestant ne pouvait laisser tomber cette occasion d’attaquer encore un jésuite, et de l’injurier ; car, pour les érudits de ce temps, injurier, c’était combattre. Le Père Pétau ne crut point être obligé à plus de mesure dans sa réponse à un hérétique qui, en outre, avait le tort d’être l’agresseur. Six brochures se succédèrent ; mais, à force d’érudition, la lutte demeura indécise, et il ne resta de toute cette dispute que le souvenir des épithètes de pecus, d’asinus, et autres semblables, que les adversaires s’étaient prodiguées.

Au milieu de ces invectives, Saumaise était occupé de pensées plus douces. Le 5 septembre 1623, il avait épousé Anne Mercier, dont le père était une des colonnes du parti de la réforme en France ; quant à elle, son caractère impérieux et tracassier aurait fait le désespoir d’un esprit moins patient et d’une vie moins laborieuse. Ce mariage fixa Saumaise pour quelques années dans une maison de campagne voisine de Paris ; et c’est là qu’il acheva son grand ouvrage sur Solin, ou plutôt sur l’Histoire naturelle de Pline (Plinianæ exercitationes in C. J. Solini Polyhistora, 1629) : prodigieuse entreprise qui peut être considérée comme l’Encyclopédie de ces temps encore tout hérissés des travaux et des erreurs de l’école.

Saumaise ne s’était point borné à interroger l’antiquité classique si familière aux érudits de ce siècle ; il avait fouillé les monuments scientifiques des orientaux ; et la lecture des Persans et des Arabes lui donna, sur la botanique en particulier, de grandes lumières, qu’il a consignées dans un livre à part, publié longtemps après. Cependant son père essayait vainement de lui résigner sa charge. Le parlement s’était prêté au désir du vieillard ; mais le garde des sceaux, Marillac, fut inflexible ; et toute la réputation de Saumaise ne put vaincre les scrupules du magistrat sur le danger de faire asseoir un protestant sur les fleurs de lys.

De modo usurarum liber par Claude Saumaise, paru en 1639
De modo usurarum liber par Claude Saumaise, paru en 1639

On ne sait si les refus de Marillac contribuèrent à l’exil volontaire du docte commentateur. Venise, Londres, La Haye, l’appelaient depuis longtemps. Il préféra la Hollande, et accepta dans l’université de Leyde, la place honorable que Scaliger y avait occupée au-dessus des professeurs. Des craintes de peste le ramenèrent un moment en France ; toutes les séductions furent épuisées pour l’y retenir. Le titre de conseiller d’État, le collier de Saint-Michel, alors le second des ordres français, la promesse d’une pension égale à celle dont avait joui Grotius, ne purent balancer longtemps les espérances qu’il avait fondées sur ses co-religionnaires des Provinces-Unies.

Richelieu fit une deuxième tentative, lorsque Saumaise revint, en 1640, recueillir la succession paternelle. Une pension de douze mille francs lui fut offerte, s’il voulait écrire la vie du cardinal. Saumaise répondit ingénument qu’il ne savait pas flatter, et il partit pour la Bourgogne. Richelieu mourut ; et Mazarin s’efforça encore de fléchir une résistance que des promesses n’avaient pu vaincre. Une pension de six mille francs fut accordée à Saumaise ; et le brevet lui en fut expédié sans autre condition que son retour en France. Pour toute réponse à cette haute faveur, il fit imprimer son livre De primatu papae (1645), qui souleva contre lui l’assemblée du clergé de France, et fut dénoncé par elle à la reine-mère et au parlement.

Une polémique plus noble, et dont le souvenir honore plus Saumaise que la plupart de ses ouvrages, l’occupa bientôt tout entier. Charles II, proscrit en Angleterre, lui demanda une Apologie de la mémoire de son père, qu’un tribunal régicide venait d’immoler à l’ambition longtemps patiente de Cromwell. Jamais mission plus haute ne fut donnée aux lettres ; mais une telle cause aurait voulu un Bossuet ou un Pascal ; et Saumaise n’était qu’un érudit du XVIe siècle.

Milton se chargea de lui répondre ; et ceux qui l’ont proclamé vainqueur dans cette joute scolastique n’ont assurément pas lu son livre. Saumaise avait commencé le sien par ces mots : « L’horrible nouvelle du parricide commis depuis peu en Angleterre vient de blesser nos oreilles et encore plus nos cœurs. » « Il faut, répond Milton, que cette nouvelle ait eu une épée plus longue que celle de saint Pierre, qui coupa l’oreille à Malchus, ou que les oreilles des Hollandais soient bien longues ; car une telle nouvelle ne pouvait blesser que des oreilles d’âne. »

Ces misérables plaisanteries ne sont point les plus mauvaises qu’on eût pu choisir dans cette longue invective, où la vigueur native de ce grand génie a peine à se faire jour à travers des injures et des déclamations sans fin. Ceux qui ont pris le silence de Saumaise pour un aveu de sa défaite, ignorent qu’il avait laissé, dans ses papiers, une réplique qui fut imprimée après sa mort, au moment même où la question venait d’être jugée par la restauration de Charles II, en 1660.

Saumaise n’avait pas besoin de ce nouveau titre pour être recherché par des rois. La reine de Bohème avait brigué l’honneur de sa correspondance ; et la trop fameuse Christine de Suède le pressait depuis longtemps de se rendre auprès d’elle. Le prince des commentateurs, entraîné par sa femme, accourut à la voix d’une souveraine qui lui écrivait, en latin, des lettres de sept pages, et qui l’assurait qu’elle ne pouvait vivre contente sans lui. Mais, dans son second voyage, il ne tarda pas à être réclamé par les curateurs de l’académie de Leyde, qui écrivirent à leur tour à la reine que le monde ne pouvait pas se passer de la présence du soleil, ni leur université de celle de Saumaise ; et Christine se laissa persuader.

À son retour, Saumaise fut admis, par le roi de Danemark, à sa table, et reconduit à ses frais, comblé de ses présents, jusqu’aux frontières du royaume ; mais sa constitution, naturellement débile, ne put se relever des fatigues de ce voyage. Il suivit en vain sa femme aux eaux de Spa : il mourut auprès d’elle, entre les bras d’un théologien calviniste, le 3 septembre 1653.

Christine lui fit faire une Oraison funèbre, et se chargea de l’éducation de son troisième fils. Tel avait été son enthousiasme, peut-être un peu factice, pour le père, que, sur le seul avis qu’Isaac Vossius préparait un livre pour réfuter plusieurs des opinions de Saumaise, elle lui avait retiré la charge de bibliothécaire, qu’il tenait d’elle, et lui avait défendu sa présence.

Claude Saumaise. Gravure réalisée par Jonas Suyderhoef (1613-1686)
Claude Saumaise. Gravure réalisée par Jonas Suyderhoef (1613-1686)

La mort de Claude de Saumaise fut un événement en Europe. Son immense érudition, qui faisait dire hyperboliquement à Guez de Balzac que ce qui avait échappé à un tel homme manquait à la science et non à son génie, sa vaste correspondance, l’ardente persévérance de ses recherches, avaient fait de son cabinet le centre des travaux de la philologie contemporaine.

Le petit nombre de lettres qui ont été conservées de lui, nous le montre dominant, par l’autorité de son nom et l’universalité de ses études, les plus savants hommes de cette époque. Cet homme faible et valétudinaire avait appris, sans maître, le persan, le chaldéen, l’hébreu, l’arabe et le copte. Il tenta même de deviner la langue étrusque, dont il ne nous reste que des fragments mutilés. On assure cependant que son érudition orientale était fort superficielle, et que toutes les citations de textes arabes ou persans lui étaient fournies par Grotius, auquel il soumettait pour cela ses manuscrits. C’est la veuve de Grotius qui révéla cette anecdote après la mort de son mari.

On cite de Saumaise des prodiges de mémoire qui ont quelque chose de fabuleux. Dans une conversation avec Golius, il lui arriva de citer plusieurs versets d’un Pentateuque persan qu’il n’avait lu qu’une fois, il y avait plus de dix années. Une grande partie de ses écrits, et notamment l’Apologie de Charles Ier, ont été composés sans le secours d’aucun livre, et plus d’une fois avec tant de précipitation, qu’il lui échappait des erreurs qu’un écolier aurait relevées. C’est ainsi que, dans son Traité de la Transubstantiation, il reproche aux catholiques de ne point mêler le vin à l’eau dans le divin sacrifice. Ceux qui désirent une bibliographie complète de ses ouvrages, peuvent recourir à la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne. L’auteur porte à quatre-vingts le nombre de ceux qui ont été imprimés, et ceux qui sont restés manuscrits à soixante.

Il ne faut pas oublier que les immenses travaux de Claude Saumaise furent accomplis en présence d’une femme qui semblait lui avoir été donnée, comme Xantippe à Socrate, pour faire briller la douceur naturelle de son caractère. Cette femme tenait la porte de son mari fermée à ses amis, et le forçait de travailler au milieu des criailleries domestiques. Entêtée de sa noblesse, elle voulut qu’il parût devant Christine en habit d’homme de guerre ; ce qui fit dire à la reine qu’elle admirait encore plus la patience de Saumaise que son savoir.

 
 

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