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Saint Louis mort du scorbut et non de la peste ?

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L’Histoire fait l’Actu
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Saint Louis mort du scorbut
et non de la peste ?
(Source : France Télévisions)
Publié / Mis à jour le jeudi 20 juin 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
Quand on parle de Saint Louis, on pense à deux images d’Épinal : ce roi rendait la justice sous son chêne et est mort de la peste. Des chercheurs assurent que la seconde image n’a rien de vrai et que son décès en 1270 est lié au scorbut.

« Saint Louis n’est pas mort de la peste, mais d’une complication du scorbut (une carence aiguë en vitamine C) qui a attaqué la gencive, puis l’os », selon ces chercheurs, qui se basent sur l’examen d’un bout de mâchoire du roi conservée à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

« Le scorbut est une certitude, mais une cause de mort peut en cacher une autre », explique à l’AFP le Français Philippe Charlier, qui a dirigé ces travaux publiés ce mardi 18 juin dans la revue Journal of Stomatology, Oral and Maxillofacial Surgery. « Comme il était fragilisé par le scorbut, il a pu développer une infection ou plusieurs et en mourir », poursuit le Dr Charlier. « Notre travail n’est pas fini : nous examinons les intestins momifiés de Saint Louis pour déterminer quelles bactéries, quels virus ou champignons les colonisaient », ajoute-t-il.

Mort de Saint Louis. Enluminure extraite de Vie et miracles de saint Louis par Guillaume de Saint-Pathus (1330-1340). Manuscrit français 5716
Mort de Saint Louis. Enluminure extraite de Vie et miracles de saint Louis
par Guillaume de Saint-Pathus (1330-1340). Manuscrit français 5716

Mauvaise traduction
Cela pourrait permettre de dire si Saint Louis souffrait d’une ou plusieurs infections mortelles en plus du scorbut. Les résultats sont attendus dans les prochains mois. Le roi de France Louis IX, appelé Saint Louis après sa canonisation en 1297, est mort en Tunisie en 1270, lors de la huitième Croisade. « La tradition a fait de la peste la cause de sa mort, mais cela pourrait venir d’une mauvaise traduction du mot d’ancien français pestilence, qui désigne une maladie infectieuse », écrivent les scientifiques dans leur étude.

« Le fait qu’il soit mort de la peste est encore très présent dans les livres d’Histoire, et les sciences modernes sont là pour les rectifier », sourit le Dr Charlier. Ce médecin légiste, anthropologue et paléopathologiste de 41 ans est connu pour avoir autopsié les restes de morts célèbres. Son authentification de la tête momifiée d’Henri IV a suscité des débats passionnés. Il a aussi analysé le cœur embaumé de Richard Cœur de Lion, le crâne du philosophe Descartes, et plus récemment un morceau de mâchoire humaine conservé à Moscou, confirmant qu’il s’agissait bien de celle d’Adolf Hitler.

Examen médical, scanner et datation au carbone 14
Lui et son équipe assurent avoir authentifié la mandibule de Saint Louis par examen médical, scanner, datation au carbone 14, et comparaison avec une statue du roi et écrits des chroniqueurs de l’époque. « Ils décrivent Saint Louis perdant ses dents, crachant des morceaux de gencive, ce qui est compatible avec ce qu’on voit sur la mandibule », selon le Dr Charlier, praticien hospitalier à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), aujourd’hui détaché au musée du quai Branly à Paris.

L’étude, en anglais, est d’ailleurs parsemée de passages en ancien français savoureux, bien que peu ragoûtants. « Il venoit tant de char mortes ès gengives a notre gents que il couvenoit que barbier ostassent la char morte, pour ce que ils peussent la viande maschier », écrivait ainsi un proche du roi, Jean de Joinville, cité dans l’étude. Ce qu’on pourrait traduire par : « Les gencives de nos soldats étaient si nécrosées que les barbiers devaient couper les chairs mortes pour leur permettre de mâcher la viande ».

C’est également aux Mémoires de Joinville qu’on doit le symbole de Saint Louis rendant la justice sous son chêne. Cette image, qui fait partie du roman national, est aujourd’hui largement reconnue comme exagérée, mais aucun légiste ne pourra trancher cette question-là : « Ce sont les historiens qu’il faut interroger », selon le Dr Charlier.

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