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Angoulême : découverte d'un site préhistorique exceptionnel

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Angoulême : découverte d’un site
préhistorique exceptionnel
Publié / Mis à jour le samedi 10 novembre 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Une fouille menée depuis le mois d’avril par une équipe d’archéologues de l’Inrap a permis de révéler trois occupations préhistoriques, datées du Paléolithique final au Mésolithique, ainsi qu’une séquence sédimentaire très rare. Plus de 200 000 objets vieux pour certains de 14 000 ans ont été déterrés.

À quelques dizaines de mètres de la gare d’Angoulême, sur l’îlot Renaudin, une douzaine d’archéologues s’activent sous la pluie. Plus de 200 000 silex et 400 pointes de flèches ont déjà été déterrés. Une collection exceptionnelle d’objets, vieux pour certains de près de 14 000 ans. Les pieds dans la boue, ils n’ont plus que quelques jours pour boucler leur chantier.

Le 23 novembre, ils laisseront la place aux tractopelles, camions toupies et autres engins de construction. L’agglomération construit un nouveau centre d’affaires. Comme la loi l’oblige avant chaque nouveau chantier, le site avait été soumis à une fouille de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Vue générale de la fouille du secteur sud
Vue générale de la fouille du secteur sud. © Crédit photo : Denis Gliksman, Inrap

Les archéologues ne pensaient découvrir que des traces de faïences d’époque assez récente sur les 2 000 m2 que couvre ce terrain. « Découvrir un tel site préhistorique est exceptionnel pour au moins trois raisons », explique Miguel Biard, archéologue et responsable de la fouille. « On est sur un site occupé pendant 4 000 ans de façon continue. Le nombre de pièce est très élevé et leur technicité est assez inédite. Enfin, les couches de sédiments attestent de changements climatiques importants sur cette période. »

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville d’Angoulême a subi trois bombardements par les forces alliées. Le 14 août 1944, une bombe est tombée sur le site. L’onde de choc a fait remonter toutes les couches préhistoriques. « On a dû retirer les éclats d’obus pour procéder aux fouilles », raconte Miguel Biard. « Mais la conséquence très positive pour nous c’est que nous avons ainsi directement accès à la couche mésolithique [il y a donc 8000 ans, NDLR] qui est remontée juste en dessous de la période contemporaine. »

Plus de 200.000 pièces déterrées
Il y a 14 000 ans, le climat, bien plus froid qu’aujourd’hui, est en train de se réchauffer. Puis il connaît un dernier coup de froid, il y a 12 000 ans. La faune et la flore changent. Les rennes laissent leur place aux cerfs. Cette période est nommée l’azilien, du nom du village en Ariège (Mas-d’Azil) dans lequel on a découvert pour la première fois des traces d’occupation humaine datant de cette époque. La zone, en forme de cuvette, était alors traversée par un cours d’eau. Des hommes s’y installent et y confectionnent des outils. Malheureusement aucun reste humain n’a été trouvé, ce qui aurait permis d’en apprendre un peu plus sur ces populations.

Si le site est aussi riche, c’est d’ailleurs en grande partie en raison de ce cours d’eau. Les sources ont d’abord permis le dépôt de couches de sédiments qui ont emprisonné les artefacts, avant que le site ne soit scellé par une couche de tuf. « Le tuf est un calcaire qui résulte de la précipitation de carbonates en contexte continental dans des conditions climatiques particulières et emballant des restes de végétaux et des coquilles. » raconte Grégory Dandurand, géomorphologue et géoarchéologue à l’Inrap.

« On a gardé grâce à cette couche un instantané sur les premiers habitants de ce secteur avec des pièces qui sont quasiment en place. C’est d’autant plus intéressant car le tuf recouvre aussi une couche de tourbe très riche en pollens. On peut donc avoir une idée très précise de la flore et donc du climat. »

Une technicité inédite
« On voit clairement une évolution technologique entre les différentes périodes », explique Miguel Biard. « Encore plus surprenant, on voit apparaître il y a 12 000 ans (une période qu’on appelle le Laborien) une technicité dans les armatures que nous n’avions encore jamais observée. »

Poste de taille Azilien
Poste de taille Azilien. © Crédit photo : Miguel Biard, Inrap

À cette époque, les hommes assemblaient de tout petits bouts de silex taillé afin de constituer une flèche. Ce sont ces petits bouts qui sont appelés armatures. La taille des objets déterrés à Angoulême est inédite, selon l’archéologue. « Il nous faut bien entendu étudier plus attentivement chacun de ces objets, car nous ne sommes qu’à la phase de découverte », continue Miguel Biard. « Mais l’îlot Renaudin pourrait devenir une référence pour d’autres sites qui manquent d’informations sur cette période de la préhistoire. »

En contrebas du site, les archéologues viennent de découvrir les traces d’un foyer. À cet endroit, les archéologues n’ont déterré que des silex taillés en forme d’outils de découpe et de traitement des carcasses. « Quand on fabrique un outil en silex, il y a une grande partie du caillou qui n’est pas utilisable (cela constitue l’essentiel des artefacts retrouvés sur le reste du site d’ailleurs).

Mais à cet endroit il ne s’agit quasiment que d’outils, que ce soit des couteaux ou des grattoirs », explique Miguel Biard. C’est assez frustrant de découvrir ça ici, car cela veut dire que le site doit regorger de richesses au-delà des limites étudiées. Mais à moins de détruire l’école de danse attenante (ce qu’on ne fera pas), on ne pourra pas compléter le tableau. »

Vincent Bordenave
Le Figaro

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