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Sauver la conjugaison française - Histoire de France et Patrimoine


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L’Histoire fait l’Actu

Quand Histoire et Patrimoine font la une, s’invitent dans notre quotidien et deviennent un sujet d’actualité. Le passé au cœur de l’actu.


Sauver la conjugaison française
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le jeudi 25 janvier 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le passé simple, le plus-que-parfait, le conditionnel, chacun de ces temps et ces modes est menacé de disparition selon Jeanne Bordeau, fondatrice en 2004 de l’Institut de la qualité d’expression. La consultante en expression explique comment notre vision du temps qui passe a changé, pour enfanter une langue trop simplifiée et immédiate.

C’est un bruit qui court et qui monte sans faiblir depuis quelques mois. Le passé simple serait trop compliqué. Dans nos écoles, les programmes 2016 du cycle 3 (CM1, CM2 et 6e) prescrivent seulement l’enseignement du passé simple aux 3e personnes. En littérature jeunesse, les auteurs feraient d’ailleurs davantage le choix du passé composé.

« Le passé simple est moins usité, c’est vrai », explique Virginie Leproust des éditions Hachette. « C’est un temps daté moins accessible aux jeunes. » De là toutefois à le jeter aux oubliettes ? Pas sûr. « Il est encore utilisé à bon escient dans les romans historiques », précise Mme Leproust. « Cette disparition est un faux débat », ajoute Shaïne Cassim des éditions Casterman. « Il faut s’interroger sur le contenu du texte et les intentions de l’auteur. S’il refuse (ou non) de l’employer, c’est qu’il a une raison. »

Si le passé simple est aujourd’hui sur la sellette, il n’est, en tout cas, pas le seul temps en voie d’extinction selon Jeanne Bordeau. La consultante, fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression, explique au Figaro pourquoi c’est toute la conjugaison de la langue française qui est aujourd’hui menacée.

Le Figaro — Est-il vrai que le passé simple serait en voie d’extinction ?
Jeanne Bordeau — Oui, je pense que le passé simple est malheureusement condamné à disparaître. Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’il indique un état qui est terminé. Il n’est pas un temps de communication et n’a pas de lien avec le présent. Ce qui est pourtant la caractéristique principale de notre époque. Nous vivons en effet selon moi dans un présent perpétuel, cela signifie que nous avons besoin d’un temps sans rupture avec le passé. C’est pour cela que l’usage l’a remplacé par le passé composé.

Je pense ensuite qu’il y a ici avec la disparition du passé simple une volonté paradoxale de simplifier la langue. Car, il y a aujourd’hui une difficulté d’expression et cela se constate même à l’indicatif ! Quand on dit « nous finîmes » ou « nous aimâmes », il y a non seulement une difficulté d’ordre orthographique, avec l’accent circonflexe, mais aussi, peut-être, une peur de manier la langue et de tomber dans ses pièges.

Est-ce le seul temps menacé ?
Non. Ce n’est pas tant le passé simple qui est menacé que la conjugaison d’état. Après dix années passées à analyser la langue, je peux vous assurer qu’il n’y a plus de conjugaison. Même le conditionnel est en train de disparaître ! À plus forte raison parce que les gens ne cessent de le confondre avec le futur. On voit très souvent écrit des « j’aimerai », par exemple, sans « s » au lieu de « j’aimerais ». Et je ne parle pas du plus-que-parfait qui a pour sa part déjà disparu. Cherchez-le chez les auteurs d’après guerre. Vous verrez que ce temps est très difficile à trouver dès les années 1950-1960. Son emploi est devenu trop compliqué.

Nous sommes actuellement dans une langue saccadée et immédiate. Et cela se constate très bien avec l’usage quasi abusif de l’impératif et de l’indicatif dans notre quotidien. Ce, à l’écrit comme à l’oral. C’est regrettable. Il faut à mon sens se rappeler les mots très justes de M. Bentolila qui disait : « La grammaire construit du sens ». Si nous abandonnons les temporalités, nous nions dans le même temps les nuances de la langue.

Prenez La Peste de Camus. On y lit : « Rieux se retourna brusquement vers lui et ouvrit la bouche pour parler, mais il se tut. » Vous sentez rapidement avec ce court extrait qu’il y a non seulement une narration, mais aussi l’expression d’une action dans une autre époque. Sans temps, il ne peut plus y avoir de mise en récit, c’est-à-dire de composition : de lieux, d’époque et de ressentis.

Faut-il y voir une conséquence directe de notre utilisation d’Internet ?
Il est vrai que ce n’est pas la conjugaison qui le caractérise. Il faut être incitatif, synthétique, direct. La communication est en temps réel. Et quand vous vous trouvez dans une immédiateté, vous n’avez plus de lien avec la chronologie. Le passé simple n’est donc absolument pas le temps d’Internet. De là à dire qu’Internet a tué le français ? Non. Il a pu nous amener à cette disparition, mais il ne l’a pas, à mon sens, créé.

Les outils numériques ont changé notre vision du temps. Je repense à la rencontre entre Félix de Vandenesse et Madame de Mortsauf dans le Lys dans la Vallée. Vous avez une progression des descriptions, une analyse des sentiments et des lieux. Donc une profondeur. Tout cela a quelque peu été tué par la vidéo et l’image, qui concentrent plusieurs dimensions en une.

Celle des professeurs ?
Non. Il faut arrêter de penser que nos enseignants et professeurs sont responsables de tout. Le passé simple se perd d’abord dans les familles avant de se perdre à l’école. La mère comme le père peuvent très bien conter des histoires à leurs enfants.

Que faire alors pour sauver notre conjugaison ?
Il faut faire aimer la langue. Créer des cours de théâtre et remettre des poètes dans nos écoles. On a trop tendance à oublier que la langue est non seulement un chant mais physique. Aristote disait, une langue c’est de l’ethos, du logos et du pathos. Il y a une dimension sensible dans nos discours.

Nous avons de nos jours trop de techniciens qui commentent et décortiquent la langue. Il faut réinjecter du ressenti, de la chair. C’est pour cela que ce n’est pas tant la responsabilité de nos professeurs qui est en jeu, que celle d’une société.

Alice Develey
Le Figaro

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