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Patrice Charton : l'un des derniers ciriers de France dans la Sarthe

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Patrimoine : Métiers
Richesses du patrimoine de France : métiers rares et artisanaux, métiers d’art, activités pittoresques et/ou insolites
Patrice Charton : l’un des derniers
ciriers de France dans la Sarthe
(Source : France 3 Pays de la Loire)
Publié / Mis à jour le mardi 26 décembre 2017, par LA RÉDACTION
 
 
 
À 57 ans, Patrice Charton est l’un des dix derniers artisans ciriers de France. Il a repris l’atelier de son père, et ne connaît pas la crise, malgré la concurrence des bougies industrielles

Sur le tourniquet appartenant à son grand-père, Patrice Charton accroche 60 mèches de coton qu’il plonge minutieusement dans un bain de cire. Cet artisan cirier, l’un des derniers de France, fabrique bougies et cierges à l’ancienne et son carnet de commandes ne désemplit pas à l’approche des fêtes de fin d’année.

« Je dors pas beaucoup, 3-4 heures », confie le cirier qui, dans son atelier de Vion (Sarthe), ne sait plus où donner de la tête. « Quand je suis en forme, je peux faire 1 500 voire 1 800 bougies par jour », raconte l’artisan de 57 ans. Il s’interrompt pour aller chercher avec sa brouette des copeaux de bois dans son garage pour alimenter sa vielle chaudière qui chauffe à 70 degrés les cuves de cire par un système de vapeur d’eau.

Pour confectionner cierges de dévotion, de Pâques ou bougies parfumées, « la technique est la même depuis 100 ans », explique M. Charton. « Je tends chaque mèche de coton tressé, 480 ficelles, sur le manège à cierge que je plonge dans des bains successifs de cire. Je laisse ensuite refroidir », détaille l’artisan. Il répètera son geste une quinzaine de fois pour un simple cierge de 14 millimètres de diamètre. « La cire se dépose millimètre par millimètre » et épaissit la bougie. Avec une broche en bois, l’artisan perce le cierge pour permettre la pose sur les pics des brûloirs des églises.

« Les outils sont rudimentaires, ce qui compte c’est le savoir-faire », transmis par son père et avant lui son grand-père. « Il utilisait du suif de porc, vous vous imaginez les odeurs dans l’atelier ! Maintenant on se sert de la paraffine, un dérivé du pétrole ». Il apprend le métier de cirier à 18 ans, « lorsque mon père s’est blessé à un match de foot. J’ai dû l’aider à l’atelier puis cela me plaisait alors je suis resté », raconte M. Charton.

Un cierge de 23 kg
« À l’époque de mon grand-père, il y avait un cirier dans chaque bourg mais l’électricité et le changement des habitudes religieuses ont mis fin au métier », poursuit-il. À sa connaissance, ils sont une dizaine d’artisans ciriers en France. Et son affaire ne connaît pas la crise malgré la concurrence des bougies industrielles. « J’ai ma clientèle, beaucoup de religieux ». Son pic de production intervient lors de la période de Noël et pour Pâques c’est « la folie ».

Dans son petit atelier où il est en t-shirt toute l’année, cohabitant avec sa chaudière, ses cuves de cire et sa table de découpe, le téléphone ne cesse de sonner. Au bout du fil, une commande de dernière minute de l’église de la commune pour une Couronne de l’Avent. Une nouvelle page de son bloc-notes s’intercale sur une étagère déjà bien garnie.

De la fabrication de la bougie, à la facturation, jusqu’à la livraison, Patrice Charton s’occupe de tout. Il passe des heures seul dans son atelier. Un fond de musique vient accompagner ses journées. « L’année dernière j’ai fabriqué un cierge d’autel à base de cire d’abeille pour La Communauté Saint-Martin à Evron (Mayenne) d’1m30 de hauteur et 140 mm de diamètre. 23 kilos la bête. Il m’a fallu une semaine de travail ».

Ses fabrications à partir de cire naturelle d’abeille est sa « plus-value ». L’abbaye de Solesmes (Sarthe), l’un de ses plus gros clients, mais également des particuliers sont demandeurs. Le cirier vend ses bougies au kilo, il faut compter 60 euros pour 2 kg. Il s’adapte à la demande et fabrique « des bougies parfumées à base d’essences naturelles, réalise de la sérigraphie, des photophores... »

Mais malgré « sa bonne situation », l’avenir de son entreprise n’est pas assuré. L’une de ses filles travaille dans le service qualité d’une entreprise et la seconde poursuit des études de langue. « Je ne vois pas mes filles reprendre l’affaire quand elles voient le temps que j’y passe », concède l’artisan. À deux ans de la retraite, Patrice Charton ne compte pas éteindre la flamme aussitôt et garde l’espoir « de transmettre son métier ».

France 3 Pays de la Loire
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