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Un étrange dinosaure « nageur » au cou de cygne et aux griffes de raptor

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L’Histoire fait l’Actu
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Dinosaure (Un étrange) « nageur »
au cou de cygne
et aux griffes de raptor
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le vendredi 8 décembre 2017, par LA RÉDACTION
 
 
 
Halszkaraptor escuilliei est le premier dinosaure semi-amphibie jamais découvert. Son étude à Grenoble sous les rayons X du synchrotron européen ESRF a révélé son physique étonnant.

C’est un tel mélange de caractéristiques propres à différents dinosaures théropodes (carnivores qui marchent sur deux pattes), aux oiseaux et aux reptiles, que les chercheurs ont tout d’abord eu tendance à y voir un faux. Il ressemble à un oiseau (mais n’a jamais volé), possède un cou de cygne, une tête de canard, des bras en forme de nageoires, une « griffe tueuse » au pied en forme de faucille comme les Velociraptors, mais aussi des caractéristiques de reptiles... En bref du jamais vu, qui a fait dire aux chercheurs « qu’il ressemblait à un extraterrestre ».

Découvert dans le désert de Gobi, en Mongolie, le squelette du petit prédateur, baptisé Halszkaraptor escuilliei est complet et remarquablement préservé, en dépit de ses 75 millions d’années. Il mesurait environ 1m20 et devait avoir 2-3 ans, donc, sans être juvénile, n’avait pas atteint sa taille adulte. Encore partiellement enchâssé dans un bloc de roche, il vient de se mettre à nu grâce aux examens aux rayonsX menés au synchrotron européen de Grenoble (ESRF). Une reproduction en trois dimensions a pu être réalisée. Et beaucoup d’éléments non visibles, comme ses dents, ont pu être examinés (travaux publiés dans la revue Nature).

« En collaboration avec les chercheurs qui avaient mené la première étude de ce fossile, nous avons mobilisé toute l’équipe de paléontologues de l’ESRF pour imager puis étudier l’anatomie complète de Halzka », explique Paul Tafforeau, l’un des paléontologues de l’ESRF. « C’est le spécimen pour lequel le plus grand nombre d’expériences, une dizaine en 6 mois, ont été faites sur un seul fossile ».

Halszkaraptor escuilliei : premier dinosaure semi-amphibie jamais découvert
Halszkaraptor escuilliei : premier dinosaure semi-amphibie jamais découvert

Après avoir été volé, il a subi quelques transformations mineures, avec quelques endroits consolidés avec du plâtre. Mais l’ensemble est bien d’un seul tenant. Non seulement le fossile n’est pas un faux, mais il appartient à une nouvelle espèce, un nouveau genre et une nouvelle famille. « Oui, c’est vrai que la première fois que je l’ai examiné, je me suis interrogé sur son authenticité », reconnaît Andrea Cau, paléontologue au musée géologique Giovanni Capelini à Bologne (Italie), premier signataire des travaux. « Il possède une mosaïque étrange de caractères qui rendent sa place dans les classifications traditionnelles difficile à déterminer ».

Capable de courir sur terre
Il faut dire qu’il représente le premier dinosaure semi-amphibie. Il était capable de se déplacer sur terre et dans l’eau. « Il était sans nul doute capable de courir très efficacement sur terre, contrairement au canard », note Paul Tafforeau. « Il courrait à la façon d’une autruche, en se tenant assez droit ». Il pouvait aussi se déplacer dans l’eau, comme les pingouins (à ne pas confondre avec les manchots), en utilisant son long cou pour chercher de la nourriture ou pour pêcher en embuscade en le détendant rapidement pour attraper un poisson.

« L’analyse a démontré que de nombreuses dents, dont aucun n’est visible à l’extérieur, sont toujours présentes dans les mâchoires », note Vincent Beyrand, de l’ESRF. « Nous avons également identifié un système neuro-vasculaire à l’intérieur du museau, qui ressemble beaucoup à celui des crocodiles modernes. Ce qui suggère que Halszka était un prédateur aquatique ».

Et pour la suite ? « Des transformations sont en cours sur nos installations », se réjouit Paul Tafforeau. « Nous pourrons très vite analyser des pièces beaucoup plus grosses. Avec Halszka, le bloc fossile fait environ 60 cm sur 25. Nous étions à notre limite ».

Un fossile à l’histoire mouvementée
Pascal Godefroit, Paul Tafforeau et Andrea Cau examinent le fossile d’Halszkaraptor.
Le nom de Halszkaraptor escuilliei a été composé avec « Halszka », en mémoire de Halszka Osmólska (1930-2008), paléontologue polonaise spécialiste des fossiles de Mongolie qui a décrit la première espèce d’halszkaraptorine ; « raptor » est le latin pour « voleur » et désigne le groupe de dinosaure auquel il appartient. Et « escuilliei » fait référence à François Escuillié, un paléontologue français. « Le nom d’espèce est dédié à François Escuillié, pour son rôle dans la première reconnaissance de l’importance de ce fossile et pour ses efforts pour le retour du fossile en Mongolie », a expliqué Khishigjav Tsogtbaatar de l’Institut de Paléontologie et de Géologie d’Oulan-Bator, l’un des signataires des travaux.

Le fossile d’Halszka avait été volé par des pilleurs de fossiles, très actifs dans le désert de Gobi, ossements que l’on retrouve par exemple sur E-Bay. Repéré dans des collections privées en Europe par le paléontologue François Escuillié, directeur d’Eldonia, une société française privée spécialisée dans la paléontologie (vente de fossiles et de reproductions), il avait été racheté puis offert aux scientifiques mongols, avec l’aide de Pascal Godefroit, paléontologue de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Jean-Luc Nothias
Le Figaro

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