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7 octobre 1847 : mort du minéralogiste Alexandre Brongniart, précurseur de la paléontologie - Histoire de France et Patrimoine


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7 octobre 1847 : mort du minéralogiste
Alexandre Brongniart,
précurseur de la paléontologie
(D’après « Mémoires de l’Académie des sciences de l’Institut
de France » paru en 1877 et « Notice biographique
sur Alexandre Brongniart » lue à la séance du 19 mars 1860
de la Société géologique de France)
Publié / Mis à jour le jeudi 28 septembre 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Zoologiste, minéralogiste et géologue montrant le premier comment l’ordre de superposition des terrains et leur âge relatif sont définis par les restes des animaux contemporains à leur formation, Alexandre Brongniart, qui devint à 30 ans directeur de la manufacture de Sèvres, fut avec Cuvier un précurseur de la paléontologie

Originaire de l’Artois, où elle jouissait d’une situation notable dès le XVe siècle, la famille Brongniart, depuis près de deux cents ans, était fixée à Paris, où d’anciennes alliances l’avaient rattachée à celle de Fourcroy. Théodore Brongniart, père du géologue Alexandre et architecte éminent, a laissé, parmi de nombreuses créations, deux monuments populaires : la Bourse, qu’il a construite sur ses propres plans, et le grand cimetière de l’Est, dont il a dessiné toutes les dispositions.

On ne s’étonnera pas qu’il eût désiré avoir son fils pour successeur, mais un goût passionné emportait celui-ci vers la culture des sciences ; rien ne put l’en détourner. Né à Paris le 5 février 1770, Alexandre Brongniart reçut, dès sa première jeunesse, comme un aliment généreux, l’impression forte et durable du succès sans égal de la chimie de Lavoisier. Les maîtres hésitaient à déclarer leur conversion à cette doctrine admirable, lorsque le jeune Brongniart, à peine âgé de 16 ans, s’employait avec ardeur à la propager.

Dans une dépendance de l’appartement que son père, alors architecte de l’hôtel des Invalides, y occupait en cette qualité, il avait organisé une salle de cours. Un jour, Lavoisier, depuis longtemps en relation avec la famille du professeur improvisé, trouvant les portes ouvertes, vint s’asseoir modestement parmi les élèves. Exposées avec conviction par la voix de la jeunesse, ses opinions étaient applaudies avec chaleur par des disciples qui, n’ayant rien à oublier, en acceptaient toutes les clartés. Peut-être comprit-il en ce moment, mieux qu’au milieu de ses confrères, toujours troublés ou incertains que, si l’ancienne chimie n’était pas encore vaincue, l’avenir appartenait à la nouvelle. Il vint avec grâce complimenter le jeune Brongniart, confus de sa témérité, mais heureux d’avoir ignoré qu’il en exposait les lois devant leur immortel créateur.

Buste d'Alexandre Brongniart enfant (1777), par Jean-Antoine Houdon (1741-1828)
Buste d’Alexandre Brongniart enfant (1777), par Jean-Antoine Houdon (1741-1828)

Il entra à l’École des mines en 1788, et servit de préparateur à son oncle qui professait la chimie au Jardin des Plantes. Aussi, lorsque toute la jeunesse française fut appelée à la défense de la patrie, Alexandre put être attaché à l’armée des Pyrénées en qualité de pharmacien. Ce séjour devait se terminer par une dangereuse aventure.

Brongniart s’était rencontré à Bagnères avec un botaniste célèbre, Broussonet, de l’École de Montpellier, dont le mûrier à papier (Broussonetia papyrifera) rappelle le nom. De nombreuses courses dans les Pyrénées françaises leur avaient appris combien il avaient à gagner à mettre leur savoir en commun. Un jour, après avoir obtenu la permission de dépasser les derniers postes français, les deux naturalistes, accompagnés d’un guide, pénètrent dans le cirque de Gavarnie, non loin de la brèche de Roland. On était en juillet 1794, en plein régime de la Terreur. En face des grandes beautés de la nature, il était permis à un jeune homme de vingt ans d’oublier pour un moment les passions et les malheurs de l’époque ; le réveil fut prompt. Peu à peu, Broussonet s’avança du côté de la frontière espagnole, et, malgré les appels répétés de son camarade, convaincu qu’il s’égarait, il la dépassa et disparut.

Mêlé aux affaires politiques du temps, Broussonet, tenté par l’occasion, venait d’échapper, en émigrant, au danger qui le menaçait. Mais il laissait Brongniart, militaire en activité, sous le coup d’une accusation terrible alors, comme complice de son émigration. N’ayant aucune explication à donner de la disparition du compagnon de promenade dont le nom figurait sur le sauf-conduit qui leur avait été accordé, Brongniart fut arrêté sur-le-champ et traîné jusqu’à Pau, non sans péril extrême à travers des populations surexcitées, en attendant le jugement qui devait le conduire à l’échafaud. Le district, sans tenir compte des droits du conseil de guerre, mit le guide au cachot et fit arrêter le commandant du bataillon qui gardait la frontière. Porté à la connaissance du Comité de salut public, cet excès de pouvoir n’aurait pas suffi pour assurer une décision favorable à Brongniart, et son sort n’eût pas été douteux, si la chute de Robespierre (27 juillet 1794) n’eût amené sa délivrance.

Notre confrère avait voulu faire ses adieux aux Pyrénées par cette excursion à Gavarnie qui s’était si mal terminée ; la commission des poids et mesures le rappelait à Paris. En même temps, par les soins de Coquebert de Montbret, qui devait plus tard lui donner un plus grand témoignage de son estime, il était attaché, à titre d’ingénieur, à l’agence des mines. Il visitait bientôt les montagnes de la Provence, les Alpes du Dauphiné, de la Savoie et de la Suisse, enrichissant ses collections, déjà fort appréciées, et multipliant des remarques qui devaient lui inspirer une découverte dont l’éclat et l’utilité, loin de s’affaiblir, augmentent avec les années. Il se trouvait désigné de la sorte, au moment de la création des écoles centrales, pour prendre place, comme professeur d’histoire naturelle, à l’école des Quatre-Nations.

Le grand nombre d’observations qu’il avait recueillies autour de Paris et dans ses voyages, leur variété, leur précision, l’ordre et la méthode qu’il introduisait dans toutes les parties de son enseignement, dont personne mieux que lui n’a possédé le vaste ensemble, avaient produit sur ses jeunes élèves une impression profonde. Il put jusqu’à la fin de sa vie recueillir les plus touchants témoignages du souvenir qu’ils en avaient conservé.

Le gouvernement consulaire, qui avait établi un système complet d’instruction publique, avait reconnu la nécessité d’obtenir pour l’enseignement des sciences naturelles des ouvrages élémentaires qui fissent connaître le véritable état de ces sciences, et i eut le bon esprit de charger de ce travail les hommes les plus capables de s’en acquitter. La minéralogie fut confié à Brongniart.

Par ailleurs, la classification des reptiles recevait alors une forme nouvelle d’une de ses inspirations. Le mémoire où il l’exposa plus tard révèle l’instinct sûr des principes de la méthode naturelle et le sentiment profond des rapports de structure qui unissent les êtres d’un même groupe. Fondée, pour le savant, sur l’anatomie et la physiologie, sa division se traduisait pour le vulgaire par une nomenclature rappelant avec bonheur les types populaires des quatre ordres les chéloniens ou tortues ; les sauriens ou lézards ; les ophidiens ou serpents ; les batraciens ; tous ces noms sont restés.

Alexandre Brongniart était dès cette époque un savant bien connu, et, quoiqu’il eût poursuivi des recherches dans toutes les branches de l’histoire de la nature, l’étude des animaux l’avait surtout occupé. Ses amis n’apprirent donc pas sans quelque surprise la nomination de Geoffroy Saint-Hilaire comme professeur de zoologie au Jardin des Plantes. Étienne Geoffroy, plus jeune que lui, était attaché à l’enseignement de la minéralogie, et rien n’annonçait à quel rang devait s’élever le futur promoteur de la philosophie anatomique. Leur affection réciproque n’en fut point troublée.

Cette amitié s’était cimentée dans les réunions familières d’une Société qui, pendant les années d’orage, avait remplacé l’Académie et consolé les jeunes savants, la Société philomathique, dont Alexandre Brongniart ne voulut jamais se séparer. C’est également là que s’établirent les premiers liens destinés à se transformer en une longue et étroite collaboration, entre l’Aristote moderne, Georges Cuvier, et Alexandre Brongniart. Leurs caractères se convenaient ; leurs opinions scientifiques étaient les mêmes ; l’étendue de leur savoir embrassait la nature dans son ensemble tous les procédés de recherche leur étaient familiers.

Géographie minéralogique des environs de Paris, par Georges Cuvier et Alexandre Brongniart
Géographie minéralogique des environs de Paris, par Georges Cuvier et Alexandre Brongniart

Préparés à diriger leur attention et leur volonté vers un grand objet, ils étaient sûrs qu’en présence de faits bien coordonnés, leur imagination en apercevrait toutes les conséquences et que leur raison saurait se maintenir dans les limites du vrai. Ils entraient donc, libres d’esprit, dans l’étude de la formation de l’écorce du globe ; ils n’avaient à faire prévaloir ni l’un ni l’autre aucune de ces vastes hypothèses que la théorie de la terre avait eu le don d’engendrer jusqu’alors.

Les contacts, ainsi établis, devaient amener une réforme considérable, une révolution même dans l’étude de la géologie. Tandis qu’un savant allemand célèbre, Blumenbach, professait que la date du dépôt des fossiles ne dépassait pas celle de l’apparition de l’homme sur la terre, Georges Cuvier et Alexandre Brongniart préparaient l’étonnante révélation qui autorisait à faire remonter l’origine de la vie jusque dans les profondeurs des siècles, tandis que la présence des restes de l’homme semblait ne se manifester que dans les terrains les plus récents. Les périodes nébuleuses, entre lesquelles le célèbre professeur de l’Université de Grottingue divisait, a priori, sa chronologie tellurique, s’évanouissaient en face des clartés pratiques de la méthode fondée sur l’observation pure, inaugurée, en 1808, par Cuvier et Brongniart, dans leur célèbre mémoire sur la « géographie minéralogique des environs de Paris » qui marque une date dans l’histoire de l’esprit humain et parut dans le Journal des mines.

L’ouvrage des Cuvier et Brongniart peut être considéré, au point de vue de la géologie, comme l’ouvrage le plus capital du XIXe siècle, puisqu’il contient le premier germe de la révolution que connut cette science, c’est-à-dire qui a appliqué la paléontologie à l’étude de l’écorce du globe terrestre.

Chacun des deux amis avait contribué pour sa part dans ce travail, et, si Cuvier avait reconnu le premier que les animaux des temps anciens n’étaient pas de même espèce que ceux de temps actuels, Brongniart avait découvert de son côté que tous les terrains de sédiments n’avaient point été formés dans la mer, mais qu’une partie avait été déposée dans l’eau douce. Il avait fait voir également que le sol de Paris se composait d’assises alternatives de terrains marins et de terrains d’eau douce, découverte qui exerça une grande influence en faveur des théories relatives aux oscillations du sol. Brongniart s’attacha ensuite à donner plus de développement à ce premier travail, et il publia en 1810 un mémoire détaillé Sur les terrains d’eau douce, ainsi qu’une édition de la Géographie minéralogique des environs de Paris, contenant l’indication des fossiles particuliers à chaque assise d’un sol dont on n’avait pas apprécié jusqu’alors toute l’importance scientifique.

De telles nouveautés, devenues aujourd’hui des vérités élémentaires, suscitèrent à leur apparition des objections, des doutes, des critiques de tout genre, qui ne furent point épargnées à Brongniart. Il y répondit par des démonstrations de plus en plus incontestables : voulant étendre l’application de ses principes sur une plus vaste échelle, il parcourut presque toute l’Europe, et les résultats principaux de cette longue série de voyages furent consignés dans des mémoires spéciaux, ainsi que dans la troisième édition de l’Essai qui prenait le titre de Description géologique des environs de Paris. C’est dans ces diverses publications qu’il démontra, à l’aide de la paléontologie et au grand étonnement du monde savant, que les hautes cimes des Alpes n’appartenaient pas exclusivement aux terrains anciens, mais qu’il y en avait du même âge que des dépôts que Werner rangeait dans ses terrains d’alluvion.

Alexandre Brongniart avait déjà parcouru tant de pays et comparé tant de dépôts fossiles que, lorsqu’il devint nécessaire de résoudre la question, il n’hésita pas. Tandis qu’on inclinait à considérer la nature des roches comme le caractère le plus propre à régler la chronologie géologique, il soutint le contraire. Des roches de nature très diverse, disait-il, peuvent se former dans le même moment, sur divers points du globe. Ne voit-on pas se produire à la fois, autour du Vésuve des laves, au fond des eaux des calcaires, près du Geyser des concrétions siliceuses ? Ces formations minérales, absolument différentes, ne viennent-elles pas recouvrir ou envelopper, cependant, des restes. organiques identiques appartenant tous à un type commun, celui du temps présent ? La nature des roches dépend d’un accident local, celle des fossiles représente l’état général de la vie dans de vastes régions, sinon sur le globe entier.

Pour manier avec sûreté ces idées nouvelles et pour en faire une application digne de confiance, il fallait joindre, à une connaissance profonde du sol, un sentiment délicat de la méthode naturelle qui préside au classement des êtres organisés. Alexandre Brongniart, également doué des deux côtés, avait eu tant d’erreurs à redresser qu’il reconnut la nécessité de former une école. S’il eût été chargé de l’enseignement de la géologie, il eût fait de sa chaire un centre de propagande pour les vues qu’il apportait à la philosophie naturelle. Professeur de minéralogie, il n’avait sous ce rapport aucune influence à exercer ; il tourna la difficulté.

Directeur de la manufacture de Sèvres depuis 1800 — dix ans plus tôt, à la suite d’un voyage en Angleterre et cependant qu’il était alors âgé de 20 ans, il avait publié l’Art de l’émailleur —, le seul jour qu’il se crût permis de dérober à ses travaux, le dimanche fut consacré à la science. Si, le soir, son salon offrait à tous les esprits d’élite un centre recherché, dès le matin, son cabinet était ouvert à quiconque voulait se livrer sérieusement à l’étude. Les maîtres ou plutôt tous les contemporains venaient communiquer les résultats de leurs observations. Une discussion amicale sur leur interprétation s’élevait-elle, la réponse apparaissait bientôt dans quelque pièce anatomique, dans quelque suite géologique, dans quelque variété minéralogique, sur lesquelles, grâce à un ordre admirable, Alexandre Brongniart mettait la main sans hésiter. D’un coup d’œil, roches fossiles, minéraux, tout était reconnu, et la localité précise d’où provenait la récolte était indiquée.

Alexandre Brongniart. Gravure publiée en 1870 dans Les Merveilles de l'industrie (par Louis Figuier)
Alexandre Brongniart. Gravure publiée en 1870
dans Les Merveilles de l’industrie (par Louis Figuier)

Au moment où la publication de la carte géologique de la France fut décidée, Élie de Beaumont et Dufrénoy devinrent les hôtes assidus d’une maison, asile de la science, que, par une heureuse coïncidence, habitaient, à la fois, trois amis : Coquebert de Montbret, promoteur de l’entreprise ; Brochant de Villiers, leur chef officiel, familier avec les anciennes méthodes de Werner pour l’étude des terrains primitifs ou intermédiaires ; Brongniart, leur guide officieux prêt à les diriger dans les sentiers nouveaux de l’étude des terrains de sédiment.

Pendant quarante années consacrées à cet enseignement pratique, Brongniart eut la satisfaction de diriger les géologues dans leurs explorations et de dire le dernier mot sur les résultats qu’ils croyaient en avoir recueillis. Plein de feu, devant une vérité mise en lumière ; plein de mansuétude, devant une erreur à redresser, sa pensée active ne laissait échapper aucun détail, sa parole vibrante animait tout son entourage, et lorsque, mis en présence d’une question douteuse ou d’informations d’un caractère indécis, il était amené à faire intervenir son jugement si droit et son instinct si sûr, les esprits les plus rebelles étaient forcés de s’incliner avec déférence devant l’oracle qu’ils étaient venus interroger.

C’est par ces leçons familières qu’Alexandre Brongniart exerça sur le mouvement de la science l’influence permanente qui a créé la stratigraphie, base de la géologie. La théorie de la terre entrait ainsi, pour toujours, dans la phase de l’observation positive, et la France ajoutait un fleuron de plus à sa couronne scientifique.

La situation d’Alexandre Brongniart à la manufacture de Sèvres se rattache à la science, par son origine comme par ses résultats. Pendant le voyage qu’il avait fait en Angleterre, dans sa jeunesse, il avait suivi avec curiosité les opérations à peine connues de l’art de l’émailleur et il en fit le sujet d’une notice qui fut publiée à son retour : ce travail, qui n’avait rien de commun avec l’histoire naturelle, objet unique alors de ses prédilections, eut sur sa carrière une influence décisive.

La manufacture de porcelaine de Sèvres, gouvernée par un comité, était tombée dans un grand désordre, auquel le premier consul voulut porter remède en confiant sa direction à un chef unique, capable de relever ce bel établissement de ses ruines. Obéissant à une inspiration heureuse, Berthollet lui présenta, en 1800, Alexandre Brongniart comme préparé mieux que personne à remplir cette mission. Ses études scientifiques, ses connaissances techniques et les rapports habituels de sa famille avec tous les grands artistes de l’époque semblaient le désigner, en effet. Brongniart accepta ce titre ; il avait besoin d’assurer son existence ; il venait de se marier avec la fille d’un membre libre de cette Académie, M. Coquebert de Montbret, savant distingué, qui attachait bientôt son nom, comme représentant de la France à Londres, au célèbre traité de la paix d’Amiens.

Sous son administration active et prévoyante, grâce à l’intervention régulière de la méthode scientifique dans tous les détails de ses travaux, la manufacture de Sèvres, qu’il dirigea pendant près d’un demi-siècle, prit le premier rang. La blancheur de ses pâtes, le glacé de ses couvertes, la perfection de ses formes, la légèreté de ses pièces de service, les grandes dimensions de ses pièces décoratives, la beauté de ses couleurs, lui assuraient dans le monde une suprématie incontestée.

C’est également en appliquant les principes de la méthode scientifique qu’Alexandre Brongniart conçut la pensée et poursuivit la création du musée céramique, devenu bientôt populaire. Réunir les poteries de toute sorte, les argiles qui leur donnent naissance, les modèles des appareils et des fours employés à leur manipulation ou à leur cuisson, emprunter à tous les pays et à tous les âges les types de cette industrie, si profondément liée au mouvement et au progrès de la civilisation, telle fut la conception première de la fondation du musée céramique, image sensible de l’union étroite de la science, de l’industrie, de l’art et de l’histoire.

De ses nombreux voyages en France, en Angleterre, en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Suède, en Norvège, entrepris pour étudier les points signalés à son attention par les progrès de la géologie, Alexandre Brongniart revenait les mains pleines des dons que sa réputation européenne avait valus au musée céramique. Marins, diplomates, voyageurs, industriels, chacun apportait son tribut. À mesure que l’importance de cette collection s’accroissait, la liste civile lui assurait le concours des personnes qu’elle chargeait de missions spéciales. Brongniart fut assez heureux pour terminer, au milieu des matériaux réunis pendant quarante années, son Traité classique des arts céramiques et pour le publier lui-même.

Peu de temps après, il était enlevé à la science, le7 octobre 1847, vaincu par une maladie dont il avait prévu l’issue funeste, mais à laquelle avaient résisté, jusqu’à la dernière heure, son ardeur pour l’étude, son admiration pour les beautés de la nature, l’austérité de ses habitudes stoïques et ses tendresses prévoyantes pour une famille étroitement unie, dont il était l’âme. Sa compagne vénérée, qui, après un demi-siècle de bonheur commun et de confiante affection, devait être conservée pendant quelques années encore à l’affection des siens et au respect de tous, avait répandu une douceur infinie sur l’intérieur patriarcal dont elle était le plus grand charme par la bonté de son cœur, la solidité de son esprit, l’étendue de ses lumières, et l’ineffable dignité de sa vie.




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