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26 mars 1814 : mort de Joseph Guillotin, médecin et inventeur de la guillotine - Histoire de France et Patrimoine


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26 mars 1814 : mort de Joseph Guillotin,
médecin et inventeur de la guillotine
(D’après « Biographie universelle ancienne
et moderne » (Tome 18) édition de 1857, « Biographie universelle
ou Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom
par leur génie, leurs talents, leurs vertus, leurs erreurs
ou leurs crimes » (Tome 10) édition de 1833 et « Dictionnaire universel
et classique d’histoire et de géographie » (Tome 2) édition de 1853)
Publié / Mis à jour le jeudi 16 mars 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Appelé à l’Assemblée constituante, Guillotin s’y fera remarquer par la sagesse de ses vues et la modération de ses principes, s’attachant notamment à faire décréter l’égalité des peines et à recommander la recherche d’un supplice prompt et uniforme

Habile médecin, Joseph-Ignace Guillotin naquit le 28 mai 1738 à Saintes. Après avoir achevé ses humanités, il composa, pour obtenir le degré de maître ès arts, à l’université de Bordeaux, une thèse qui produisit une vive sensation ; les jésuites s’empressèrent d’attacher à leur ordre un jeune homme chez lequel ils remarquaient, à la fois, les qualités les plus brillantes et les plus solides de l’esprit.

Guillotin fut nommé professeur au collège des Irlandais à Bordeaux. Mais son amour naturel pour l’indépendance lui fit quitter, au bout de quelques années, l’état religieux ; il vint à Paris, afin d’y étudier la médecine, pour laquelle il se sentait de la vocation. Bientôt on le remarqua comme l’un des disciples les plus distingués du célèbre Antoine Petit, le plus habile professeur de son temps. Guillotin, qu’enflammait le désir de s’instruire, réunit un certain nombre de ses condisciples les plus studieux, et forma une société dont l’objet était de se rendre compte, mutuellement, de ce que chacun avait retenu de la leçon du maître ; il s’élevait ensuite des discussions utiles, soit sur le texte du professeur, soit sur des sujets qu’on mettait en question.

Joseph-Ignace Guillotin
Joseph-Ignace Guillotin

Après être devenu docteur d’abord de la faculté de médecine de Reims, Guillotin remporta, dans un concours solennel, le prix que décernait celle de Paris, et acquit, par de longues et brillantes épreuves, le titre de docteur-régent de cette dernière faculté. Dès lors ses talents le placèrent, dans l’opinion du public, parmi les premiers médecins de la capitale.

Lorsque le fameux Mesmer apporta parmi nous la doctrine du magnétisme animal, Louis XVI, ayant chargé une commission d’en faire l’examen, choisit pour la composer les savants les plus distingués par le talent et la probité, tels que Franklin et Bailly. Guillotin eut l’honneur de faire partie de la commission royale, et ce fut lui qui contribua le plus à discréditer la théorie nouvelle de cet étranger, en imaginant diverses épreuves au moyen desquelles la doctrine du mesmérisme put être appréciée. Cependant les orages politiques s’amoncelaient sur la France ; le roi avait ordonné la convocation des états généraux du royaume ; à la cour comme à la ville s’agitait la question de savoir comment cette assemblée des états devait être organisée, et le roi avait invité les hommes éclairés à publier leurs idées sur cette organisation.

Guillotin, né avec une âme ardente, animé de ce patriotisme qui, à cette époque, échauffait tous les esprits, composa le 8 décembre 1788 un écrit qui, par la hardiesse des principes et par l’éloquence du style, fit une vive sensation ; cet écrit avait pour titre : Pétition des citoyens domiciliés de Paris, etc. L’on y demandait entre autres choses que la représentation du tiers état fût au moins en nombre égal à celle des deux autres ordres privilégiés pris ensemble. Plusieurs idées avancées par l’auteur au sujet du tiers état, parurent répréhensibles au parlement. Guillotin fut mandé à la barre, pour y rendre compte de sa conduite ; l’issue de cette affaire lui fut favorable, et le peuple attroupé le ramena en triomphe.

Bientôt il fut choisi par le tiers état de Paris pour être l’un des électeurs qui devaient désigner les membres des états généraux ; l’assemblée électorale le nomma son secrétaire, puis elle l’élut député. Guillotin se conduisit avec modération dans l’assemblée nationale ; il s’y occupa de divers objets d’utilité publique, entre autres : d’un code criminel en six articles qu’il proposa le 9 octobre 1789 et dont l’objet principal était d’infliger les mêmes peines aux coupables, quels que fussent leur rang et leur état ; lors de la séance du 1er décembre 1789, de faire établir que le plus grand châtiment serait la décollation ; du plan d’organisation de la médecine.

Il prit en outre part aux résolutions les plus remarquables de cette assemblée devenue constituante. Lorsqu’elle eut décidé que les crimes étaient personnels, Guillotin proposa de substituer la décapitation aux autres supplices, se fondant sur ce que, dans l’opinion des Français, ce genre de mort n’était point infamant pour la famille du condamné.

La proposition fut accueillie ; son auteur indiqua une machine connue depuis le XVIe siècle comme propre à donner la mort sans causer de douleurs au patient, et déjà connue dans d’autres parties de l’Europe, notamment en Italie et en Angleterre, ou encore dans le midi de la France. On lui donnait alors le nom de maiden (la jeune fille, la vierge), et on en trouve le dessin dans les gravures des anciennes chroniques allemandes.

Les honnêtes gens applaudirent alors aux motifs d’humanité qui avaient dicté au député philanthrope le choix de cet instrument qui fut adopté par l’Assemblée constituante en 1791. Malheureusement pour Guillotin, on donna son nom à la machine dont il n’était point l’inventeur et qu’il n’avait fait qu’indiquer.

L’on s’étonne que Guillotin n’ait point sollicité de l’autorité la permission de quitter un nom qui désormais lui devait être insupportable. Comme le docteur Antoine Louis, son secrétaire de l’Académie des sciences, avait, avec un mécanicien nommé Schmidt, apporté à l’instrument primitif quelques modifications, par exemple l’inclinaison du couteau, on lui avait déjà donné le nom de petite Louison, mais celui de guillotine prévalut.

Une guillotine du XVIe siècle. Gravure du temps
Une « guillotine » du XVIe siècle. Gravure du temps

La machine ainsi mise au point fut employée pour la première fois le 25 avril 1792. Cet instrument devint une parure : on en portait en or aux doigts ou aux oreilles ; il devint même un meuble de table, et les volailles n’étaient découpées qu’après avoir subi la décollation aux applaudissements de tous les convives.

Guillotin, enfermé sous la Terreur, ne recouvra la liberté qu’après le 9 thermidor — marquant la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794. Après avoir terminé sa carrière politique, Guillotin reprit les fonctions de médecin, que, pour son repos, il n’eût peut-être jamais dû quitter. Il jouit jusqu’à ses derniers moments de l’estime de tous ceux qui le connaissaient. Son amour pour son art lui suggéra l’idée de l’association médicale qui existe encore à Paris sous le nom d’Académie de médecine, et il y réunit ses anciens confrères de la faculté de Paris et d’autres docteurs dignes de leur être associés. Il mourut le 26 mai 1814, âgé de près de 76 ans.




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