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La Trinité, plus vieille épave française d'Amérique, retrouvée - Histoire de France et Patrimoine


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La Trinité, plus vieille épave française
d’Amérique, retrouvée au large
de cap Canaveral
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le samedi 3 décembre 2016, par LA RÉDACTION

 
 
 
En sommeil dans les eaux de cap Canaveral depuis 1565, l’épave du navire de Jean Ribault a été découverte par une société privée. L’ambassade de France fait valoir ses droits sur ce trésor.

Trois lourds canons de bronze, immergés en eaux peu profondes, sommeillaient devant cap Canaveral, en Floride, depuis quatre siècles et demi. Oubliés parmi les milliers de débris de lanceurs spatiaux de la Nasa accumulés au fil des années dans ce coin paisible de la Space Coast, sur le littoral atlantique du Sunshine State. La surprise a dû être grande, pour les chercheurs de trésor de la firme Global Marine Exploration (GME), lorsque leurs regards ont été attirés par des vestiges beaucoup plus anciens, ornés d’une majestueuse fleur de lys.

La nouvelle, parvenue aux oreilles d’une poignée de diplomates et archéologues français, a enflammé les imaginations. Pourrait-il s’agir de la plus vieille épave française dans le Nouveau Monde, La Trinité, un gréement de 32 canons affrété par le corsaire dieppois Jean Ribault, mandaté en 1562 par l’amiral Gaspard de Coligny pour fonder la Floride française au nom du jeune roi Charles IX ? Le 12 septembre 1565, le vaisseau amiral de Ribault, gentilhomme huguenot, s’était échoué sur un banc de sable, tandis que les trois autres vaisseaux de sa flottille disparaissaient en haute mer, fracassés par un de ces violents nor’easter (ouragans) dont la Floride est coutumière. Traqués par les troupes de l’amiral espagnol Pedro Menéndez de Avilés, instruit par le roi Philippe II de « tuer les hérétiques », les naufragés majoritairement protestants furent égorgés, à quelques exceptions près, sur l’embouchure d’une rivière ultérieurement baptisée Matanzas (« massacres », en espagnol). C’en était fini des prétentions françaises en Floride, définitivement abandonnée à la couronne catholique d’Espagne.

Exploration des côtes de la Floride française par l'expédition de Ribault et Laudonnière
Exploration des côtes de la Floride française par l’expédition de Ribault et Laudonnière.
Illustration de Jacques Le Moyne de Morgues

Éminemment tragique, l’odyssée de Jean Ribault rejoint l’histoire très largement oubliée des tentatives de colonisation française au sud du Nouveau Monde. Ribault et ses 600 hommes venaient renforcer l’implantation de Fort Caroline — là où se trouve aujourd’hui Jacksonville, en Floride — de trois ans plus ancienne que la première implantation permanente outre-Atlantique, le peuplement espagnol de Saint Augustine.

Mue par ces considérations, l’ambassade de France a rapidement fait valoir ses droits sur le site, à l’emplacement non publiquement divulgué par GME et son fondateur, Bobby Pritchett. Redoutant de tout perdre, après avoir investi des millions de dollars, Pritchett a alors changé son fusil d’épaule, arguant que, tout compte fait, ce ne pouvait être La Trinité, « mais plutôt un navire marchand espagnol ou anglais » : la seule chance pour lui d’échapper au champ d’application de la loi de 2004 dite « Sunken Military Craft Act » (SMCA) reconnaissant la souveraineté d’un pays sur ses anciens navires de guerre et de réclamer le droit d’« exploiter » ce site sous-marin.

Face à la requête déposée devant un tribunal d’Orlando, un vent de panique a soufflé sur les autorités consulaires françaises, déterminées à stopper cette procédure. Le ministère des Affaires étrangères a donné son feu vert à la dernière minute pour que la France s’attache les services du meilleur avocat américain en la matière, James Goold, de Covington & Burling.

Pour le vaisseau fantôme de cap Canaveral, s’il s’agit bien de La Trinité, les archives de la BNF « indiquent clairement que ces navires appartenaient au roi, donc navires de guerre, et constituent l’une des empreintes les plus anciennes et les plus importantes de l’histoire des contacts de la France avec le Nouveau Monde », atteste l’archéologue franco-américain John de Bry, du Center for Historical Archeology de Melbourne Beach (Floride). Ce qui de jure invalide toute réclamation de nature commerciale et privée sur le site.

« Il est inconcevable de laisser un tel site livré à des plongeurs amateurs, mus par l’appât du gain, avec le saccage qui pourrait en résulter, martèle Michel L’Hour, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du ministère de la Culture. Il semble qu’ils aient déjà déplacé des artefacts et cratérisé le site au blaster (ventilateur sous-marin, NDLR). »

Enthousiasmé par les canons, « d’époque François Ier et Henri II » ainsi qu’une étonnante colonnade en marbre que Ribault aurait dû employer pour revendiquer de nouveaux territoires au nom du roi de France, Michel L’Hour appelle de ses vœux l’organisation d’une campagne de fouilles méticuleuse, « sans se presser, afin de dresser un relevé complet de l’environnement du site ».

L'Antilope, gélasse anglaise du XVIe siècle donnant une idée de ce à quoi ressemblait La Trinité de Jean Ribault
L’Antilope, gélasse anglaise du XVIe siècle donnant une idée de ce à quoi ressemblait
La Trinité de Jean Ribault. Illustration : The Anthony Roll of Henry VIII’s Navy

La France, comme dans le cas de La Belle « n’exigerait pas le retour des collections », suggère-t-il, offrant en contrepartie son expertise et un partenariat actif pour le sauvetage et la mise en valeur de ces précieuses reliques. La Belle, échouée en 1686 en baie de Matagorda (Texas) et vaisseau de l’explorateur français Robert-René Cavelier de La Salle, fut exhumée en 1995. Un accord a été signé en 2003 entre les États-Unis et la France qui règle la question des droits de propriété sur l’épave : celle-ci reste juridiquement propriété de la France et les États-Unis se voient reconnaître une licence d’exploitation des vestiges, du navire et de sa cargaison, pendant 99 ans, à des fins de recherche historique.

« C’est un événement extraordinaire, déclare, tout sourire, Chuck Meide, archéologue à Saint Augustine. À Jacksonville, dont je suis originaire, Jean Ribault est très célèbre. Depuis l’enfance, mon imagination a été bercée par les récits de sa lutte avec Menéndez. Cette découverte est un rêve devenu réalité ! La France et les États-Unis ont un peu oublié ce pan de leur histoire commune, mais pas les habitants de Floride, qui reconnaissent volontiers leurs racines tout autant françaises qu’espagnoles ! »

En attendant, ce sont les garde-côtes (USCG), cerbères de cap Canaveral, qui veillent sur le trésor immergé. « Les autorités militaires ont été notifiées de la nécessité de jeter un oeil sur une portion de mer bien précise », glisse John de Bry, soulagé. Le temps qu’Américains et Français volent au secours de la flotte perdue de Jean Ribault et rendent enfin les honneurs aux pionniers oubliés du Nouveau Monde.

Maurin Picard
Le Figaro




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