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18 octobre 1534 : affaire des Placards

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18 octobre 1534 : affaire des Placards
(D’après « Annales historiques de la France »
par Philippe Le Bas (Tome 1) paru en 1840
et « La France et la Réforme : 250 ans d’histoire
du protestantisme » paru en 2006)
Publié / Mis à jour le mercredi 18 octobre 2017, par LA RÉDACTION
 
 
 
L’épisode de l’affaire des Placards est une polémique provoquée par l’affichage clandestin d’un texte antipapiste au sein de la capitale et de plusieurs villes de province, entraînant la fin de la politique de conciliation que le roi François Ier menait en faveur des partisans de la Réforme

Les réformateurs s’en tinrent dans un premier temps à des attaques contre les mœurs du clergé ; les Colloquia d’Érasme, tirés à vingt-quatre mille exemplaires, furent épuisés rapidement. Les psaumes, traduits par Marot, furent bientôt chantés sur des airs de romances par les gentilshommes et les dames, tandis que l’ordonnance en vertu de laquelle les lois devaient être désormais rédigées en français mettait tout le monde à même de connaître et de discuter les matières politiques.

La cour de Marguerite de Navarre, sœur du roi, et celle de la duchesse de Ferrare, Renée de France, étaient le rendez-vous de tous les partisans des nouvelles opinions. Marot et Calvin se rencontraient à Nérac. François Ier avait d’abord vu sans inquiétude ce mouvement des esprits. Il avait protégé, contre le clergé, les premiers protestants de France (1523-1524). Cependant, depuis son retour de Madrid, il était plus sévère. En 1527 et 1534, la fermentation des nouvelles doctrines s’était manifestée par des outrages aux images saintes, et c’est dans ce contexte qu’éclata l’affaire des Placards.

Détail d'un des placards d'octobre 1534 contre la messe
Détail d’un des placards d’octobre 1534 contre la messe

On appelait à ce moment-là « placard » les affiches. Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, des partisans de la Réforme collèrent dans les rues parisiennes certaines d’entre elles qui étaient très provocatrices. Elles s’en prenaient surtout à la messe catholique, et cette affaire produisit une volte-face de François ler.

Un de ces placards avait été apposé sur la porte même de la chambre du Roi : on ne savait pas qui avait commandité l’opération, et on pensa que c’était la main d’un ennemi qui avait fait cela à la Cour. On conçoit l’indignation de François Ier, sur l’ordre duquel des poursuites s’engagèrent immédiatement contre les réformés. Il n’y eut plus qu’un cri : MORT AUX HÉRÉTIQUES ! De tout coté, ce furent condamnations et exécutions sans pitié.

L’opposition catholique profita de cet événement pour déclencher une mobilisation générale. Les suspicions tombèrent même sur l’entourage du roi, et l’on disait : « S’il veut extirper l’hérésie, qu’il commence par sa propre cour et par ses propres parents ». Ces expressions désignaient très clairement Marguerite de Navarre, la soeur du roi, qui protégeait, de notoriété publique, les réformateurs.

Sommée de comparaître à Paris, elle n’hésita pas un instant à s’y rendre, confiante dans l’intégrité de ses intentions, dans l’affection que lui portait le roi, son frère. Pour la première fois peut-être de sa vie, elle trouva au palais du Louvres un accueil sévère et glacial. Son frère l’accabla de reproches à cause des maux que l’hérésie qu’elle encourageait amenait dans tout le royaume de France. Marguerite contint ses larmes et tint tête avec calme mais fermement aux arguments avancés. Elle osa même insinuer que ces calamités étaient dues bien plutôt à l’intolérance et au fanatisme des adversaires de l’évangile. François se radoucit et consentit à révoquer la sentence prononcée contre trois prédicateurs réformés. Peu après et par prudence, elle repartit pour Neyrac, dans ses États du sud-ouest de la France.

Mais bientôt, les supplices ordinaires ne suffirent plus à assouvir la soif de vengeance du clergé, qui exigea qu’on ajoutât le spectacle d’une grande procession publique en présence d’une foule immense qui remplit les rues de Paris tandis que des milliers de spectateurs occupaient jusqu’aux toits des maisons. Par les portes largement ouvertes de Notre-Dame, la cathédrale, on vit sortir un cortège majestueux comprenant tous les plus hauts dignitaires de l’Église. On portait en tête les corps et les reliques de tous les martyrs conservés dans les églises de Paris, celles même de la Sainte-Chapelle, qui n’avaient pas été exposées depuis la mort de saint Louis.

« Il y avait, dit Bouchet, grand nombre de cardinaux, évêques, abbés et autres prélats, et tous les collèges séculiers de Paris, en bon ordre. Après eux venait Jean du Bellay, évêque de Paris, portant en ses mains le saint sacrement ; puis le roi marchait après le sacre, la tête nue, tenant une torche de cire vierge à la main ; et après lui marchaient la reine, messieurs les princes, les deux cents gentilshommes, toute sa garde, la cour du parlement, les maîtres des requêtes, et toute la justice. »

Les ambassadeurs de Charles-Quint [empereur du Saint-Empire romain germanique], de Henri VIII [roi d’Angleterre, ceux de Venise et plusieurs autres assistaient à la cérémonie. La procession parcourut lentement les principaux quartiers de la ville. On avait préparé d’avance, dans les six plus grandes places, un reposoir pour le saint sacrement, un échafaud et un bûcher « où furent très cruellement brûlés vifs, rapporte le théologien protestant Théodore de Bèze, six personnages, avec merveilleuses huées du peuple, tellement ému, que peu s’en fallut qu’il ne les arrachât des mains des bourreaux pour les déchirer ; mais si sa fureur était grande, la constance des martyrs fut encore plus grande. »

Persécution des protestants durant le règne de François Ier, en 1534. Gravure sur cuivre de Matthäus Merian l'Ancien (1593–1650)
Persécution des protestants durant le règne de François Ier, en 1534
Gravure sur cuivre de Matthäus Merian l’Ancien (1593–1650)

Le roi avait ordonné que ces malheureux fussent liés à une machine élevée : c’était une salive placée en balançoire, qui, en s’abaissant, les plongeait dans la flamme du bûcher, mais qui se relevait aussitôt pour prolonger leur supplice, jusqu’à ce que la flamme gagnant enfin les cordes qui les liaient, ils tombassent au milieu du bûcher. On attendait, pour faire jouer cette effroyable balançoire, que le roi fût arrivé, afin qu’il vît le moment où le malheureux tomberait dans les flammes. En effet, à chaque station, le roi se mettait à genoux ; et, humblement prosterné, il implorait sur son peuple la miséricorde divine, jusqu’à ce que la victime eût péri dans d’atroces douleurs.

Le 29 janvier 1535, François Ier fit publier un édit « pour l’extirpation et extermination de la secte luthérienne, et autres hérésies (...) dont les sectateurs et imitateurs se sont rendus fugitifs. (...) Pourquoi, statuons et ordonnons, par édit perpétuel et irrévocable, que tous ceux et celles qui ont recélé ou recèleront par-ci après sciemment lesdits sectateurs, pour empêcher qu’ils ne fussent pris et appréhendés par justice (...)seront punis de telle et semblable peine que lesdits sectateurs ; sinon que d’eux-mêmes et par leur diligence, ils amenassent et représentassent à justice iceux sectateurs (...) et outre avons aussi ordonné que tous ceux et celles qui révèleront et dénonceront à justice aucuns desdits délinquants, soit des principaux sectateurs, ou de leurs recélateurs (...) auront la quarte partie des confiscations et amendes sur ce adjugées. »

Depuis la publication de cet édit, les persécutions continuèrent dans toutes les parties de la France, non point d’une manière uniforme et régulière, mais avec des alternatives d’acharnement et de tolérance, qui ne contribuèrent qu’à augmenter le nombre des protestants. De favorable à la Réforme, le roi en était devenu ennemi décidé, y entraînant tout le royaume à sa suite. La France fut en effet dès lors livrée pendant vingt-cinq ans à des accès de violence, préfigurant les sanglantes guerres de Religion qui débuteront en 1562.

 
 
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