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Histoire faune et flore : le plus ancien oranger de France

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Faune, Flore
Arbres célèbres, vertus des plantes, croyances liées aux animaux. Faune et flore vues par nos ancêtres. Balade au coeur des règnes animal et végétal
Oranger de France (Le plus ancien)
semé par Eléonore de Castille
(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1857)
Publié / Mis à jour le mercredi 23 janvier 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
Semé en 1421, l’oranger successivement appelé le Grand-Connétable, le François Ier et enfin le Grand-Bourbon, est certainement le premier arbre de cette espèce qui ait été introduit en France, et a sa légende qui, lorsqu’on cherche à l’approfondir, offre dans ses commencements quelques points obscurs et douteux

Ainsi ce serait en 1421 qu’une reine de Navarre, ayant mangé une bigarade, sorte de petite orange d’une saveur acide et amère, aurait trouvé tant de goût à ce fruit, rare alors dans le nord de l’Espagne, qu’elle aurait semé dans un pot les cinq pépins qui en provenaient. Mais en 1421, le roi de Navarre Charles III, dit le Noble, était veuf depuis cinq ans de sa femme Eléonore de Castille, et ce n’est qu’après sa mort, en 1425, que sa fille Blanche lui succéda.

Quoiqu’il en soit, les semences levèrent et furent cultivées à Pampelune, alors capitale du royaume de Navarre, jusqu’en 1499. A cette époque, Catherine de Foix, arrière-petite fille de Blanche et héritière du royaume de Navarre, envoya en présent à Anne de Bretagne, sa cousine germaine, à l’époque de son mariage avec le roi Louis XII, une caisse contenant cinq orangers, comme objets rares et précieux, et en indiquant leur origine ; ce furent les premiers qui entrèrent en France.

Le Grand-Connétable à l'Orangerie de Versailles. Dessin d'après nature par FreemanLe Grand-Connétable à l'Orangerie de Versailles. Dessin d'après nature par Freeman
Le Grand-Connétable à l’Orangerie
de Versailles. Dessin d’après nature par Freeman

Comment cette caisse devint ensuite la propriété du connétable de Bourbon, c’est ce que la tradition omet de dire ; mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle se trouvait au château de Chantelle en Bourbonnais, lorsqu’il fut rasé après que le connétable eut quitté la France pour se donner à Charles-Quint. Dans l’inventaire des biens confisqués au connétable figure un oranger sur cinq branches venant de Pampelune. Ces cinq branches étaient cinq pieds primitifs qui s’étaient soudés en se greffant par approches.

A partir de ce moment, l’histoire de notre arbre devient certaine. Transporté en 1532 à Fontainebleau, dont François Ier disait « que si on lui faisoit présent ou qu’il pût recouvrer quelque chose rare, c’étoit pour son Fontainebleau », il y prit le nom de son nouveau possesseur.

Louis XIV, passionné pour Versailles, comme François Ier l’avait été pour Fontainebleau, avait fait enlever de ce dernier palais des grands maîtres italiens qui y étaient rassemblés depuis un siècle, pour les transporter dans sa résidence favorite ; le célèbre oranger eut le même sort, et l’orangerie de Versailles, construite par Mansart, était à peine terminée qu’on y apportait, en 1687, les plus beaux orangers de Fontainebleau, « du nombre desquels, dit le Mercure galant, étoit l’oranger nommé le Bourbon qu’on dit avoir environ cinq cents ans. » Le Mercure exagérait encore la légende. Car en admettant la date de 1421, cet arbre n’avait alors que 266 ans d’existence.

Conservé depuis cette époque dans l’orangerie de Versailles, ce bel arbre, qui appartient en effet à l’espèce des bigaradiers, est au milieu du XIXe siècle non seulement le plus âgé et le plus grand parmi les orangers de la superbe collection de Versailles, mais il est alors encore le plus vigoureux, le mieux portant et le plus fertile.

Poiteau rapporte, dans son Histoire naturelle des orangers, qu’en 1818 on avait cueilli dessus une immense quantité de fleurs, et que l’année suivante il était chargé de plus de mille fruits. Sa hauteur est de 7m20 y compris la caisse, et sa tête a 16m50 de circonférence ; il aurait un bien plus grand développement, si les portiques de l’orangerie par où on le sort au printemps et par où on le rentre à l’automne étaient assez grands. Sa tige, extraordinairement courte et de forme triangulaire, se divise, presque en sortant de terre, en trois bras, dont deux se subdivisent bientôt et forment en tout cinq grosses branches, qui s’élèvent en s’éloignant les unes des autres et constituent, par leurs nombreuses ramifications, la tête de l’arbre.

Note : l’existence de cet oranger s’acheva en 1894.

 
 
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