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Histoire faune et flore : préjugés sur l'ourse, la longévité du cerf, la corne de licorne - Histoire de France et Patrimoine


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Faune, Flore

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Préjugés d’autrefois : l’ourse et
ses petits, longévité du cerf,
corne de licorne
(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1842)
Publié / Mis à jour le mercredi 31 octobre 2018, par LA RÉDACTION

 

L’OURSE ET SES PETITS
C’était une opinion de l’Antiquité, que c’est en les léchant que la femelle de l’ours donne à ses petits la forme qu’ils doivent avoir. Cette opinion s’est conservée, et elle est même devenue proverbiale parmi nous : c’est en ce sens que l’on dit d’un homme mal tourné que c’est un ours mal léché.

Quelque étrange que soit cette idée, elle est consignée comme une vérité d’expérience dans Pline, dans Solin, dans Elien ; Aristote lui-même ne s’en est pas éloigné. On la trouve aussi dans les poètes, où elle semble moins déplacée. « Ce qu’enfante l’ourse, dit Ovide, n’est pas un petit, mais une chair mal vivante que la mère façonne en membres en la léchant, et qu’elle amène ainsi à la forme qu’elle désire. »

Solin cherche à expliquer le fait en l’attribuant à ce que la gestation de l’ourse ne dure que peu de temps. « La délivrance de l’ourse, dit-il, arrive au trentième jour : il résulte de cette fécondité précipitée que ses petits demeurent informes. » Aristote affirme aussi que l’ourse ne porte que trente jours.

Mais c’est une erreur ajoutée à une autre ; car il est certain que la portée de l’ourse dure, non pas un mois, comme le veulent ces naturalistes, mais quatre mois au moins. Cette opinion singulière préoccupa les savants de la Renaissance. Elle leur paraissait déranger les plans de la nature. En effet, prise à la lettre, elle est visiblement absurde : aussi n’eurent-ils pas de peine à s’assurer de sa fausseté.

« Dans la vallée d’Anania, près de Trente, dit Matthiole dans ses Commentaires sur Dioscoride, nous ouvrîmes le ventre d’une ourse que les chasseurs avaient prise, et j’y trouvai des petits, non informes, comme se l’imaginent ceux qui se fient plus à Aristote ou à Pline qu’à l’expérience ou au témoignage de leurs sens, mais ayant tous leurs membres distinctement formés. »

Aldrovande rapporte que l’on conservait dans le Cabinet du sénat de Bologne un ours à l’état de foetus, et que toutes ses parties étaient déjà développées. Buffon me paraît avoir touché la véritable source de cette erreur : il la rapporte simplement à la lourdeur de l’ours, qui paraît encore plus disgracieuse dans les jeunes que dans les adultes.

« Les femelles, dit-il, combattent et s’exposent à tout pour sauver leurs petits, qui ne sont point informes en naissant, comme l’ont dit les Anciens, et qui, lorsqu’ils sont nés, croissent à peu près aussi vite que les autres animaux. Ils sont parfaitement formés dans le sein de leur mère, et si les foetus ou les jeunes oursons ont paru informes au premier coup d’oeil, c’est que l’ours adulte l’est lui-même par la masse, la grosseur et la disproportion des membres ; et l’on sait que dans toutes les espèces le foetus ou le petit nouveau-né est plus disproportionné que l’animal adulte. »

LONGÉVITÉ DU CERF
La longévité du cerf est un sentiment qui a pris naissance dès la plus haute Antiquité. On le voit par Aristote, qui cherche déjà à le réfuter, et par de fort bonnes raisons, c’est-à-dire par la proportion qui doit exister entre la durée de la vie de cet animal et celle de sa gestation et de son accroissement. Le plus ancien témoignage qui ait servi de recommandation à cette erreur est un texte d’Hésiode.

Ce texte, qui n’est pas très clair, et sur lequel les commentateurs se sont souvent exercés, revient à dire, à ce qu’il semble : la vie de l’homme dure quatre-vingt-seize ans, celle de la corneille est neuf fois plus longue, celle du cerf quatre fois plus longue que celle de la corneille, et celle du corbeau trois fois plus longue que celle du cerf. Il résulterait de ce compte que la vie du cerf serait de trois mille quatre cent cinquante-six ans.


Mais suivant une autre interprétation, qui se trouve consignée dans Plutarque, il faudrait simplement conclure de ce passage que le cerf vit trente-six ans, ce qui est en effet à peu près la vérité. Pline, ordinairement si disposé à accepter le merveilleux, s’est aussi inscrit contre la déclaration d’Hésiode telle qu’elle se comprend dans son sens apparent. « Hésiode, dit-il, qui le premier a parlé de la longévité du cerf, a fabuleusement attribué à la corneille neuf fois la vie de l’homme, qu cerf le quadruple de la vie de celle-ci, au corbeau le triple du cerf, et au phénix ainsi qu’aux nymphes quelque chose de plus fabuleux encore. »

Mais le sentiment des auteurs a eu bien de la peine à prévaloir sur celui du peuple ; d’ailleurs on peut dire que bien des auteurs se sont faits peuple à cet égard, et ont contribué à accréditer l’erreur. On a aussi de tout temps débité à ce sujet des contes qui semblaient donner au préjugé la confirmation de l’expérience.

Pline rapporte qu’un cerf à qui Alexandre lui-même avait attaché un collier fut repris vivant et vigoureux un siècle après la mort de ce prince. On dit aussi que sous le règne de Charles VI, on prit, dans le forêt de Senlis, un cerf qui portait un collier avec cette inscription : Caesar me hoc donavit (César m’a fait ce don). Ce cerf, si l’histoire est vraie, pouvait fort bien venir d’Allemagne, où les empereurs avaient gardé le nom de César. Mais l’explication en eût été trop simple, et il parut pplus beau de rapporter cet animal à Jules César, et d’en faire un témoin de la conquête des Gaules. « Comme le cerf est cinq ou six ans à croître, dit Buffon, il vit aussi sept fois cinq ou six ans, c’est-à-dire trente-cinq ou quarante ans. Ce que l’on a débité sur la longue vie des cerfs n’est appuyé sur aucun fondement ; ce n’est qu’un préjugé populaire qui régnait dès le temps d’Aristote, et ce philosophe dit avec raison que cela ne lui paraît pas vraisemblable. »

SUR LA CORNE DE LICORNE
Nous ne dirons que quelques mots de la corne de licorne, qui a joui pendant longtemps d’une immense réputation dans la médecine populaire : il faudrait en effet, pour traiter convenablement cette question, entrer dans la discussion de l’existence de la licorne, ce qui à soi seul ferait le sujet d’un article.

Disons seulement qu’il est possible qu’il y ait en effet, en Afrique, quelque espèce d’antilope à une corne, ou plutôt à deux cornes solidement soudées en une seule, dont les Anciens aient eu connaissance et que nous ne nous soyons point encore procurée. Disons aussi que plusieurs espèces différentes, définies par ce caractère de n’avoir qu’une seule corne comme le rhinocéros, ou même qu’une seule grande dent comme la licorne marine, ont été réunies sous le même nom et ont jeté parmi les savants de la confusion.

Quoi qu’il en soit, la plus ancienne autorité que l’on ait alléguée en faveur de la licorne est celle d’Elien. Il dit que les rois de l’Inde se servaient de coupes faites de cette substance, persuadés qu’elles étaient un préservatif contre le poison et diverses maladies. Il n’est nullement probable qu’il s’agisse dans ce passage de l’animal que le Moyen Age s’est figuré sous le nom de licorne. Néanmoins c’est de là surtout que l’on est parti pour faire de cette substance, à défaut de l’or potable, le remède universel.

C’est un point sur lequel le charlatanisme a longtemps joué. Il est singulier de voir combien il s’est débité chez nos pères de poussière de cette corne merveilleuse, quand l’animal qui la porte est encore à trouver.

« Puisque les descriptions des animaux à qui nous attribuons cette corne, dit avec sagesse un médecin du dernier siècle, varient tellement qu’on dirait que deux personnes n’ont jamais vu cet animal ; puisque, quand les descriptions seraient toutes conformes, il paraît néanmoins que la corne si vantée aujourd’hui n’est pas la même que celle des Anciens ; puisque les cornes qu’on donne parmi nous pour cornes de licornes ne sont pas d’un seul, mais de différents animaux ; puisqu’un grand nombre de celles qu’on montre avec ostentation ne sont pas même de véritables cornes ; puisque, en accordant que c’en soient, on peut encore douter de leur vertu ; enfin puisqu’en convenant de quelques-unes de ses vertus nous sommes pourtant en droit d’en rejeter la plupart, il est démontré, si je ne me trompe, que c’est à tort que l’on se fierait à ce remède. »




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