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À Chartres, le surprenant sarcophage d'un bébé mérovingien

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L’Histoire fait l’Actu
Quand Histoire et Patrimoine font la une, s’invitent dans notre quotidien et deviennent un sujet d’actualité. Le passé au cœur de l’actu.
Sarcophage (Le surprenant) d’un
bébé mérovingien découvert à Chartres
(Source : Le Point)
Publié / Mis à jour le mercredi 27 avril 2016, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le 12 avril, les archéologues de la ville d’Eure-et-Loir ont mis au jour une rare sépulture de nourrisson, parfaitement scellée depuis le VIe siècle

Dans la nef de l’église Saint-Martin-au-Val de Chartres, en Eure-et-Loir, celle-là même où repose saint Lubin, le premier évêque de la ville, des archéologues viennent de faire une découverte aussi intéressante qu’émouvante.

Sous le bâtiment datant du XIe siècle, lui-même construit sur les ruines d’un vaste sanctuaire d’époque gallo-romaine, l’équipe du service archéologique de la ville, emmenée par Bruno Bazin, a mis au jour un tout petit sarcophage de calcaire blanc, encore parfaitement scellé, remontant à l’époque mérovingienne, du nom de la première dynastie, fondée par Clovis, qui régna sur la France entre le Ve et le VIIIe siècle. La sépulture inviolée d’un bébé retrouvée au milieu d’une nécropole dont la plupart des sarcophages d’adultes avaient été pillés depuis longtemps.

Un bébé où on ne l’attendait pas
« Avant même de l’ouvrir, nous savions qu’il s’agissait de la tombe d’un tout petit enfant et que la matière organique serait extrêmement bien préservée à l’intérieur. Le couvercle était intact, le sarcophage ne présentait pas de fissure et il était visiblement encore parfaitement scellé », raconte Émilie Portat, l’archéo-anthropologue du groupe. « Son ouverture est un moment qui nous a tous émus, pas seulement parce qu’il s’agissait d’un bébé, mais par la simple idée que ce que l’on trouverait à l’intérieur serait tel qu’il était le jour de ses funérailles, il y a environ 1 500 ans. »

Sarcophage d'enfant mérovingien découvert à Chartres, encore scellé
Sarcophage d’enfant mérovingien découvert à Chartres, encore scellé

Dans le sarcophage, le petit squelette est bien là, sur une mince couche de dépôt marron foncé, et avec autour de lui des objets précieux que les archéologues appellent du mobilier. « D’après la mesure des os longs et une première étude des dents, nous pensons que l’enfant avait entre 4 et 8 mois », indique Émilie Portat. « Or la présence d’un enfant si jeune dans une telle nécropole construite pour asseoir le pouvoir et le prestige d’une élite locale mérovingienne ne va pas du tout de soi », ajoute-t-elle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les spécialistes ne savent que très peu de choses des rites funéraires des enfants à cette période.

Éclairer le rite funéraire des enfants...
Tout ce que les archéologues ont trouvé et trouveront dans ce petit sarcophage permettra donc de combler ce vide. D’abord, le mobilier de la tombe : « Le bébé, qui n’était manifestement pas n’importe qui, portait un petit bracelet en métal au poignet gauche, pas un bijou d’emprunt, mais quelque chose de fait spécialement pour lui, à sa taille. Ensuite, déposées au niveau de son épaule droite, nous avons retrouvé de grosses billes d’ambre, peut-être parce qu’elles sont réputées protéger de certains maux. D’environ trois centimètres de diamètre, elles ne sont pas vraiment rondes, elles présentent des facettes et sont percées. Des études ultérieures devraient nous permettre de savoir si elles étaient initialement reliées. Enfin, vers sa tête, il y avait un ensemble composé de deux éléments en perles de pâte de verre liées entre elles par du fil de cuivre, un peu comme des boucles d’oreille pour adulte, mais reliées par un élément fait de métal et de ficelle ou de tissu. » Des éléments qui doivent encore faire l’objet d’une étude plus approfondie.

...et les intentions des adultes
« Par ailleurs, nous avons également beaucoup de matière organique préservée pour déterminer, par exemple, si l’enfant avait sous lui un petit matelas ou une petite litière, s’il avait des langes, s’il était habillé. De nombreux restes d’insectes, confiés à un entomologiste, permettront quant à eux de dire si le corps a fait l’objet d’une exposition, comme cela se faisait à l’époque pour les défunts adultes de ces élites, ou bien encore à quelle saison les funérailles ont eu lieu », explique Émilie Portat. « Tout ceci, ainsi que l’étude du squelette lui-même, va nous donner non seulement des indications sur l’enfant, sur son alimentation, sur son état de santé, mais également sur les intentions des vivants et sur ce qu’ils ont voulu transmettre au travers du rite funéraire réservé à ce tout-petit. »

Les premiers résultats sont attendus pour la fin de l’année, voire peut-être un peu plus tôt pour ce qui est de la datation au carbone 14 destinée à confirmer que la sépulture date bien du VIe siècle, comme le pensent les archéologues de la ville.

Chloé Durand-Parenti
Le Point

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