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2 décembre 1804 : sacre de l'Empereur Napoléon à Notre-Dame de Paris

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2 décembre 1804 : sacre de l’Empereur
Napoléon à Notre-Dame de Paris
(D’après « Histoire de Napoléon et de l’Empire » (par L. Vivien), paru en 1822)
Publié / Mis à jour le mercredi 2 décembre 2015, par LA RÉDACTION
 

Napoléon avait voulu que son élévation au trône impérial fût soumise à la sanction du peuple, comme l’avait été sa double nomination à la dignité consulaire et au consulat à vie ; le résultat des votes ne fut connu que vers la fin novembre 1804, six mois après la promulgation de l’acte constitutif de l’Empire. Le 1erdécembre, une députation du Sénat vint présenter à l’Empereur le résultat du vote national. Sur 3 574 898 votants, 3 572 329 avaient adhéré à l’initiative des grands corps de l’État. Le consulat à vie avait rencontré 9 374 opposants ; l’empire n’en trouvait que 2 569.

Portraits de Napoléon Ier et Joséphine
Portraits de Napoléon Ier et Joséphine

Napoléon répondit à la harangue de l’orateur du Sénat : « Je monte au trône où m’ont appelé les vœux unanimes du Sénat, du peuple et de l’armée, le cœur plein du sentiment des grandes destinées de ce peuple, que, du milieu des camps, j’ai le premier salué du nom de Grand. Depuis mon adolescence, mes pensées tout entières lui sont dévolues, et, je dois le dire ici, mes plaisirs et mes peines ne se composent plus aujourd’hui que du bonheur ou du malheur de mon peuple. Mes descendants conserveront longtemps le trône... Ils ne perdront jamais de vue que le mépris des lois et l’ébranlement de l’ordre social ne sont que les résultats de la faiblesse et de l’incertitude des princes. »

Ce fut le lendemain, 2 décembre, qu’eut lieu, à Notre-Dame de Paris, la cérémonie du couronnement. On avait longtemps discuté au Conseil d’État sur le lieu où serait célébrée cette consécration solennelle de la nouvelle dynastie. Les uns proposaient le Champ-de-Mars, comme l’emplacement le plus propre à recevoir la foule du peuple ; les autres l’église des Invalides, à cause des souvenirs de gloire militaire qui s’y rattachent. Napoléon repoussa ces différents avis, et fit prévaloir le choix de Notre-Dame. Ses motifs sont remarquables.

« On a songé au Champ-de-Mars par réminiscence de la fédération, dit-il ; mais les temps sont bien changés. Le peuple alors était souverain ; tout devait se faire devant lui. Gardons-nous de lui donner à penser qu’il en est toujours ainsi. Le peuple, aujourd’hui, est représenté par les pouvoirs légaux. Je ne saurais voir, d’ailleurs, le peuple de Paris, encore moins le peuple français, dans vingt ou trente mille poissardes, ou autres gens de cette espèce, qui envahiraient le Champ-de-Mars ; je n’y vois que la populace ignare et corrompue d’une grande ville. Le véritable peuple, en France, ce sont les présidents de canton et les présidents de collèges électoraux ; c’est l’armée, dans les rangs de laquelle sont des soldats de toutes les communes de France. On a parlé de l’église des Invalides : mais celle de Notre-Dame vaudra bien mieux. Elle est plus vaste ; elle a aussi ses souvenirs qui parlent davantage à l’imagination. Elle donnera à la solennité un caractère plus auguste ; elle est consacrée par la tradition pour cet usage. »

Sacre de Napoléon par le pape Pie VII
Sacre de Napoléon par le pape Pie VII

Une pompe inouïe fut déployée dans cette solennité ; tout le cérémonial en avait été réglé d’après les anciens usages. Le pape Pie VII, à la suite d’une longue négociation ouverte à ce sujet entre le cabinet impérial et Rome, était venu à Paris pour consacrer de ses mains le fondateur d’une nouvelle dynastie de rois. L’Empereur se rendit à Notre-Dame dans une voiture magnifique traînée par huit chevaux blancs ; l’Impératrice Joséphine était près de lui, avec Joseph et Louis Bonaparte. Les grands dignitaires, les grands officiers, les ministres, la maison et la cour, escortés d’un nombreux état-major, de la garde impériale et des autres corps d’élite, formaient le cortège ; le Pape, les cardinaux, le clergé, les grands corps de l’Etat l’attendaient dans l’antique cathédrale.

L’Empereur, revêtu des ornements impériaux, la couronne sur la tête et le sceptre à la main, fut reçu et harangué avec l’Impératrice au portail de l’église ; des grands-officiers portaient les autres symboles de la dignité impériale, la couronne, le sceptre, l’épée de Charlemagne, le globe impérial, le collier, l’anneau de l’Empereur. Au moment où l’Empereur et l’Impératrice pénétrèrent dans le chœur, le Pape descendit de son trône, alla à l’autel, et entonna le Veni Creator. L’Empereur se mit à genoux au pied de l’autel, ayant à ses côtés l’Impératrice ; le Pape lui fit une triple onction de l’huile sacrée sur le front et sur les deux mains, en prononçant les mots sacramentels.

Napoléon mettant la couronne présentée par le Saint-Père avec les attributs impériaux
Napoléon mettant la couronne présentée par
le Saint-Père avec les attributs impériaux

Puis, Napoléon, s’approchant des ornements impériaux que le Pape venait de bénir, prit la couronne, la posa sur sa tête, et couronna de même Joséphine qui était restée à genoux. Tous deux retournèrent s’asseoir sur leur trône, où le grand-aumônier apporta à l’Empereur le livre des Evangiles ; Napoléon assis, la couronne sur la tête et la main étendue sur le livre saint, prononça la formule de serment prescrite par la Constitution. Le chef des hérauts dit alors d’une voix forte : « Le très glorieux et très auguste Empereur Napoléon, Empereur des Français, est couronné et intronisé. Vive l’Empereur ! » Le même cri, répété par la foule des assistants, retentit alors sous les voûtes de l’édifice. Le pape entonna le Te Deum, et le cortège reprit le chemin des Tuileries, éclairé dans sa marche par un nombre immense de flambeaux et de torches.

Le peuple de Paris vit la cérémonie du sacre avec plus de curiosité que de transports : tant de spectacles extérieurs lui avaient été donnés depuis 1789 par les différents pouvoirs qui s’étaient élevés tour à tour sur les débris de la monarchie renversée, tant d’émotions fortes, tant de scènes terribles avaient rempli ces quinze années de crise révolutionnaire, que les masses blasées étaient comme mortes à l’enthousiasme pour les fêtes de cette nature. Et puis, cette rénovation des pompes monarchiques, exhumées d’un temps et d’un régime dont la génération révolutionnaire avait pendant longtemps célébré la chute, causait une sorte d’étonnement qui laissait peu de place aux démonstrations extérieures.

Mais si le sacre trouva le fond de la population presque indifférent, l’Europe en reçut une vive et profonde impression : c’était là surtout l’effet que Napoléon en avait attendu. Aux yeux des vieilles dynasties européennes, la Révolution venait de briser sans retour avec ses doctrines subversives, et la France était rentrée dans les voies régulières du régime monarchique.

 
 
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