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Bataille d'Azincourt (25 octobre 1415) il y a 600 ans : la France sinistrée avant un sursaut salvateur

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L’Histoire éclaire l’Actu
L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu
Bataille d’Azincourt (25 octobre 1415)
il y a 600 ans : la France sinistrée
avant un sursaut salvateur
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le vendredi 30 octobre 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Azincourt fut bien une défaite, l’une des plus cuisantes qui fût, une défaite qui décima la plus grande part de l’aristocratie militaire et nombre de ses élites administratives. Défaite incompréhensible de surcroît tant le rapport de force penchait en faveur des Français, nombreux, enthousiastes, bien armés, décidés à en découdre face à une petite armée anglaise épuisée par la maladie et une marche hasardeuse, composée pour l’essentiel d’archers, c’est-à-dire de soldats issus du peuple

Le sort des armes en voulut autrement. Les vaillants chevaliers français ne purent enfoncer la ligne des archers, dont les longbows faisaient merveille. Tombés enchevêtrés dans la boue des labours, ils firent de leur corps un mur impossible à franchir pour les combattants venus à leur secours. Et l’on vit Henri V, le jeune roi d’Angleterre, donner l’ordre presque incroyable d’égorger tous les prisonniers.

Au delà du hasard des circonstances, les raisons de cette « piteuse défaite » sont nombreuses : la témérité des uns contre le professionnalisme des autres, l’unicité du commandement d’un côté contre le désordre d’un état-major dépourvu de vrai chef, la « belle apertise d’armes » des chevaliers contre l’efficacité technicienne d’une infanterie paysanne ; deux façons de faire la guerre et de la penser. Mais là n’est pas l’essentiel.

Si Azincourt a autant d’importance dans notre histoire européenne (comme en a, d’une autre manière, la défaite de Waterloo, quatre siècles plus tard), c’est qu’elle a engendré deux façons de construire une nation. Du côté anglais, les choses sont connues. Les héros d’Azincourt sont toujours célébrés. Shakespeare a fait de Henri V un personnage historique majeur, presque un demi-dieu. Et quand la nation anglaise est en péril, c’est le souvenir de cette victoire quasi miraculeuse qu’on exhume, comme le fit Churchill pendant la seconde guerre mondiale lorsque Londres était accablée par les bombardements allemands. Des couleurs du drapeau britannique jusqu’au mythe du « v » de la victoire, tout rappelle la glorieuse victoire.

Bataille d'Azincourt le 25 octobre 1415
Bataille d’Azincourt le 25 octobre 1415

Du côté français, les apparences sont plus sombres, et pourtant ! Azincourt a marqué le début d’une des pires crises qu’aura connues notre pays, dans laquelle il manqua de disparaître, absorbé au sein d’une royauté anglaise. Mais il restait à ce pays sinistré un sursaut d’orgueil, une volonté de résistance qui permit la lente et inexorable reconquête des territoires perdus. A Azincourt, c’était l’élite aristocratique qui avait failli. Les princes, les ducs, les comtes, ceux qui auraient volontiers fait piétiner par leurs chevaux les soldats de la piétaille étaient morts ou prisonniers. Il ne restait pour reprendre le flambeau du combat que d’obscurs capitaines aux méthodes moins policées : des hommes comme La Hire, Xaintrailles, Ambroise de Loré ou Robert de Sarrebrück.

Il restait surtout un sentiment populaire, celui d’un petit peuple peu désireux de vivre sous le joug d’un occupant étranger. Peu importe que celui-ci fût anglais ou d’une autre nation, sa présence fit naître dans la population cette conviction qu’elle appartenait à une même entité abstraite : la France ; une allégorie que les textes patriotiques commençaient à exalter. Jusque-là, la guerre de Cent Ans avait été une guerre féodale, opposant deux dynasties. A partir de ce moment, elle devint une guerre entre deux pays, deux peuples et cela changea tout. Les « bons Français » comme les appellent les chroniques du temps surent qu’ils devaient résister. Puisque les élites étaient elles-mêmes incapables de redresser la situation, c’était au peuple lui-même de prendre les choses en main. L’épisode de Jeanne d’Arc n’est que la conséquence de cet état d’esprit, mis en évidence dans le Barrois, mais aussi en Normandie, en Beauce et sans doute ailleurs.

D’une certaine manière, cette façon de résister (une résistance qui fit de nombreux morts car la répression fut féroce) allait être un marqueur important de notre histoire nationale, jusqu’aux maquisards de la seconde guerre mondiale. Sans Azincourt, la geste nationale aurait sans doute été différente. A un moment où les élites sont de nouveau contestées pour la faiblesse de leurs résultats, l’exemple d’Azincourt pourrait être médité. Les ressorts qui permirent au pays de rebondir, après la plus humiliante de ses défaites, sont-ils encore d’actualité ?

Valérie Toureille
Le Figaro

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