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Au temps où Calais était le joyau de la couronne d’Angleterre

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Au temps où Calais était
le « joyau de la couronne d’Angleterre »
(Source : Nord Littoral)
Publié / Mis à jour le mercredi 28 mars 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Constituant une formidable tête de pont sur le continent aux mains de nos ennemis d’alors, la cité n’est redevenue française qu’en 1558. Calais a donc été sous domination anglaise pendant plus de deux siècles.

On évoque parfois de manière péjorative la période de l’ « occupation anglaise ». Les historiens médiévistes actuels tels Stéphane Curveiller soulignent à juste titre qu’il convient plutôt d’évoquer à ce propos la « présence anglaise » dans la mesure où nos voisins se sont établis de façon durable dans le Calaisis, le rebaptisant le « Pale », dans une France où l’idée de nation n’est encore qu’en germe.

L'Hôtel de Ville et le Groupe des Bourgeois de Calais
L’Hôtel de Ville et le Groupe des Bourgeois de Calais

Calais anglaise au cœur de l’histoire européenne
Quasiment tous les autochtones ont été expulsés après la reddition de 1347, le roi Edouard souhaitant peupler la cité de « purs Anglais » : les Calaisiens de l’époque n’eurent donc pas à souffrir la moindre « occupation ». Lors de la reprise de Calais par le duc de Guise en 1558, tous les Anglais vivant dans le Pale — devenu sous le roi Henri II le « Pays Reconquis » — ont dû à leur tour quitter les lieux. Entre-temps, la ville gagnait le qualificatif de « plus beau joyau de la couronne d’Angleterre » outre-Manche.

Ainsi ce qui pourrait être vu, à tort, comme une simple parenthèse dans le cadre de l’histoire de France est en réalité un épisode important dans la mémoire britannique, emblématique par certains aspects de ses relations avec le continent. Surtout, entre la fin du Moyen Age et le XVIe siècle, « Calais est propulsée à l’avant-scène de la politique européenne » comme le souligne Alain Derville dans son Histoire de Calais : « Nul qui ne la connaisse, des papes et des cardinaux, des rois et des seigneurs, des ambassadeurs, des marchands, des voyageurs, des pèlerins ».

Il serait fastidieux de dresser la liste de tous les hauts personnages, issus des quatre coins de l’Europe, venus à Calais entre 1347 et 1558, soit pour des négociations de nature politico-militaire, soit pour assister à une cérémonie officielle, soit pour le commerce, en particulier des laines, lequel se faisait dans l’hôtel des Staplers, non loin de la place d’Armes... ou plutôt de la Market Place !

Une ville vivant au rythme de l’Angleterre
Ville très protégée et dotée d’une belle garnison, on entrait dans Calais anglaise — correspondant à peu près à Calais-Nord centré sur la citadelle — par la Lantern Gate et on pouvait cheminer par la Staple Court Street (rue de la Mer), la Great Friars Street (rue Leveux), la Shewe Street (rue Royale), la Roper Lane (rue de Guise) ou la St Nicholas Street (rue de la Citadelle). Le capitaine gouverneur de Calais était un personnage en vue dans le royaume d’Angleterre, mais aucune rue de la ville actuelle ne garde la mémoire de William Beauchamp, de Giles Lord Daubeney, ou de Henry Lord Maltravers...

Le beffroi de l'Hôtel de Ville et le Groupe des Bourgeois de Calais
Le beffroi de l’Hôtel de Ville et le Groupe des Bourgeois de Calais

Calais vécut pendant 211 ans au rythme des soubresauts de la politique intérieure anglaise, marquée notamment par la sanglante guerre civile dite Guerre des Deux Roses (1450-1485), mais aussi par des conflits de nature religieuse. Quand Henry VIII fonde l’anglicanisme en rompant avec la papauté, il doit faire exécuter plusieurs de ses sujets qui à Calais avaient clamé haut et fort la suprématie de l’évêque de Rome ou qui avaient tenté d’empêcher des personnes d’assister à des prêches donnés par des réformés.

Un certain Adam Damplip fut ainsi arrêté en 1544, condamné et pendu à Calais pour refus de soumission et pour avoir fréquenté un cardinal à Rome ; son corps fut ensuite écartelé, et ses restes exposés au sommet des principales tours de la ville ! Mary Tudor, fille d’Henry VIII, rétablira ensuite la religion catholique dans son royaume, donc à Calais aussi... C’est à elle que l’on doit la célèbre phrase prononcée sur son lit d’agonie, à la suite de la perte de la ville : « si on ouvrait mon cœur, on y trouverait gravé le nom de Calais ».

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Nord Littoral

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