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Décors au théâtre : origine et temps des balbutiements

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Coutumes, Traditions
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Décors au théâtre : origine
et temps des balbutiements
(D’après « Le Journal pour tous », paru en 1914)
Publié / Mis à jour le lundi 26 février 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Croirait-on que l’engouement réel pour les décors au théâtre ne prit racine en France qu’au milieu du XVIIe siècle, palliant ainsi la trop grande propension aux tirades et aux monologues descriptifs ?

Les décors, qui jouent un si grand rôle dans les pièces théâtrales, et qui contribuent si fortement au triomphe des drames, des comédies et surtout des adaptations lyriques, ont en effet une origine encore assez « récente ». On les ignorait presque complètement jusqu’au XVIIe siècle, bien qu’ils aient été créés au XVe, d’une façon fort obscure, par un nommé Balthazar Peruzzi.

Ce n’est qu’en 1647, lors d’une représentation d’une troupe italienne qui représenta au Palais-Royal un opéra intitulé Orféo e Euridice que les décors excitèrent un enthousiasme réel. Les décors de cette pièce extraordinaire se composaient d’une succession de scènes fort curieuses. Il y avait douze changements à vue qui se succédaient de la façon suivante : 1° une ville forte assiégée et défendue ; 2° un temple entouré d’arbres ; 3° la salle du festin donné pour les noces d’Orphée ; 4° un intérieur de palais ; 5° le temple de Vénus ; 6° une forêt ; 7° le palais du Soleil ; 8° un désert affreux ; 9° les Enfers ; 10° les Champs-Élysées ; 11° un bocage sur le bord de la mer ; 12° l’Olympe et le firmament.

C’est donc depuis cette époque que la décoration théâtrale et le sentiment de l’art pictural approprié au théâtre se développèrent et prirent une extension énorme. Mais il s’en fallut que l’art des décors fût universel. Il fut tout juste européen. Nous ferons constater ce détail curieux qui montre à quel point certains peuples négligèrent l’embellissement et le prestige de la scène.

Ainsi en Chine, le décor fut longtemps complètement ignoré, les acteurs chinois se contentant d’une table et de quelques chaises sous un dais rouge. Ils jouent n’importe quelle pièce, passent de n’importe quel milieu dans n’importe quel autre en simulant le changement de résidence par un déplacement d’eux-mêmes sur la scène. C’est ainsi que, par exemple, lorsqu’ils veulent passer d’un appartement dans un autre, ils font tout bonnement semblant d’ouvrir une porte, de manier une clef et de franchir le seuil d’une nouvelle demeure.

Quand un général, nous dit un auteur à ce sujet, conduit au combat des soldats, ou le plus souvent l’unique soldat qui représente l’armée tout entière, il se tourne vers ce héros et s’écrie : « Soldats, partons pour la contrée où nous envoie l’Empereur ! » On fait le tour de la scène au son d’une musique guerrière et l’on est arrivé à destination. Alors, le général s’écrie de nouveau : « Soldats, après la longue route que vous venez de parcourir, vous devez avoir besoin de repos ; reposez-vous avant que je vous conduise à la gloire. » Lorsqu’il s’agit de représenter le siège d’une ville, trois ou quatre figurants de bonne volonté se couchent consciencieusement l’un sur l’autre ; le soldat représentant l’armée, ainsi que le général, passent dessus, et la ville est conquise.

Avant le XVIIe siècle, en France, l’absence de décors donnait une trop grande étendue aux tirades et aux monologues, et c’est ce qui faisait dire à Marmontel : « On se plaint que nos tragédies sont plus en discours qu’en action ; le peu de ressources qu’a le poète du côté du spectacle en est en partie la cause. La parole est souvent une expression faible et lente ; mais il faut bien se résoudre à faire passer par les oreilles ce qu’on ne peut offrir aux yeux. »

 
 
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