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Le fort La Latte (Côtes d'Armor) : armé pour durer

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Le fort La Latte (Côtes d’Armor) :
armé pour durer
(Source : L’Express)
Publié / Mis à jour le mardi 11 août 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Située au bout d’une pointe rocheuse de la côte d’Emeraude, en Bretagne, cette forteresse raconte 800 ans d’histoire de France. Des seigneurs médiévaux aux touristes actuels, ses remparts en ont vu de belles !

L’histoire du fort la Latte commence dans la première moitié du XIVe siècle. Son épopée convoque une flopée de rois et ducs de Bretagne ainsi que des stars comme Du Guesclin, Vauban ou Kirk Douglas, héros du film Les Vikings, qui y fut tourné en 1957.

Mais aussi un visiteur plus inattendu : Albert II de Monaco en personne. Que venait faire le prince de Grimaldi, au mois de juillet 2012, dans l’enceinte de la forteresse ? Pourquoi est-il resté deux jours dans les environs, inaugurant à Saint-Cast une plaque commémorant l’un de ses ancêtres, baptisant au cap Fréhel une exposition intitulée Les Princes de Monaco en Bretagne ? Pourquoi les Amis du passé en Pays de Matignon préparent-ils une visite sur le Rocher en octobre prochain ? Enfin, pourquoi l’AS Monaco de Christian Dalger, Rolland Courbis et Jean-Luc Ettori, championne de France de football en 1978, est-elle venue disputer un match de charité contre Saint-Brieuc sur le terrain pelé de Saint-Cast, à quelques encablures du site médiéval ?

La réponse part d’une archère du donjon pour aller se ficher dans l’histoire de la famille Gouyon Matignon, inséparable de celle du château. Au passage, la flèche fera un détour par un hôtel particulier bien connu de la rue de Varenne, à Paris.

Fort La Latte (Côtes-d'Armor)
Fort La Latte (Côtes-d’Armor)

Vers 1180, Luce de Matignon, héritière de nombreux fiefs, épouse un certain Etienne Goÿon, qui devient seigneur de Matignon. C’est un de leurs descendants qui sera à l’origine du monument. « Le fort la Latte, qui s’appelait d’abord la Roche Goÿon, a été construit pendant la guerre de succession de Bretagne par Etienne Goÿon (né avant 1323, mort en 1363), troisième du nom (et dont je descends), à la demande de Charles de Blois, un des prétendants au trône de Bretagne », détaille Mériadec de Goüyon, auteur d’une somme sur l’histoire de sa famille. Un château fort ? A l’époque, il s’agit plus précisément du « donjon d’un château de mer, construit sur un îlot à l’entrée de la baie de la Fresnaye et que le pont-levis isole de la terre », rappelle l’historien Jean-Pol Pimor.

Après le décès d’Etienne III Goüyon, son fils achève de bâtir le fort vers 1370-1380. La suite est un peu confuse à cause des allégeances à géométrie variable que les seigneurs prêtaient aux rois de France ou d’Angleterre. Toujours est-il qu’en 1379, « avec l’aide d’un capitaine de galère espagnol qui est chargé de bloquer la Rance, raconte Jean-Pol Pimor, Bertrand Du Guesclin, au service du roi de France, reprend le fort de manière assez rude, selon son expression ».

Ancêtres des Grimaldi
Deux siècles plus tard, en mai 1597, la place est attaquée par les ligueurs du duc de Mercoeur, qui causent des dégâts considérables. « La première entrée fut presque totalement détruite, indique Isabelle Joüon des Longrais ; la seconde, forcée par le feu. Les ligueurs incendièrent son châtelet. Le pignon gauche du corps du logis, étroitement relié à l’entrée, s’effondra. » Le pignon actuel de ce « logis du gouverneur » fut réédifié par Simon Garangeau, ingénieur de Vauban, sous Louis XIV, lorsque le fort fut agrandi et doté de batteries d’artillerie pour faire partie de la « ceinture de fer » gardant la France.

Un état des lieux effectué en 1797 fait état de huit canons. Celui qui est exposé actuellement est un canon naval de calibre 18. Poids du boulet : 9 kilos ; charge de poudre : 3,5 kilos ; distance moyenne : 1 000 mètres ; poids du fût : 2,1 tonnes ; poids de l’affût : 1,7 tonne ; cinq servants. Mais qu’on ne s’imagine pas une garnison se la coulant douce aux frais du Roi-Soleil. Quelques années après l’installation des batteries, Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, en tournée d’inspection, parcourt la côte.

Son rapport du 6 mai 1694 décrit un fort la Latte défendu littéralement par une équipe de « bras cassés » : « Le commandant de ce château, capitaine du régiment d’Hocquincourt, qui a servi en Hollande, est là depuis trois mois sans avoir touché un sol de ses appointements. Il a même une jambe cassée depuis dix-huit mois et il n’y a pas d’apparence qu’il guérisse. Il a mangé le peu qu’il avait, il s’est endetté et présentement il ne sait plus à quoi se prendre. Son maître canonnier est un manchot, de sorte que les deux seuls officiers de ce fort n’ont que la moitié des bras et des jambes qu’il leur faut », explique Jean-Pol Pimor.

Les Grimaldi entrent dans le tableau à cette époque. En 1715, Jacques François Léonor de Goÿon, seigneur de Matignon et donc propriétaire du château, épouse Louise Hippolyte Grimaldi, fille aînée d’Antoine Grimaldi, prince de Monaco. Faute d’héritier mâle, celui-ci a accordé son consentement à une condition : que le marié prenne le nom et les armes de sa femme. En 1731, les Gouÿon Matignon deviennent princes souverains de Monaco. Quelque artificiel que cela puisse paraître, Albert II porte toujours aujourd’hui le titre de « sire de Matignon ».

En visitant le fort la Latte, il marchait donc sur les traces de ses ancêtres. « J’étais là avec l’un de mes petits-enfants, se souvient Mériadec de Gouyon. Je n’ai pas d’anecdote, mais crois pouvoir dire que Son Altesse a été impressionnée et saisie par la magie de l’endroit. » Pour la petite histoire, c’est le père de Jacques François Léonor, Jacques III de Goüyon, qui avait racheté, en 1719, au prince de Tingry, maréchal de France, un hôtel particulier situé sur un terrain de 3 hectares attenant à la rue de Varenne, à Paris... Il le nommera fort logiquement hôtel Matignon.

Informations pratiques : http://castlelalatte.com/

Gilles Lockhart
L’Express

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