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Tradition du vin français. Origines de nos grands vins - Histoire de France et Patrimoine


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Coutumes, Traditions

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Vins (Nos grands) : origines et luttes
pour occuper la table des princes
(D’après « Revue du traditionnisme français et étranger », paru en 1910)
Publié / Mis à jour le dimanche 26 juillet 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Peu de gens connaissent les origines de nos grands vins, dont plusieurs durent, pour se faire apprécier à leur juste valeur, soutenir de véritables luttes, au nombre desquelles l’histoire retient la bataille opposant le Bourgogne au Bordeaux et faisant couler... beaucoup d’encre

Bien que, dès l’origine, les coteaux de France fussent plantés de vigne, longtemps on ne sut apprécier le vin qu’elles rendaient. C’est ainsi qu’au XIIIe siècle, un muid de bordeaux des plus fins passait pour banal, et le prix de ses deux cent cinquante litres équivalait à peine à 70 euros de notre monnaie.

Philippe-Auguste, qui était gourmand, eut, en 1214, la fantaisie d’organiser, à Paris, une exposition internationale des grands vins — la première en date. Il s’en nomma lui-même président dégustateur avec l’aide de son chapelain Rodolphe. Les vins français firent piteuse figure sur la liste des récompenses, où le chypre, vin étranger, fut classé premier et le malaga deuxième.

La France avait, pourtant, des vins renommés : ceux de Rueil, d’Argenteuil, de Suresnes, de Charlevanne (Bougival), de Mantes — qui donnait bouche franche, tête libre et belle humeur —, le vin breton, âpre, mais ne fléchissant jamais ; le vin de Brie, l’Ermitage, l’Auvernas et, principalement, le vin d’Orléans, qu’on servait à la table royale, vin réputé « gaillard et généreux ».

Mais, à la cour, on s’en lassa vite, François Ier, même, obligeait ses fournisseurs à prêter serment de ne jamais lui en servir. Il devint vin de guinguette. Mais le peuple lui fit fête. Le roi n’avait de louanges que pour les vins italiens, portugais et grecs.

Chartes IX fut féroce pour le vin. Il le détestait. Aussi donna-t-il l’ordre barbare d’arracher nombre de vignes qui, selon lui, gênaient les labours. Heureusement qu’un roi vint ensuite, ayant de tout autres idées : Henri IV. Le jurançon, le Suresnes, l’Argenteuil et l’Orbois se disputèrent ses faveurs. Lui-même poétisa :

Çà, petit page, verse à moi !
Si le sceptre est chose pensante,
Mon verre plus léger de soi,
Jamais vide ne se présente.
Ce vin n’est chrétien comme moi,
Néanmoins pas un ne blasphème
Parce qu’il n’eut oncques baptême.

Volontiers, il se faisait appeler roi de France, de Gonesse et d’Aï, c’est-à-dire, roi du bon pain et du bon vin. Louis XIII honora de même les grands crus, il ne craignit pas, sinon de les anoblir, du moins de conférer aux marchands de vin de Paris des armoiries « d’azur au navire d’argent surmonté de la bannière de France ».

C’est sous Louis XIV qu’on vit triompher, en même temps que les grands poètes et les grands philosophes, les grands crus. Non pas que le Roi-Soleil fût, au début de son règne surtout, un fin connaisseur. Il n’estimait guère qu’une affreuse boisson d’épices, l’hypocras.

Mais, un jour qu’il tomba malade – en 1705 – commença une pittoresque querelle, qui devait être acharnée, entre deux vins. A Fagon, médecin particulier du roi, un long mémoire fut adressé par un certain Guy de La Chapelle, propriétaire dans le Bordelais, qui lui vantait un cru merveilleux « fait pour la gloire du Créateur et la santé de Sa Majesté. Ce vin s’attachait étroitement aux aliments dans l’estomac et se répandait avec eux dans toutes les parties du corps, pour devenir sauf, louable et bien conditionné. »

Cinquante apostilles suivaient de toute ta noblesse bordelaise, recommandant ce vin étonnant qui allait remettre sur pied le roi. Une caisse accompagnait l’envoi. Mais, exactement le même jour, un gros moine accourait de Beaune, de l’hospice de Saint-Vivent, muni, lui aussi, de fortes recommandations.

« Dieu est bon, mon frère, dit-il au médecin effaré, puisqu’il a permis cette liqueur qui va rendre au roi sa bonne mine. » La guerre était désormais déclarée entre le Bourgogne et le Bordeaux. Louis XIV, informé, se mit à rire. Il soufrait de l’estomac et n’avait guère soif. Il goûta pourtant et déclara les deux vins remarquables. Mais, par piété, Sa Majesté sembla préférer le Bourgogne.

La cour fut consultée. Comme par miracle, à chaque grand seigneur, des caisses arrivaient. La littérature s’en mêla, et des poèmes furent lancés, chantant la gloire du vin des moines, « qui chatouillait si bien le cœur ».

Mais le champagne allait entrer en jeu, ancien vin d’Aï, que dom Pérignon avait eu l’idée de rendre mousseux. C’est dans son féerique château d’Anet, que le duc de Vendôme en disgrâce depuis sa défaite d’Oudenarde, inaugura officiellement « l’éblouissant vin mousseau », que l’un de ses invités le marquis de Sillery, lui avait apporté de ses domaines.

Le champagne devait conquérir la cour, et de la cour la haute société. Quelques dévots s’offusquèrent de ce « vin de courtisanes ». Sa fortune pourtant continua. Le romanée essaya de contrebalancer la vogue du champagne. Il avait été lancé par de Cronambourg, officier bavarois au service de la France, qui avait épousé l’héritière de ce vignoble fameux. Il fit goûter au roi ce vin délicat. Mais, malgré la vogue qui s’ensuivit, le champagne resta, par excellence, le vin des propos galants et soupers clandestins.

Sous la Révolution, le vin se démocratisa. On fit fête aux piquettes de Pans et de sa banlieue. Un nouveau vin, pourtant, devait devenir français et non des moindres. Après la bataille de Valmy, fut donné à Kellermann, comme dotation, le château de Johannisberg, avec ses coteaux fameux, qui produisaient les plus illustres des vins du Rhin. Des érudits, à cette époque, prétendirent que la véritable origine de tous ces vins du Rhin étaient l’Orléanais, d’où, au XVe siècle, des ceps avaient été transplantés en Allemagne.

Au contraire des autres noblesses, celle des vins demeura, au cours des siècles, sans alliances étrangères.




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