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Paul de La Gironière : explorateur, aventurier et bienfaiteur breton des Philippines - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Paul de La Gironière : explorateur,
aventurier et bienfaiteur des Philippines
(1797-1862)
(D’après « Archipel », paru en 1977)
Publié / Mis à jour le jeudi 28 mai 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Soucieux de faire revivre leur passé, même colonial, les journalistes et les historiens philippins exhumèrent, au milieu du XXe siècle, Paul de La Gironière du cimetière de la petite histoire : plusieurs numéros d’un grand magazine illustré, le Chronicle Magazine, consacrèrent leurs pages à l’histoire du Français le plus entreprenant que les Philippines aient connu, et qui avait lui-même raconté en 1853 son histoire dans Vingt années aux Philippines, puis deux ans plus tard sous une forme revue et complétée portant le titre d’Aventures d’un gentilhomme breton aux Philippines.

Paul Proust de La Gironière, né le 17 août 1797 d’une famille de petite noblesse nantaise, fit des études de médecine et ne tarda pas à ressentir l’appel du grand large. Ses deux sœurs, du reste, épousèrent des capitaines au long cours, et, de ses trois frères, l’un exerça la médecine à Porto-Rico, l’autre mourut précocement à Madagascar, et le troisième vint le rejoindre à Manille. Embarqué sur divers navires de commerce, il eut l’occasion de faire escale une première fois aux Philippines, en fut captivé, et y revint à bord du Cultivateur — un nom prédestiné — en juillet 1820. En octobre de cette même année une émeute, provoquée par une épidémie de choléra, avait décimé la colonie étrangère de Manille.

Des circonstances rocambolesques, et surtout l’attachement qu’il avait formé pour ce pays, amenèrent La Gironière à renoncer à sa vie de navigant et à s’installer à Manille comme médecin. Dans cette petite communauté coloniale, encore médiévale à certains égards, un étranger tant soit peu cultivé et savant n’avait pas de mal à faire son chemin. Il épousa une charmante jeune veuve, d’origine mexicaine. Le salon des La Gironière était l’un des plus courus de Manille.

Paul de La Gironière
Paul de La Gironière

Chirurgien-major du Ier régiment de ligne, La Gironière fut témoin de la rébellion de Novalès, et jugea préférable de prendre quelque distance d’avec le service public. S’il prend position en faveur du régime espagnol dont il affirme catégoriquement qu’il fait le bonheur des indigènes, il ne manque cependant pas de souligner ses « abus » ; mais ce sont à ses yeux des « bavures » pratiquement négligeables.

En 1824, il acheta la propriété de Jalajala (actuelle province de Rizal), et alla s’y installer avec sa famille. A une époque où l’opinion courante était que l’Européen qui se livre à la culture se ruine et où les quelques vastes domaines qui n’appartenaient pas aux ordres religieux étaient donnés à ferme aux indiens par petites portions, nous apprennent ses Aventures, c’était une décision hardie.

Jalajala, distant d’une soixantaine de kilomètres de Manille, est une péninsule montagneuse à l’extrémité orientale de la laguna de Bay. A l’époque, c’était une jungle peuplée de « tulisanes » (bandits, c’est-à-dire rebelles) et d’animaux sauvages. Paré du titre de commandant de la gendarmerie provinciale, assuré d’appuis officiels, notre héros se mit en devoir de « pacifier » la région, de rassembler des colons, de défricher, et au bout de quelques années se trouva à la tête d’une exploitation pilote où régnaient l’ordre et la loi, tant divine que civile — on lit dans les Aventures les clauses de l’ « espèce de charte constitutionnelle » protégeant « bien plus les indiens que (ses) propres intérêts » qu’il imposait à ses colons, et où l’on venait de très loin profiter de l’hospitalité du maître des lieux et se livrer à des parties de chasse fabuleuses.

La Gironière gardait cependant le goût de la vie dure des pionniers, et consacrait une partie de son temps à de vastes randonnées auprès de diverses minorités ethniques mal connues, telles que les Tinguianes, les Igorotes et les Aetas. Les pages où il raconte ses expéditions en petit équipage, qu’il faisait pieds et jambes nus, et coiffé de salacot, sont savoureuses, et ont parfois fait soupçonner ce breton d’inclination à la galéjade.

C’est néanmoins en tant que planteur que les mérites de La Gironière sont les plus évidents. A vrai dire le récit de son expérience, s’il comporte des descriptions lyriques de ses chasses aux buffles ou de ses exploits d’administrateur, manque de précisions sur l’exploitation du domaine. Le seul chiffre qu’il cite est celui de ses troupeaux : 3000 bovins, 800 buffles, 200 chevaux. Barrot écrit (avril 1837) qu’avec 25 travailleurs permanents et 70 saisonniers il produit 350 000 à 420 000 livres de sucre, soit le rendement d’un établissement antillais nécessitant, lui, 150 à 200 personnes.

La plantation produisait également tout ce qui était nécessaire à sa subsistance. On sait aussi que La Gironière introduisit des perfectionnements importants dans la récolte de l’indigo et dans l’extraction du sucre. Il fit venir un jeune spécialiste, Albert Delaunay et importa aux Philippines les techniques employées à l’île Maurice. Il obtint en 1837 un prix de 1000 pesos accordé par la Real sociedad economica de amigos de Fillipinas pour avoir en exploitation plus de 60 000 pieds de café. Il sélectionna une race de porcs particulièrement adaptée au pays, qui, croisée avec la race Berkshire, fut connue plus tard sous le nom d’espèce « Berk-Jala ».

Malheureusement, après une dizaine d’années d’efforts et de succès — qui lui valurent la Légion d’honneur obtenue pour lui par le consul Barrot, son ami, qui le qualifie dans une dépêche du 10 avril 1837 de « recommandable sous tous les rapports et d’une persévérance à toute épreuve » —, une série de coups durs frappa notre colon, qui perdit successivement dans des maladies, dont, bien que médecin, il ne précise guère la nature, sa première fille, son frère Henri, sa femme Anna et son fils. Accablé, il vendit son domaine aux frères Vidie, négociants français de Manille, et revint au pays natal.

Paul de La Gironière en costume de chasse
Paul de La Gironière en costume de chasse

Il s’acquit à Paris une certaine célébrité, puisque Alexandre Dumas le cite dans un de ses feuilletons — Les 1001 fantômes —, à la suite de quoi il résolut d’écrire ses aventures. Nostalgique des Philippines, il put y retourner à deux reprises. En 1857, il sollicita et obtint (arrêté du 19 août) une mission « gratuite » du Ministère de l’Instruction publique, de concert avec Charles de Montblang. pour obtenir « de nouveaux renseignements sur les sciences naturelles aux Philippines ». On ne sait quels furent les résultats scientifiques de ce voyage, mais les contacts qu’il renoua à cette occasion lui permirent de retourner à Manille pour y prendre la direction de la plantation de canne à sucre des Roxas, à Calauan (province de Laguna), où, semble-t-il, il connut quelques difficultés.

C’est probablement aux Philippines qu’il mourut, dans les années 1860. En 1862 paraissait à Nantes une brochure de 36 pages, intitulée Mœurs indiennes et quelques pensées philippines pendant un voyage le jour de Noël à Majaijai, ultime bouteille à la mer de notre auteur : « C’est sur le bord de la rivière, dont les eaux tumultueuses se précipitent entre les rochers, c’est à l’ombre de cette immense voûte de verdure que je me laisse aller à toutes mes rêveries, souvent bien bizarres, mais qui toujours me conduisent insensiblement à adorer le grand créateur... Et les zéphyrs qui ont transporté cette poussière fécondante ne seraient-ils pas les fils électriques que Dieu a donnés aux plantes pour communiquer entre elles ?... »

Quant à la plantation de Jalajala, elle traversa le reste du XIXe siècle entre des mains françaises — d’abord celles de Vidie, puis celles de Jules Daillard, encore solide au poste en 1891, bien que le consul ait écrit le 31 juillet 1880 : « M. Daillard, propriétaire d’un riche établissement agricole et d’une scierie à vapeur s’est vu réduit en quelques minutes » à la suite d’un séisme « à la qualité de propriétaire du sol ».

Un siècle plus tard, ne demeurait aucune trace de la magnifique hacienda fondée par le gentilhomme breton, à l’exception de quelques bâtiments en ruine abritant à demi de lourdes machines à broyer la canne, comme on en faisait en 1900, et que la rouille n’avait pas fini de désagréger. Pour qui avait lu les Aventures, le souvenir de Paul de La Gironière était pourtant bien présent.


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