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Le brigand Cartouche s'invite chez la marquise de Bauffremont

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Anecdotes insolites
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Cartouche (Le brigand) s’invite
chez la marquise de Bauffremont
(D’après « Souvenirs de la marquise de Créquy », paru en 1834)
Publié / Mis à jour le vendredi 24 avril 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Publiés pour la première fois en 1834, les Souvenirs de madame de Créquy, en grande partie rédigés par Maurice Cousin, comte de Courchamps, à partir de quelques éléments manuscrits laissés par cette femme de lettres, mentionnent une savoureuse anecdote relative à Cartouche, lorsqu’au milieu d’une nuit le célèbre et redouté voleur s’introduisit chez la marquise de Bauffremont

Hélène de Courtenay, marquise de Bauffremont, était la dernière de cette maison qui descendait du roi Louis VI le Gros (qui régna au XIIe siècle) et de la reine Adélaïde de Savoie. Elle avait épousé, en 1712, Louis de Bauffremont, marquis et comte de Listenais, chevalier de la Toison-d’Or. Et voici la raison des bons procédés du célèbre Cartouche envers elle.

Madame de Bauffremont était rentrée chez elle à deux heures du matin ; et quand ses femmes l’eurent déshabillée, elle ne manqua pas de les renvoyer pour écrire et pour veiller tout à son aise au coin de son feu. Elle écrivait un journal qu’on n’a pas retrouvé dans ses papiers, et c’est grand dommage ! car elle était sans pareille en fait d’intelligence. Elle avait toujours remarqué mille choses auxquelles on n’avait pas pris garde, et qu’on s’étonnait de n’avoir pas observées comme elle. Malheur à tous ceux qui parlaient en sa présence avec l’intention de surprendre leur auditoire ou de lui dissimuler quelque chose !

Masque mortuaire de Cartouche
Masque mortuaire de Cartouche

Fontenelle disait toujours que c’était la femme aux aperçus lumineux dont il est question dans les Mille et un Jours. Tant il y a que, pendant cette nuit, elle entendit premièrement un bruit étouffé dans sa cheminée, et qu’elle aperçut bientôt après dans un nuage de suie, des nids d’hirondelle et des plâtras qui dégringolèrent pêle-mêle avec un homme armé jusqu’aux dents. Comme il avait fait rouler la bûche avec les tisons jusqu’au milieu de la chambre, la première chose qu’il fit, ce fut de prendre les tenailles et de replacer méthodiquement tous les tisons dans la cheminée ; il repoussa du pied quelques charbons enflammés, sans les écraser sur le tapis, et puis il se retourna du côté de la Marquise, à laquelle il fit la révérence :

— Madame, oserais-je vous demander à qui j’ai l’honneur de parler ?

— Monsieur, je suis Mme de Bauffremont, mais comme je ne vous connais pas du tout, comme vous n’avez pas la physionomie d’un voleur, et que vous avez les procédés les plus soigneux pour mon mobilier, je ne saurais deviner pourquoi vous arrivez dans ma chambre au milieu de la nuit et par la cheminée ?

— Madame, je n’avais pas l’intention d’entrer dans votre appartement... Auriez-vous la bonté de m’accompagner jusqu’à la porte de votre hôtel ? ajouta-t-il en tirant un pistolet de sa ceinture et en prenant une bougie allumée.

— Mais, Monsieur...

— Madame , ayez la complaisance de vous dépêcher, poursuivit-il en armant son pistolet. Nous allons descendre ensemble, et vous ordonnerez au suisse de tirer le cordon.

— Parlez plus bas, Monsieur, parlez plus bas ! le marquis de Bauffremont pourrait vous entendre, reprit cette malheureuse femme en tremblant d"effroi !

— Mettez votre mantelet, Madame, et ne restez pas en peignoir ; il fait un froid extraordinaire !

Enfin tout s’arrangea suivant le programme, et Mme de Bauffremont en demeura si troublée, qu’elle fut obligée de s’asseoir un moment dans la loge du suisse, aussitôt que ce diable d’homme eut passé la porte de la maison. Alors elle entendit qu’on frappait à la fenêtre de la porte qui donnait sur la rue. — « M. le suisse, j’ai fait celte nuit une ou deux lieues sur les toits, parce que j’étais pourchassé par les mouchards. N’allez pas dire à votre maître que ce soit une affaire de galanterie, ni que je sois l’amant de Madame de Bauffremont : vous auriez affaire à Cartouche, et, du reste, on aura de mes nouvelles après-demain matin, par la petite poste. »

Mme de Bauffremont remonta chez elle et fut réveiller son mari, qui lui soutint que c’était un cauchemar et qu’elle avait fait un mauvais rêve ; mais elle reçut, deux ou trois jours après, une lettre d’excuses et de remerciements tout à fait respectueuse et très bien tournée, dans laquelle était inclus un sauf-conduit pour Mme de Bauffremont, avec unacte d’autorisation pour en délivrer à sa famille. La lettre avait été précédée par une petite boîte qui renfermait un beau diamant sans monture ; et la pierre fut estimée, chez Mme Lempereur, à deux mille écus, que le marquis de Bauffremont fit déposer pour les malades de l’Hôtel-Dieu, entre les mains du trésorier de Notre-Dame. On voit que dans cette affaire-là tout le monde se conduisit en perfection.

 
 
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