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Le Pont du Gard, alliance réussie de modernité et d'histoire - Histoire de France et Patrimoine


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Le Pont du Gard, alliance
réussie de modernité et d’histoire
(Source : L’Express)
Publié / Mis à jour le mardi 3 février 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le Pont du Gard, qui fêtera en 2015 le 30e anniversaire de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, s’enorgueillit d’être un exemple de réussite économique. Un succès qu’il doit à son pari d’allier histoire et modernité.

Le pont-aqueduc romain le plus haut du monde (48 m) a été construit vers 50 après JC, sous les règnes des empereurs Claude et Néron. Long de 360 m, il constitue l’ouvrage majeur d’un ensemble de 50 km à 90% sous terre, conduisant l’eau d’Uzès à Nîmes, grâce à une déclivité moyenne de 25 cm par km. Cet exemple d’une extraordinaire maîtrise technique, comme son arche de 24,5 m enjambant le Gardon, a fonctionné 500 ans. Dans un majestueux écrin de 160 hectares de verdure, le monument aurait pu disparaître. Au XIIe siècle, une partie de ses 30.000 tonnes de pierre a été utilisée pour bâtir des édifices religieux.

Les premiers travaux de restauration ont été entrepris au XVIe siècle. Et au XVIIIe siècle, un pont routier (Henri Pitot) lui a été accolé. Enfin, à partir de 2000, le site a été aménagé avec la construction d’un bâtiment, invisible du monument. Une architecture, dite silencieuse, signée Jean-Paul Viguier. Coût 31 millions d’euros.

Aujourd’hui, le monument antique le plus visité de France avec 1,5 million de visiteurs, dont 60.000 scolaires, se pose comme le « symbole du département ». « Il a apporté l’eau à Nîmes. Maintenant, il irrigue notre politique culturelle et touristique », souligne le président PS du département, Jean Denat.

Le Pont du Gard
Le Pont du Gard

Sur le plan économique, le monument qui illustre le billet de 5 euros, est une cash-machine. Sur un budget de 11,7 millions d’euros, 8,2 millions proviennent des recettes, soit un taux d’autofinancement de 70%. Contre 50% en 2004 pour un budget de 6 millions d’euros. « C’est rare d’atteindre ce niveau. Et encore sur les 3,5 millions de subventions (2,5 du département et 1 de la région), 1,1 million est dédié à l’amortissement du bâtiment et 0,7 million à l’entretien extérieur (chemin de randonnées...) », se félicite le directeur général Paolo Toeschi. Transformé en établissement public de coopération culturelle (EPCC) en 2003, le vestige a frôlé la faillite à l’orée des années 2000. Il avait déjà failli perdre son label Unesco. En cause, les 3.000 véhicules/jour qui le traversaient. Le trafic a été interdit en 1998.

« Il y a eu moins de visiteurs qu’espéré. Le Pont du Gard a souffert d’un rejet de la population locale. Elle venait se baigner, se promener gratuitement. Même s’il y a possibilité de s’abonner à moindre coût, l’entrée payante forfaitaire (18 euros le parking et jusqu’à 5 personnes, 10 euros à pied ou à vélo) reste une blessure », admet M. Toeschi. Des actions en justice sont actuellement en cours.

Ce vaisseau amiral du tourisme gardois qui emploie 120 salariés et 65 intermittents, n’a cependant pas apporté tous les bénéfices escomptés par le tourisme régional. Au contraire, il a tendance à cannibaliser. « L’idée du Pont, c’était de donner envie de visiter tout le Gard. On n’y est pas vraiment. C’est comme Disneyland, je vais au parc mais je ne vais pas à Marne-la-Vallée », constate Jean-Luc Chapon, maire UDI d’Uzès, souhaitant que le Pont accentue ses « efforts pour parler de la romanité dans tout le Gard ».

Cette synergie, notamment avec Nîmes qui aimerait compléter la liste des 39 biens culturels français les plus précieux au monde, M. Toeschi l’appelle de ses vœux. Pour y parvenir, quelque 7 millions d’euros vont être investis pour retenir le touriste plus longtemps et allonger la saison d’ici à 2017. En projet, un centre d’oenologie pour la promotion des vins gardois et un hôtel de luxe (8 à 10 chambres) dans un vieux moulin. S’y ajoutera un restaurant destiné à devenir étoilé. Un concours sera lancé pour en trouver le chef.

Expositions temporaires, festivals, concerts, théâtre, pyrotechnie... Après la nuit des lucioles début janvier pour souffler les milliers de bougies du 30e anniversaire de l’inscription au patrimoine mondial, la programmation estivale — dévoilée prochainement — se veut « ambitieuse ». « L’objectif est de prouver que cet antique pont est un lieu vivant de mémoire et de création artistique », explique M. Toeschi. Avec une limite, « ne jamais perdre son âme ».

L’Express

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