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Les scientifiques lancent une souscription pour l'établissement d'une communication avec les Martiens - Histoire de France et Patrimoine


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L’Histoire éclaire l’Actu

L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu


Scientifiques (Les) lancent une souscription
pour l’établissement d’une communication
avec les Martiens en 1899
(D’après « Le Petit Parisien », paru en 1899)
Publié / Mis à jour le mardi 25 novembre 2014, par LA RÉDACTION

 
 
 
En 1899, cependant que la télégraphie sans fil a galvanisé le monde scientifique, une souscription est lancée dans le but de réunir les fonds nécessaires à l’établissement d’appareils qui permettraient aux habitants de la Terre d’entrer en relation avec ceux de la planète Mars au moyen de signaux lumineux. Huit ans plus tôt, des manifestations lumineuses en provenance de la planète rouge avaient renforcé la conviction forgée par l’observation de canaux à sa surface : les Martiens existaient et tentaient de communiquer...

Le projet n’est assurément pas banal, écrit Jean Frollo dans Le Petit Parisien. Il l’est même si peu qu’à un autre moment il aurait été accueilli par une singulière explosion de propos hilares et sceptiques. Mais nous sommes au lendemain de la découverte de la télégraphie sans fil et il n’y a pas très longtemps que la radiographie est venue ajouter ses merveilles à l’ordre de nos connaissances physiques les plus certaines. Ces événements ont gagné d’évidentes sympathies aux inventeurs et nous nous trouvons animés il leur égard des intentions les plus bienveillantes.

Allez opposer votre incrédulité superficielle à des physiciens qui vous ont démontré qu’il leur était possible de transmettre au loin, à des distances de trente ou quarante kilomètres et sans le secours d’aucun fil, des dépêches dont le seul véhicule est constitué par des ondes magnétiques libres qu’emmagasine un poste récepteur ! Nous voici du même coup presque forcés de croire à ces phénomènes de télépathie dont nous entretenaient parfois les amateurs de recherches psychiques et que nous reléguions jusqu’ici dans le domaine du charlatanisme ou de l’occultisme.

Certes, l’heure est bien choisie pour venir nous proposer d’étendre aux planètes les plus voisines de la nôtre un réseau de communications et d’informations que rien ne limite plus et qui semble réellement ouvert sur tous les au-delà. Aussi ne nous étonnerons-nous pas de voir un astronome s’arracher aux abstractions spéculatives pour affirmer sa confiance dans un système de correspondance interastrale et faire appel aux capitalistes de l’univers en vue de réunir les moyens pratiques pour construire son télégraphe planétaire.

Un message de la planète Mars. Un réflecteur gigantesque projetant vers la Terre de fantastiques jets de lumière
Un message de la planète Mars. Un réflecteur gigantesque
projetant vers la Terre de fantastiques jets de lumière

Ce rival de Chamousset qui voudrait fonder une petite poste à l’usage des étoiles, ce continuateur de Chappe qui rêve de faire communiquer entre eux, à l’aide de signaux géométriques, les mondes divers dont le firmament est peuplé, n’est autre que M. A. Mercier, un membre de la Société astronomique de France qui adressait récemment à l’Institut lui-même le Mémoire où il développe son projet de communication avec Mars.

Pour M. Mercier, comme pour beaucoup d’autres disciples d’Uranie, il n’y a pas de doute : Mars est habité par une race d’êtres très intelligents dont nous pouvons étudier les travaux, témoin ces canaux célèbres que les astronomes d’Amérique et d’Europe ne cessent d’observer depuis plus de vingt ans. Or si, avec les télescopes dont nous disposons, nous parvenons à distinguer les tracés de ces grands ouvrages hydrauliques qui traversent en tous sens les masses continentales de Mars, à plus forte raison un peuple plus ancien que nous dans l’ordre de la création ou, si l’on veut, de la sortie du chaos, doit-il posséder tous les instruments nécessaires aux observations astronomiques. Rien ne l’empêche donc d’apercevoir et de chercher à comprendre les signaux que nous pourrions lui faire en espaçant des feux sur une large surface.

Selon l’auteur du projet, « le moyen le plus simple est celui qui consisterait à installer sur la tour du Champ-de-Mars (endroit évidemment prédestiné) un ou plusieurs réflecteurs qui recevraient les rayons, souvent très brillants, du soleil couchant et les dirigeraient sur la planète. Un écran mobile servirait à interrompre de temps en temps les signaux et à leur donner une grande puissance de visibilité ». Des foyers électriques, pense M. Mercier, pourraient aussi être fort utilement employés. Mais l’énorme dépense à laquelle entraînerait leur fonctionnement s’oppose à cette expérience. Des réflecteurs disposés de manière à recueillir les rayons du soleil sur le versant éclairé d’une montagne et les reporter dans l’ombre du côté opposé pour de là les diriger sur Mars, seraient suffisants, au dire de l’astronome.

Quatorze millions de lieues, il est vrai, nous séparent de cette planète lorsqu’elle se rapproche le plus de nous. Mais comment s’inquiéter de l’obstacle qu’une pareille distance constitue pour la visibilité des feux, si l’on songe que les habitants de Mars sont nos aînés d’un long cycle d’âges (les planètes les plus éloignées du soleil étant les plus vieilles, d’après la théorie de Laplace) et que par conséquent ils ont eu le loisir de perfectionner les lunettes dont ils disposent pour nous observer ?

D’ailleurs, avec nos instruments actuels, nous distinguons parfaitement sur l’hémisphère éclairé de Mars des îles et des terres dont la surface n’est pas plus considérable que celle de la Sicile. On peut donc en déduire qu’en échelonnant des feux sur une surface de cette étendue de manière à y dessiner des lignes géométriques plus ou moins mobiles, nous arriverions à constituer un système de signaux que les habitants de Mars apercevraient très facilement.

Il faut admirer la foi des astronomes qui, depuis quelques années, dissertent à perte de vue sur de pareilles hypothèses. Leur croyance dans la pluralité des mondes habités n’est cependant qu’assez récente. Lorsque M. Schiapparelli, l’astronome milanais, annonça sa découverte des canaux de Mars, il ne rencontra que doute et incrédulité dans le monde savant. On rit beaucoup de sa prétention. Ces canaux rectilignes traversant les continents de la planète parurent une énormité.

On se ravisa quand, en 1886, les travaux de l’Observatoire de Nice confirmèrent l’observation du savant italien. De leur côté, les Américains ne tardèrent pas à revenir de leurs préventions. Et non seulement ils admirent la carte de la planète Mars, avec ses mers et ses canaux, telle que Schiapparelli l’avait dessinée, mais ils s’engagèrent dans une série d’observations particulières qui eurent vers 1891 un grand retentissement.

Ce fut en effet de l’Observatoire de Lick, en Californie, que nous arriva, il y a huit ans, la plus étonnante des nouvelles qui aient jamais ému le clan des astronomes. On annonçait simplement que les Martiens se livraient à des manifestations lumineuses qui ne pouvaient être que des signes à notre adresse, et que ces manifestations se faisaient singulièrement remarquer par leur insistance et leur multiplicité. L’Observatoire de Lick possédant la plus grande lunette existant au monde et se trouvant, de plus, favorisé par une situation exceptionnelle à raison de son altitude et de la pureté du ciel californien, qui permet des observations ininterrompues, il fallut bien reconnaître l’autorité de cette révélation.

On ne parvint à la contrôler que quelques années plus tard, à Nice, dont l’Observatoire enregistra à son tour les étranges projections lumineuses signalées. Les faits ont donc été doublement constatés ; ils se sont produits avec une netteté si grande qu’il n’est pas possible d’y voir les résultats d’une illusion. Des jets de lumière se sont élevés sur le disque de Mars jusqu’à une hauteur que l’on a évaluée à 60 kilomètres. Trois fois, ils ont pu être observés à Nice et beaucoup plus souvent à l’Observatoire de Lick.

Que devons-nous en conclure ? Nos astronomes se sont bornés à consigner les faits, attendant tout du temps et de la patience. Mais en Amérique, on ne s’en tint pas là. L’on résolut de répondre à ce que l’on s’imaginait être une manifestation des Martiens. Des feux furent symétriquement allumés au sommet de buttes et de collines de manière à dessiner sur une surface de plusieurs dizaines de kilomètres une sorte de figure géométrique. En même temps, les astronomes de Lick se tinrent à leur poste, observant sans relâche ce qui se passait dans Mars. Ils ne furent pas peu surpris de constater, deux jours après, que cette planète s’éclairait de nouveau par intermittence des mêmes projections.

Ajoutons que c’est à la suite de cette expérience qui fit grand bruit qu’une vieille dame de Pau légua à l’Académie des sciences un prix de 100 000 francs pour la personne de n’importe quel pays qui trouvera le moyen d’ici à dix années de communiquer avec un astre et d’en recevoir réponse Et la testatrice désignait spécialement la planète Mars, sur laquelle se portaient alors l’attention et les investigations des savants.

Ce testament de la vieille dame béarnaise remonte à l’année 1891. M. Mercier a sans doute pensé que le prix qu’il instituait n’était pas à dédaigner lorsqu’il a envoyé son Mémoire à l’Institut. Mais ce n’est là que le côté secondaire de la question qu’il envisage, et il a fort bien fait de la poser nouveau.

Nos relations avec la planète Mars s’affirmeront-elles un jour par une sorte de correspondance ? De quelle manière et à l’aide de quels signes, et dans quelle langue ? C’est le secret d’un avenir que nous ne devons pas perdre de vue et que la science a le devoir de rapprocher de nous. La certitude de l’existence des Martiens peut nous être révélée d’un moment à l’autre. Ce que nous savons déjà, grâce à la spectro-photographie, c’est que les conditions de la vie ne doivent pas différer beaucoup dans Mars de celles dans lesquelles nous nous trouvons. L’ordre des jours et des saisons est à peu près le même pour les Martiens et pour nous, de sorte que nous ne serions pas trop dépaysés si nous transportions nos pénates dans cette planète sœur.

Mars est seulement plus vieux. C’est un astre à son déclin. Ses continents sont plus usés, plus aplatis que les nôtres. Mais l’âge donne l’expérience et « tout nous porte à croire, a écrit M. Flammarion, que ses races intelligentes, quelles qu’elles soient, sont fort supérieures à nous ». Quelle meilleure raison pourrions-nous avoir d’entrer en relation avec elles !


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