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Saint-frusquin. Origine, étymologie mots de la langue française

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Savoir : Mots, Locutions
L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus
Saint-frusquin
Publié / Mis à jour le vendredi 17 juin 2022, par LA RÉDACTION
 
 
 
On appelle saint-frusquin ce qui constitue la propriété de quelqu’un, ses biens, ses hardes, et quelquefois aussi son argent

Francisque Michel fait dériver frusquin de frouchier, frogier, frouger, vieux mots, dit-il, qui signifiaient fructifier, profiter, gagner. Mais cela semble erroné, et la raison, c’est que frusquin a d’abord voulu dire habit. Ce n’est pas non plus de l’argot ; c’est la corruption d’un mot très français, comme nous allons le voir. Le propre de l’argot n’est pas de corrompre les mots et d’en conserver le sens, mais de changer le sens même de ces mots en ne touchant pas à la forme. Il y a pourtant des exceptions. Si frusquin se dit en argot, il est dans ce cas.

Ouvrez tout simplement du Cange, au mot Fustana ; vous verrez que, par ce mot, on désignait un vêtement propre aux hommes comme aux femmes, aux laïques comme aux ecclésiastiques, qu’il servait même de couverture aux chevaux, et qu’on le nommait en français fustaine et fustein.

Les Lettres de rémission de 1458 mentionnent : « Pierre Baille osta à icelle femme une sainture d’argent, certaines petites pièces de toile, et son fustaine ». Ce vêtement était de coton ou de soie. Muratori (tome II, Laudes Papiae, col. 22) parle de foulons dont les habitations sur la rivière étaient appelées candida, parce qu’on y blanchissait les étoffes de soie nommées fustania. On donnait le même nom à une étoffe de coton, ainsi qu’on le voit dans la Vie de saint Othon, évêque de Bamberg (ch. XLV), par André, moine de Fontevrault.

D’où il résulte que le vêtement dont il s’agit tirait son nom de la matière avec laquelle il était fabriqué, qu’on disait fustaine et fustein indistinctement, et que fustein, par suite d’une tendance invincible du peuple, en France, à substituer le q au t, comme le g au d, est devenu fusquin d’abord, puis frusquin.

Que ce mot, à la longue, ait signifié patrimoine, bagage, trousseau, et enfin argent, c’est une destinée qui lui est commune avec quantité de mots dont le sens primitif est un, et l’application multiple. D’ailleurs, toutes ces significations ne sont pas absolument contradictoires à ce même sens. Il est remarquable seulement que si l’argot s’est approprié ce mot, il lui ait conservé son acception primitive. Dans les Voleurs de Vidocq, tome I, p. 180, frusquin est en effet un habillement commun ou grossier, et la futaine est de cette nature. Ce serait donc un argument de plus en faveur de cette étymologie.

Quant au motif qui a fait ajouter à frusquin l’épithète de saint, motif qu’on eût été bien aise d’apprendre de Francisque Michel, il semble être le même que celui qui a fait canoniser par le peuple tant de mots exprimant certaines passions, certains caractères, et même certains événements dont sa vue ou son imagination étaient plus particulièrement frappées.

C’est ainsi qu’il dit sainte Nitouche et sainte Sucrée d’une personne qui fait la discrète, la retenue ou l’hypocrite ; saint Lambin, d’un homme lent dans son allure saint Liffard ou Lichard, d’un gourmand ; saint Pansart, d’un ventru ou d’un mardi-gras ; saint Prix ou Pris, d’un homme qui s’est laissé prendre dans les filets du mariage ; sainte Chiette, d’un homme incapable de quoi que ce soit ; saint Breneux, d’un homme malpropre, etc.

 
 
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