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Découverte d'une tombe gauloise hors du commun dans les Ardennes. Archéologie. Sépulture sur le tracé d'une autoroute

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L’Histoire fait l’Actu
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Découverte d’une tombe gauloise
hors du commun dans les Ardennes
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le samedi 5 juillet 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le chantier d’une autoroute dans les Ardennes a permis d’exhumer une sépulture exceptionnelle. En terminant des fouilles sur les ruines d’une simple villa gallo-romaine située à Warcq, près de Charleville-Mézières, sur le tracé de l’autoroute A304 dans les Ardennes, les archéologues ont fait une découverte inattendue et d’un caractère exceptionnel : une sépulture gauloise dédiée à une haute figure aristocratique de l’époque.

Sous une grande tente blanche, deux semaines après le début des fouilles, les archéologues de l’équipe commune du conseil général des Ardennes et de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont dégagé 75 centimètres d’épaisseur de terre argileuse gorgée d’eau et accèdent enfin aux premiers éléments visibles : deux cerclages de roues en fer, des objets de bronze et d’or et deux squelettes de chevaux.

Des éléments qui confortent le caractère hors du commun de la découverte. Il s’agit bien de ce que les spécialistes appellent une « tombe à char », dans laquelle les plus hautes personnalités gauloises étaient inhumées, avec leur attelage. Un char à la fois objet de prestige et symbole de leur statut social.

« Ce que nous découvrons dépasse tout ce que nous pouvions espérer avant de creuser, c’est vraiment une tombe exceptionnelle, avec de nombreuses caractéristiques atypiques », reconnaît Bertrand Roseau, responsable des fouilles à la cellule archéologique du conseil général des Ardennes. Première particularité, les datations préliminaires, qui restent à confirmer, placent le tombeau autour du premier siècle avant J.-C., une période très tardive pour une tombe à char, dont les exemplaires les plus courants retrouvés en Champagne-Ardenne datent du Ve ou VIe siècle avant notre ère.

Les archéologues dégagent les ossements d'une des deux petits chevaux retrouvés dans l'ancienne sépulture gauloise
Les archéologues dégagent les ossements d’une des deux petits chevaux retrouvés
dans l’ancienne sépulture gauloise. Crédits photo : Denis Gliksman/Inrap

« Une tombe à char, c’est déjà exceptionnel, mais datant du Ier siècle, c’est encore plus rare », précise Émilie Millet, archéologue à l’Inrap. « Nous sommes assez sûrs de la datation, car nous avons retrouvé une perle en pâte de verre jaune opaque, qu’on ne retrouve qu’à partir de la fin de l’âge de fer, vers 130 ans avant J.-C. »

Autre particularité du site, les cadavres des deux chevaux sont entiers : ils ont dû être sacrifiés et disposés d’une façon bien précise dans la tombe. « Leur position, placés dos à dos l’un par rapport à l’autre, derrière le char, n’est sûrement pas due au hasard et devait avoir un sens symbolique particulier », avance Sandrine Thiol, anthropologue de l’Inrap, qui attend avec impatience de pouvoir travailler sur le squelette du défunt, actuellement recouvert par les planches du plafond qui s’est effondré sur le fond du tombeau. Mais le mauvais état de conservation des ossements des chevaux lui donne peu d’espoir de pouvoir faire des analyses poussées sur la dépouille.

Les fouilles préventives auraient normalement dû se terminer jeudi, mais le caractère exceptionnel de la découverte devrait permettre aux scientifiques d’obtenir quelques jours de plus. « Le département va tout faire pour qu’on puisse mener les recherches jusqu’au bout, assure Benoît Huré, président du conseil général des Ardennes lors d’une visite des fouilles. Il serait trop bête de passer à côté d’une découverte qui s’annonce passionnante, sachant que cela ne ralentira pas le chantier de l’autoroute. »

Cyrille Vanlerberghe
Le Figaro

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