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Jacques de Sainte-Beuve. Portrait, biographie, vie et oeuvre

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Personnages : biographies
Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)
Sainte-Beuve (Jacques de)
(D’après un article paru en 1869)
Publié / Mis à jour le mercredi 13 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

Jacques de Sainte-Beuve, prêtre, célèbre casuiste, est né à Paris au mois d’avril 1613 (baptisé le 20), dans la maison, encore existante, qui fait le coin des rues Saint-André-des-Arts et Séguier, à gauche en venant du quai, et qui porte une inscription mémorative. Elle appartenait à sa mère ; il l’a toujours habitée et y est mort le 15 décembre 1677, laissant, comme l’écrivait huit jours après la marquise de Sévigné au comte de Guitaut, « beaucoup de pauvres âmes errantes et vagabondes, sans conducteur et sans gouvernail dans les orages de cette vie. » Son père, huissier au Parlement de Paris, et greffier du Bureau des pauvres, était petit-fils d’un cadet de Normandie, venu des environs de Neufchâtel-en-Bray dans la capitale pour y faire le commerce.

Jacques, d’une capacité remarquable et précoce, fut reçu, à vingt-cinq ans, docteur en théologie de la maison et société de Sorbonne, et, cinq ans plus tard, après élection par ses collègues, institué professeur royal de théologie pour la controverse : chaire comprise dans l’enseignement créé par François Ier en dehors de l’Université, sous le nom, encore usité, de Collège de France.

Après avoir contribué à la propagation du jansénisme, mais avec des tempéraments dont on ne peut douter, puisque Pascal dit, dans dix-septième Provinciale, « M. de Sainte-Beuve censura, dans ses écrits publics (ses leçons écrites), les cinq propositions longtemps avant la pape » ; il se soumit non seulement à la bulle de 1653 qui les condamnait théoriquement, mais encore au bref de 1654 qui les déclarait contenues dans le livre de Jansénius.

Vint, en 1656, la censure de la Faculté de théologie contre Arnaud, laquelle donna lieu aux Provinciales. Sainte-Beuve, qui n’identifiait pas cette affaire avec la précédente, refusera de signer la censure, et, plutôt que d’y consentir, se laissa révoquer comme professeur, dégrader comme docteur et éliminer de la société de Sorbonne. De là, parmi les opposants, un grand triomphe qu’il ne cherchait point, pas plus qu’il ne mérita, en 1661, le déchaînement violent dont il fut l’objet, lorsque, conséquent avec lui-même, il signa le formulaire, exécution pure et simple de la bulle et du bref auxquels il avait adhéré. Il en résulta que, plus tard, sa conviction s’étant modifiée au sujet de la censure, il la signa sans soulever le même scandale, parce qu’on pensait avoir fait tout le bruit nécessaire pour le discréditer.

Impossible, d’ailleurs, de découvrir le moindre motif d’intérêt ou de crainte qui l’aurait déterminé à aucun de ces actes. Jamais il ne remonta dans sa chaire : il ne recouvra ses titres que sous la forme honorifique, et se voua entièrement à ce qui avait toujours été la fonction dominante de ses aptitudes, l’étude de la théologie morale, l’éclaircissement des cas douteux qu’elle présente, la direction des consciences.

Cabinet des médailles de la Bibliothéèque impériale. Jacques de Sainte-Beuve, médaille de Bertinet. Dessin de Féart.
Cabinet des médailles de la Bibliothéèque
impériale. Jacques de Sainte-Beuve, médaille
de Bertinet. Dessin de Féart.

Jacques de Sainte-Beuve avait écrit en latin, pour ses élèves, plusieurs traités de théologie ; mais il les communiquait à l’état de manuscrits, et ne voulut jamais qu’une ligne de lui fût imprimée. C’est pour éviter des éditions subreptices et falsifiées que son frère publia les Cas de conscience et deux de ces traités, ceux de la Confirmation et de l’Extrême-Onction. Ne compter pour rien l’opinion publique, ses suffrages bruyants, ses attaques passionnées ; faire son devoir silencieusement, obscurément ; remplir avec un zèle infatigable le ministère de direction spirituelle qu’il avait accepté au profit du public, et qu’il exerça avec une immense autorité pendant vingt-cinq ans, ce fut le caractère et la vie de ce docteur. Sa modestie était extrême : il n’avait jamais voulu qu’on fit son portrait.

« Nous ne laisserons pas de l’avoir, dit le Mercure de décembre 1677, par le talent merveilleux de M. Bertinet, qui a été payeur des rentes de l’Hôtel de ville. Il a l’imagination si vive que, sur le souvenir qu’il a gardé de ses traits, il en a fait la médaille en cire après sa mort, avec l’admiration et l’étonnement de tous ceux qui l’ont connu ».

Ce Bertinet, dont la vie est absolument ignorée, mais sera prochainement, nous dit-on, mise en lumière, a signé d’autres œuvres remarquables. Nous ne citerons qu’un très beau médaillon de Louis XIV, qui fait partie des chefs-d’œuvre exposés au cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque impériale.

La médaille que nous reproduisons ici est celle-là même qui fut fondue au moyen de la cire dont parle le Mercure. Elle est conservée dans le même cabinet. Les mots qu’on lit sous le bras du buste confirment le dire du journal. Bertinet a répété cette œuvre sous un plus petit module, que possède l’auteur d’un très intéressant volume récemment publié sur Jacques de Sainte-Beuve (Jacques de Sainte-Beuve, docteur de Sorbonne et professeur royal. Etude d’histoire privée contenant des détails inconnus sur le premier jansénisme. Paris, 1865).

 
 
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