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Anne de Bretagne. Portrait, biographie, vie et oeuvre de la reine - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Bretagne (Anne de), qui deux fois
monta sur le trône de France
(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1837)
Publié / Mis à jour le mercredi 13 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 
 
 
Anne, Duchesse de Bretagne, et qui monta deux fois sur le trône de France, s’est acquis par ses hautes capacités une réputation et une gloire qui lui appartiennent en propre

La force d’âme avec laquelle elle supporta, à la mort de son père, les plus grands revers, son habileté dans la direction de son duché, sa sage et prudente régence pendant la guerre d’Italie, la protection qu’elle accorda aux arts, aux sciences et à toutes les entreprises utiles, l’ont placée au rang des femmes les plus illustres.

Si quelquefois son esprit d’indépendance bretonne revêtit un caractère dominateur et orgueilleux, on doit pardonner cette faiblesse humaine à une intelligence qui, presque toujours, comprit si dignement la mission de la reine et celle de la femme. Fille unique de François II, duc de Bretagne, Anne, toute jeune encore, succéda à son père dans un moment où les prétentions de la France sur le duché de Bretagne (prétentions qui s’appuyaient déjà sur plusieurs victoires) rendaient la conversion de cette province à peu près impossible.

Anne de Bretagne en prière
Anne de Bretagne en prière

A la mort de François II, des dissensions, fondées sur des intérêts individuels, éclatèrent dans le conseil de la jeune duchesse, et lui rendirent l’administration souveraine encore plus difficile. Ceux mêmes à qui leur position faisait une inviolable obligation de la protéger se soulevèrent contre elle.

Son tuteur, le maréchal de Rieux, mécontent de ce qu’elle refusait la main d’Alain d’Albret, protégé par lui, lui fit fermer les portes de Nantes, au moment où elle se réfugiait dans cette ville pour échapper à un parti de l’armée française qui avait voulu l’enlever à Redon. Avertie à temps de cette lâche trahison, et indignée d’une semblable déloyauté, Anne monte à cheval l’épée à la main, et, suivie de Dunois et de ses principaux officiers, elle se présente aux porte de la ville, ordonne qu’on lui ouvre, et impose tellement aux rebelles que les ponts-levis s’abaissent devant elle.

Mais cette généreuse fermeté, qui suffisait à arrêter des révoltes intestines, était impuissante contre le roi de France et ses armées ; la duchesse comprit qu’il fallait chercher un protecteur qui pût la défendre, elle et son peuple. Dans un âge où les intérêts de cœur dominent tous les autres, elle n ’écouta que la raison, et, sacrifiant son affection pour le duc d’Orléans (depuis Louis XII), elle se décida à accepter la main de Maximilien d’Autriche.

Mais ce dévouement à la cause publique n’eut point l ’effet que la duchesse en espérait. Maximilien n’envoya pas les secours sur lesquels elle avait compté. L’armée française s’était déjà emparée des principales places de la Bretagne, et Anne se vit forcée, après quelques triomphes sans importance et de rudes défaites, à demander la paix. On la lui accorda, mais à des conditions qui rendaient la France maîtresse d’une grande parti du duché.

Charles VIII, pour consolider les droits que la guerre venait de lui donner sur cette belle province, demanda la main de la duchesse, qui l’accorda. Devenue reine d’une des premières nations de l’Europe, Anne se montra en tout digne d’occuper le trône sur lequel elle était montée. Pendant les guerres d’Italie, Charles VIII, qui ne quittait point le commandement de ses armées, la nomma régente du royaume, et elle l’administra avec un talent et une prudence remarquables.

A la mort de Charles VIII, Anne se rendit à Nantes pour reprendre possession, aux termes de son contrat de mariage, du duché de Bretagne. Ce fut la première reine de France qui porta le deuil de son époux en noir ; jusque-là, elles l’avaient porté en blanc ; de là, sans doute, le surnom de Blanche donné à plusieurs veuves de nos rois.

Les mêmes causes politiques qui l’avaient décidée à accepter la main de Charles VIII se réunirent à ses sentiments personnels pour lui faire accepter celle du Duc d’Orléans, devenu roi de France sous le nom de Louis XII. Mais en contractant cette nouvelle union, elle n’oublia point les intérêts de son peuple, et elle obtint, par un traité particulier, que la Bretagne serait gouvernée comme elle l’avait été sous les ducs, et que ses droits et privilèges lui seraient maintenus.

La reine contribua immensément aux progrès de la marine française. Douze vaisseaux de ligne furent construits et équipés par ses ordres lors de l’expédition des princes chrétiens contre l’empire turc. Du reste, elle ne fut pas seulement remarquable par ses talents politiques et par son énergie, ce fut encore une des femmes les plus lettrées de son époque. Élevée par Françoise de Dinan, Anne fut de bonne heure initiée à des connaissances étrangères à la plupart des femmes.

Elle composa sur les principaux événements de sa vie et sur la bataille de Saint-Aubin, qui valut à l’armée française un si mémorable triomphe sur le duc François II, des mémoires fort curieux. Elle se montra toujours protectrice éclairée des arts et des sciences ; on peut même dire qu’elle prépara grandement cette époque de la Renaissance, qui valut à François Ier le glorieux surnom de Restaurateur des lettres.

On conserve encore un grand nombre de lettres en vers latins qu’Anne de Bretagne et Louis XII s’écrivaient pendant cette malheureuse guerre du Milanais entreprise contre la volonté de la première. On voit par cette correspondance, qui témoigne de la vive affection des deux époux, que, malgré l’opposition qu’Anne avait mise à cette expédition, elle fit tous ces efforts pour en assurer le succès. Ces lettres sont ornées de miniatures relatives au sujet traité dans chacune d’elles.

Anne profita du retour de Louis XII en France pour venir visiter la Bretagne. Elle fut reçue avec de grands honneurs dans toutes les villes de cette provinces, et particulièrement à Brest, Saint-Pol-de-Léon et Morlaix. Le dessin qui accompagne cet article représente son entrée dans cette dernière ville, avec toutes les circonstances qui s’y attachent.

Entrée d'Anne de Bretagne à Morlaix
Entrée d’Anne de Bretagne à Morlaix

Sur la droite du tableau, on voit la reine accompagnée d’un de ses pages qui caresse une levrette. Elle reçoit les félicitations des notables de Morlaix, qui lui présentent à genoux une hermine apprivoisée et un petit bâtiment d’or enrichi de pierreries. « Anne ayant reçu l’hermine, rapporte un historien du temps, le gentil animal la caressa fort, puis se cacha précipitamment dans sa collerette, ce qui mit la reine en émoi ; mais le vicomte de Rohan, qui était près d’elle, lui dit : "Que craignez-vous, Madame ? ce sont vos armes." »

On sait, en effet, que les hermines avaient été prises pour armes par les ducs de Bretagne, à cause de leur blancheur, et qu’ils avaient joint la fameuse devise : Potius mori quam foedari. Le dessin qui accompagne cet article reproduit l’ancien Morlaix ; le groupe de paysans qui se trouve à gauche est adossé aux écluses du moulin du Duc. Dans le fond, des cavaliers sortent de l’ancienne porte Notre-Dame, qui donnait entrée au Pavé, vieux quartier encore existant. Au loin, également dans le fond, apparaissent la porte Bourette et la vieille église de Notre-Dame du Mur.

La reine mourut dans sa trente-sixième année. Elle avait demandé par son testament que son cœur fût envoyé à ses premiers sujets. Renfermé dans une boîte d’or, il fut placé dans le monument funèbre élevé par ses soins à François II et à Marguerite de Foix, à Nantes. Les vers suivants étaient gravés sur le couvercle de la boîte :

En ce petit vaisseau de fin or pur et munde
Repose un plus grand cueur que oncque dame eut au monde ;
Anne fust le nom d’elle, en France deux fois reyne,
Duchesse des Bretons royale et souveraine.
Ce cueur fut si très hault, que de la terre aux cieux
Sa vertu libéralle accroissoit mieulx et mieulx.
Mais Dieux en a repris sa portion meilleure,
Et cette part terrestre en grand deuil nous demeure.

 
 

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