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HISTOIRE de la HAUTE-SAÔNE (70)
Gondebaud avait promulgué, de son vivant, la loi appelée Gombette, loi à la fois politique, administrative et judiciaire qui, pleine de modération à l'égard des vaincus, accordait aux Gallo-Romains les mêmes avantages qu'aux vainqueurs. Cette loi fut abrogée en 840 par Louis le Débonnaire, qui lui substitua les Capitulaires de Charlemagne. En 558, Clotaire ler, roi de Soissons, réunit le royaume de Bourgogne à ses possessions. Mais à sa mort, en 561, ses quatre fils se partagèrent ses États, et la Bourgogne échut à Gontran.
En 937, une invasion de Hongrois désola les rives de la Saône, et la ville de Lure fut complètement détruite. Les populations, aidées de leurs seigneurs, parvinrent cependant à les repousser ; et, pour éviter le retour de pareilles calamités, le pays fut couvert de châteaux-forts qui, construits d'abord dans un intérêt national, devinrent plus tard le refuge de la tyrannie et de l'oppression. En 988, Henri le Grand, duc de Bourgogne, frère de Hugues Capet, roi de France, s'empara de Vesoul. En 1032, la contrée fut érigée en comté et réunie à l'empire d'Allemagne, par Conrad le Salique, sous le nom de Franche-Comté, ainsi nommée parce que ses habitants étaient exempts de tout impôt permanent. Cette annexion dura jusqu'en 1316, époque à laquelle la Franche-Comté fut réunie au royaume de France, par Philippe le Long. Les seigneurs du pays prirent une part glorieuse aux croisades de la chrétienté contre l'islamisme. En 1289, Rodolphe de Habsbourg, empereur d'Allemagne, punit la Franche-Comté, qui méconnaissait ses droits, en s'emparant de Luxeuil qu'il livra au pillage. Philippe le Long, deuxième fils de Philippe le Bel, avait épousé, en 1307, Jeanne de Bourgogne, héritière de la Franche-Comté. Lorsque ce prince monta sur le trône, en 1316, la Franche-Comté fut réunie à la France, pour en être séparée, en 1330, par le testament de Jeanne, et retourner au duché de Bourgogne. En 1361, la Franche-Comté revient, par héritage, à Marguerite, fille du roi Philippe le Long et de la reine Jeanne, la plus proche héritière de Philippe de Rouvre, son petit neveu. Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et quatrième fils de Jean le Bon, roi de France, épouse Marguerite II, fille de Louis III de Male, qui lui apporte en dot la Franche-Comté, et cette province est de nouveau réunie à la Bourgogne. Cet état de choses dure jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne (1477). Louis XI profite de la mort de son rival, et, dans le dessein de s'emparer de ses états, il fait occuper la Franche-Comté par des troupes françaises. Son successeur, Charles VIII, continue cette occupation jusqu'au traité de Senlis (1493), par lequel cette province rentre dans l'Empire jusqu'en 1504, époque à laquelle Philippe le Beau, fils de Maximilien, empereur d'Allemagne, par suite de son mariage avec Jeanne la Folle, fille de Ferdinand et d'Isabelle, devint roi d'Espagne. Philippe le Beau meurt en 1506, laissant un fils, qui devait être plus tard Charles-Quint. L'administration de la Franche-Comté est confiée alors, par Maximilien, à sa fille Marguerite.
En 1569, les soldats de l'empereur d'Allemagne, qui soutenaient les luthériens, pillèrent Luxeuil, Conflans, Baudoncourt et plusieurs autres villes de la Franche-Comté. L'abbaye de Cherlieu fut complètement dévastée. En 1571, la peste ajouta ses ravages à ceux de la guerre, et, en 1586, elle fit à Vesoul un si grand nombre de victimes, que la plupart des habitants quittèrent leur ville. En 1595, Henri IV envoya en Franche-Comté 6 000 soldats lorrains, qui s'emparèrent d'un grand nombre de villes. Mais ils en furent expulsés, quelque temps après, par 10 000 Espagnols, sous la conduite de don Fernando de Vélasco. Henri IV, vainqueur au combat de Fontaine-Française, revint la même année en Franche-Comté, et s'empara de Besançon. En 1596, un traité de neutralité rendit la province aux Espagnols. Sous le règne de Louis XIII, la Franche-Comté n'eut pas à souffrir de la guerre pendant les premières années. Mais, en 1635, Richelieu jeta 120 000 hommes sur la Franche-Comté, et alors commença une guerre de destruction, qui ne se termina qu'au traité de Westphalie, et dans laquelle les Francs-Comtois résistèrent aux Français avec la plus vive énergie. Louis XIV s'empara de la Franche-Comté en 1668, et fut obligé de la rendre à l'Espagne par le traité d'Aix-la-Chapelle de la même année. Mais il la reprit en 1671, et la paix de Nimègue, de 1678, incorpora définitivement cette province au royaume de France. Depuis ce moment, la Franche-Comté a été une de nos provinces les plus patriotiques.
Malheureusement, ce brillant épisode devait être suivi, quelques jours après, de la plus désastreuse des retraites. RETOUR première partie |
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