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HISTOIRE de la HAUTE-SAÔNE (70)
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La loi du 26 février 1790 qui divisa la France en départements, forma la Haute-Saône de la partie septentrionale de la Franche-Comté. Avant la conquête romaine, cette contrée était habitée par les Séquanais, peuple gaulois de la Celtique. Ce nom leur venait de la Seine, en latin Sequana, qui, avec le peuple des Éduens, bornait à l'ouest le pays des Séquanais. Les Séquanais étaient alliés aux Arvernes.


Ces derniers, disputant la prépondérance à la puissante confédération des Éduens, appelèrent à leur aide le Germain Arioviste qui, à la tête des Suèves, errait de l'autre côté du Rhin, prêt à passer le fleuve. Le chef barbare répondit à cet appel et, avec son concours, les Éduens furent vaincus. Mais les Arvernes et les Séquanais payèrent cette victoire de leur indépendance. Arioviste s'établit chez ses nouveaux amis ; 120 000 Suèves, qui vinrent successivement le rejoindre, traitèrent les Gaulois avec orgueil et mépris.

Vue de la ville de Gray au XVIIIe siècle,
par Jean-Baptiste Lallemand

Éduens, Arvernes et Séquanais, oubliant leurs ressentiments et fatigués de la domination de ces barbares, résolurent d'implorer le secours de Rome. L'Éduen Divitiac fut envoyé devant le Sénat romain pour y exposer les souffrances de sa patrie et demander du secours contre les envahisseurs. Le Sénat, composé de vieillards indécis, ne promit pas un secours efficace. Sur ces entrefaites, on apprit à Rome que les Helvètes ou Suisses, sans cesse harcelés par les Germains qui ravageaient leurs frontières, s'apprêtaient à abandonner leur patrie pour traverser la Gaule et aller s'établir sur les bords de l'Océan. Le sort de la province romaine en Gaule était menacé, et le Sénat, poussé par le consul Jules César, qui fut un des plus grands génies militaires de l'Antiquité, résolut de repousser le flot des envahisseurs.

L'an de Rome 696, les Helvètes ayant quitté leur pays au nombre de 360 000, furent complètement détruits par Jules César sur la rive gauche de la Saône. Le général romain se trouva alors en face d'Arioviste auquel il proposa un accommodement ; mais, le barbare ayant repoussé dédaigneusement ses offres, les deux armées en vinrent aux mains, et, après une vigoureuse résistance, les Suèves essuyèrent une défaite complète.

Les Romains furent pour la Gaule des ennemis bien plus redoutables encore que les barbares ; elle perdit son indépendance, et, après neuf ans de luttes acharnées, elle fut soumise par le génie et la fortune de César à l'autorité de Rome. Les conquérants tracèrent alors un grand nombre de routes et établirent, dans la Séquanie, plusieurs camps retranchés.


Etablissement thermal de Luxeuil,
d'après un dessin de M.-N. Blanchard

Dans la Haute-Saône on en retrouve aujourd'hui les traces, consistant en murs éboulés, en fossés assez profonds, en débris d'armes, de vases et de poteries ; il y en avait à Noroy-lès-Jussey, au mont Châtelard, à Mantoche, à Bourguignon-lès-Morey. César fit construire, en outre, de nombreux aqueducs, et ordonna à son lieutenant Labiénus, auquel il laissa le gouvernement de la Séquanie, de réparer les thermes de Luxeuil, qui existaient déjà depuis longtemps, et qui avaient été presque entièrement détruits. Il cherchait à se concilier l'affection des vaincus, en leur faisant sentir les bienfaits de la civilisation, et cette sage et humaine administration lui réussit plus que la cruauté et la violence.

L'an 44 avant Jésus-Christ, le vainqueur des Gaules tomba sous le poignard de Brutus. L'année suivante, Octave, neveu de Jules César, Antoine et Lépide établirent un triumvirat. Mais Octave et Antoine devinrent bientôt rivaux ; le premier sortit triomphant de la lutte et fut proclamé empereur, l'an 30 avant Jésus-Christ, sous le nom d'Auguste. Il fit restaurer un certain nombre de villes qui existaient déjà dans la Séquanie et en fit bâtir de nouvelles. L'an 27 avant notre ère, il divisa la Gaule en quatre provinces : la Narbonnaise, l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Belgique.

A celles-ci s'ajoutèrent, quelque temps après, deux nouvelles provinces : la Germanie supérieure ou première et la Germanie inférieure ou deuxième. La Séquanie forma une contrée intermédiaire entre la Lyonnaise et la Germanie supérieure ; on l'appelait quelquefois Germanie troisième, parce qu'elle renfermait quelques peuplades germaniques. A la fin du troisième siècle de l'ère chrétienne, Dioclétien fit une nouvelle division des provinces, et la Séquanie forma une province spéciale du diocèse des Gaules, sous le nom de Maxima Sequanorum. Au quatrième siècle, elle forma la cinquième province de la Lyonnaise.

Le christianisme avait pénétré dans la Séquanie vers la fin du deuxième siècle. Saint Irénée, évêque de Lyon, y avait envoyé saint Ferréol et saint Ferjeux, qui y prêchèrent la nouvelle foi ; ils obtinrent, en 211, la palme du martyre.

En 413, les Burgondes, après avoir franchi le Rhin, se rendirent maîtres de la Séquanie, et leur chef, Gondicaire, fonda le royaume des Burgondes on Bourguignons. En 451, le barbare Attila jeta ses hordes sur le royaume des Burgondes, mais, vaincu par Aetius et Mérovée, à la sanglante bataille de Châlons-sur-Marne, il fut obligé de se retirer ; à son retour, il traversa la Séquanie pour se rendre en Italie, et pilla Luxeuil et Besançon. La forteresse de Saint-Loup, qui s'appelait alors Grannum, fut incendiée par ses ordres. En 433, les Burgondes embrassèrent l'arianisme. Cette religion était ainsi nommée à cause de son fondateur, Arius, qui avait prêché la nouvelle doctrine à Alexandrie, en 312 ; elle combattait la Trinité et niait la divinité de Jésus-Christ.


Le roi Gondicaire mourut en 463, laissant quatre fils, entre lesquels son royaume fut partagé. L'aîné, Gondebaud, pour augmenter sa part d'héritage, assassina de sa main son frère Chilpéric, le père de Clotilde, qui fut plus tard la femme de Clovis, roi des Francs. En 500, Clovis, qui venait d'abjurer le paganisme, excité par Clotilde contre Gondebaud, qui était arien, attaqua celui-ci près de Dijon, le vainquit et lui imposa un tribut.

Après la mort du roi des Francs, deux de ses fils, Thierry Ier, roi de Metz, et Clodomir, roi d'Orléans, attaquèrent Gondemar II, roi des Burgondes ; mais ce prince les mit en fuite à la suite d'une sanglante bataille, où Clodomir perdit la vie. Le fruit de cette victoire ne profita guère au vainqueur. En effet, Childebert Ier, roi de Paris, et Clotaire Ier, roi de Soissons, voulant venger Ia mort de leur frère Clodomir, marchèrent contre les Burgondes, assiégèrent Autun et mirent en fuite Gondemar, après avoir occupé tout le pays. Ce prince fut le dernier roi de la domination bourguignonne (534). Son royaume fut partagé entre les deux princes francs et leur neveu Théodebert, fils de Thierry Ier. Le royaume des Burgondes avait duré 121 ans.


Hôtel de ville de Luxeuil
au XIXe siècle, d'après
un dessin de M.-N. Blanchard

SUITE de l'Histoire de la HAUTE-SAÔNE


 
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