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HISTOIRE de l'AISNE (02)
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Le département de l'Aisne a joué un rôle important dans l'histoire nationale de la France. Des événements remarquables par leurs résultats se sont passés sur son territoire.

A la conquête des Gaules par Jules César, le sol du département de l'Aisne, couvert de vastes forêts, avait pour habitants des tribus gauloises dont les principales étaient les Sylvanectes, les Vermandues, les Rèmes et les Suessons. Divitiac, l'un des chefs de ces derniers, avait étendu sa domination sur une grande partie de la Gaule ; il avait même porté ses armes jusque chez les Bretons au delà de la Manche et soumis à son autorité une grande partie des îles Britanniques.

L'an 58 avant J.-C., Iorsque les Romains, sous la conduite de Jules César, soumettaient les uns après les autres tous les peuples gaulois, Galba, roi des Suessons, leur opposa une résistance énergique. Mais, après avoir pris part à la grande lutte nationale dans laquelle Vercingétorix succomba (en 52), constatant l'inutilité de ses efforts, il s'allia avec Jules César et lui fournit des troupes. Ces secours, fort utiles au général romain, contribuèrent pour une grande part à la victoire qu'il remporta sur la puissante confédération des Belges coalisés, dans la sanglante bataille de Bibrax, près de Laon.

Soissons, qui auparavant s'appelait Noviodunum, prit le nom d'Augusta Suessionum. Elle fut après Reims la ville la plus importante de la Belgique, quand celle-ci eut été réduite en province romaine ; le territoire désigné alors sous le nom de Gaule Belgique ou simplement de Belgique, avait une plus grande étendue que le royaume actuel de Belgique.

Les Romains, maîtres du pays, s'y fortifièrent. Ils y bâtirent des villes (Laon, primitivement Laudunum, date de cette époque), ils y tracèrent des routes, dont les restes, visibles encore de nos jours, sont connus sous le nom de voies romaines ou de chaussées Brunehaut, parce que cette reine les fit partout réparer avec le plus grand soin. L'industrie, les moeurs, les coutumes, la langue des Romains, s'implantèrent rapidement chez les Gaulois ; et, quand le christianisme fut prêché dans tout l'empire romain, des apôtres vinrent, là comme partout ailleurs, annoncer l'Évangile. Parmi ces hommes dévoués nous citerons surtout saint Quentin, saint Crépin, saint Crépinien, saint Sinice. Malgré les persécutions, la religion nouvelle s'établit peu à peu. Elle était très répandue à l'époque où les invasions des barbares vinrent enlever les Gaules à l'empire romain.

Les Francs, sous la conduite de Chlodowig ou Clovis, portèrent le dernier coup à la domination romaine. Ils gagnèrent une grande bataille (486) sur Syagrius, général romain, sous les murs de Soissons. Leur victoire, complète et décisive, doit être regardée, à cause de ses conséquences, comme l'un des événements les plus considérables de notre histoire. La bataille de Soissons décida en effet de l'avenir du pays ; de ce jour date réellement la nationalité française et le royaume de France fut fondé.


L'empereur Zénon, qui n'avait plus qu'un droit nominal sur les provinces conquises par les Francs, les céda à Clovis, leur chef. Le clergé tourna les yeux vers ce dernier et voulut s'en faire un protecteur. L'un des premiers, saint Remi, archevêque de Reims, entra en relations avec le chef barbare. Il lui réclama un vase précieux de l'église de Reims, vase qui se trouvait dans le butin fait à la bataille de Soissons. Clovis, voulant satisfaire au désir de l'archevêque, demanda ce vase à ses compagnons d'armes pour sa part de butin ; mais l'un d'eux lui répondit fièrement : « Tu l'auras si le sort te le donne, » et d'un coup de sa hache il brisa le vase. A quelque temps de là, dans une revue, Clovis arrache des mains de ce soldat sa francisque ou hache d'armes, qu'il jette à terre, et, tandis que le soldat se baisse pour la ramasser, il lui fend la tête en s'écriant : « Souviens-toi du vase de Soissons. »

Ce fait prouve combien l'autorité du roi franc était alors précaire. Mais bientôt, grâce à ses conquêtes, à l'appui des évêques après sa conversion au christianisme et son baptême (496), grâce aux meurtres successifs de tous ses parents, Clovis devint seul roi des peuples francs avec une puissance et une autorité absolues.


Le vase de Soissons

A sa mort (511), Clotaire Ier lui succéda comme roi de Soissons. Ce prince, bien qu'il eût réuni sous sa domination toutes les possessions de son père et qu'il les eût même augmentées par ses propres conquêtes, séjourna fréquemment dans sa capitale, où il se fit enterrer. Dans le partage qui eut lieu alors (561), Soissons resta la capitale du royaume de Neustrie ou de l'Ouest, par opposition au royaume d'Austrasie ou de l'Est. Ce fut Clotaire II, fils de Chilpéric Ier, et petit-fils de Clotaire ler, qui transporta définitivement à Paris le siège de son gouvernement. A cette époque commence une série de meurtres, de crimes, de trahisons et de guerres qui, pendant la rivalité de Frédégonde et de Brunehaut (561-613) et sous la domination des maires du palais (613-687), fomentés par les haines réciproques des Austrasiens encore barbares et des Neustriens plus policés, ensanglantèrent souvent le sol du département dont nous résumons I'histoire. La victoire de Leucofao (aujourd'hui Laffaux ?) gagnée par Ebroin, maire de Neustrie, en 680, donna un instant aux Neustriens la prépondérance, qui leur fut enlevée par la bataille de Testry (687) où Pépin d'Héristal, maire d'Austrasie, triompha d'eux définitivement.

Toutefois les Neustriens, à la mort de Pépin, tentèrent de reconquérir leur indépendance et de ressaisir la suprématie ; mais ils furent de nouveau battus avec leurs alliés les Aquitains sous les murs de Soissons (718) par Charles Martel, fils de Pépin d'Héristal.

SUITE de l'Histoire de l'AISNE


 
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