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HISTOIRE de l'AIN (01)
L'extrémité sud du Jura s'avançant comme une péninsule entre le Rhône et l'Ain, c'est le Bugey ; la vallée de l'Ain, le plateau qui de I'Ain s'étend jusqu'aux bords de la Saône, c'est la Bresse, pays fertile, et (au sud) la Dombes, le pays des étangs. Ces pays ont eu de tout temps des rapports nécessaires ; mais la Bresse et le Bugey présentent une grande dissemblance de moeurs et d'usages. A l'époque gauloise, le Bugey était habité par les Séquanes, ce peuple si puissant qui occupait toute la chaîne du Jura ; les Ambares habitaient la vallée de l'Ain. C'est dans ce pays qu'en l'année 58 av. J.-C. Jules César porta les premiers coups aux Helvètes, qui voulaient traverser en masse la Gaule pour aller s'établir chez les Santons (en Saintonge). Le proconsul avait massé ses troupes sur les hauteurs de Sathonay, et atteignit en amont de Trévoux (à ce qu'on croit, près du hameau de Bruyères), au moment où ils s'apprêtaient à franchir la Saône, les Tigurins, qui formaient I'arrière-garde des émigrants. Les Helvètes repoussés, le libérateur du pays ne tarde pas à en devenir le maître, et la colonisation romaine fit de rapides progrès, surtout dans le Bugey, où se trouvait la ville gauloise d'Izarnodorum (Izernore), agrandie et embellie par les conquérants.
Après la chute de l'empire romain, le territoire du département actuel de l'Ain fut occupé par les Burgondes et fit partie du grand royaume fondé par ces barbares plus pacifiques que les autres. C'est à Ambérieu qu'aurait été faite, paraît-il, la rédaction de deux titres de la loi Gombette (ou loi de Gondebaud), promulguée à Lyon en 507 par Sigismond. Deux fils de Clovis, Clotaire et Childebert, soumirent la Bourgogne (534), et le pays entra ainsi dans le vaste royaume des Francs. Par leur situation, la Bresse, le Bugey, les Dombes, qui commençaient à porter ces noms d'origine germanique, échappaient aux grands mouvements de peuples. Mais ils étaient sur la limite des grandes vallées, et les Sarrasins, les Hongrois même arrivèrent jusqu'à eux pour y exercer leurs ravages. Dans le démembrement de l'empire de Charlemagne, ces pays échurent au fils aîné de Louis le Débonnaire, l'empereur Lothaire, puis, après sa mort, à Charles le Chauve. Celui-ci en forma un duché qui, avec Lyon, fut donné à Boson et devint l'origine du deuxième royaume de Bourgogne, possédé par les descendants de Boson jusqu'à Rodolphe III le Fainéant. Ce dernier laissa ses états, désignés dès lors sous le nom de royaume d'Arles, à l'empereur Conrad le Salique (1033) ; de là, l'origine des droits que les Césars allemands revendiquèrent sans cesse sur ces pays. Mais la puissance des empereurs d'Allemagne tomba avec Frédéric II ; tout lien avec l'empire fut rompu, et l'on ne vit plus dans la Bresse, les Dombes et le Bugey, que des grands fiefs formés déjà depuis longtemps : seigneuries de Baugé, de Villars, de Coligny. Les sires de Thoire principalement jouissaient de prérogatives souveraines et du droit de battre monnaie ; ils construisirent des châteaux sous les murs desquels vinrent s'abriter des populations, Montréal, Arbent, Brion, Blye, Villars dans les Dombes, Poncin, la plus belle des résidences seigneuriales du Bugey, le siége de leur chambre des comptes. Les Thoire s'allièrent aux Villars, et alors commença la famille des Thoire-Villars. Les sires de Coligny comptaient parmi les plus puissants, et leur famille devait plus tard s'illustrer par d'éclatants services rendus à la France (Jacques de Coligny, prévôt de Paris ; Gaspard de Coligny, maréchal de France ; l'amiral de Coligny, son fils, qui l'a fait oublier). Il faudrait citer encore, pour avoir un tableau exact de la féodalité en ces provinces, les seigneurs de Gex, les évêques de Belley, princes du Saint-Empire, les abbés de Saint-Rambert, d'Ambronay, de Nantua. Peu de pays d'ailleurs possédèrent plus de prieurés et d'abbayes : la chartreuse de Portes attira par sa renommée saint Bernard et Louis le Jeune, qui gravirent les sentiers escarpés de ses hautes montagnes.
En 1292, la seigneurie de Baugé ayant passé dans la maison de Savoie, les princes de cette maison étendirent peu à peu leur domination sur la Bresse et le Bugey. Les Dombes restèrent en dehors et, des seigneurs de Beaujeu, des seigneurs de Thoire-Villars, passèrent au connétable de Bourbon. Confisquées après la trahison du connétable et données à Louise de Savoie, mère de François ler, les Dombes furent rendues à Louis de Bourbon-Montpensier et passèrent par mariage dans la famille d'Orléans ; la grande Mademoiselle donna les Dombes au duc du Maine, et le second fils du duc du Maine céda la principauté à Louis XV en échange d'autres terres. Ainsi les Dombes n'avaient pas cessé d'appartenir à des seigneurs et à des princes français. La Bresse et le Bugey, le pays de Gex, après être restes près de trois siècles sous la domination de la maison quasi-française de Savoie, furent cédés à la France par le traité de Lyon du 17 janvier 1601, obtenu par la fermeté et l'habileté de Henri IV. Les rois respectèrent les privilèges de ces petits pays qui ne pouvaient leur porter ombrage. Ainsi la principauté de Dombes conserva jusqu'en 1771 son parlement, qui datait de 1525 ; les privilèges du Franc-Lyonnais furent encore confirmés par Louis XV en 1716. Trévoux avec son parlement possédait un hôtel des monnaies et s'était fait une réputation dans le monde des lettres par l'imprimerie qui fit paraître le fameux Dictionnaire de Trévoux, puis par le Journal de publications des jésuites. La première édition du Dictionnaire est de l'année 1704. |
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