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PROCESSION DE LA FÊTE-DIEU
A ANGERS (Maine-et-Loire) (Récit paru au XIXe siècle)
Ce fut à Angers que Bérenger ouvrit ses prédications contre la présence réelle du Christ dans l'hostie, et cette hérésie, qui semblait ouvrir de loin la voie à Calvin et à Luther, agita profondément la dernière moitié du onzième siècle. Par suite de la réaction qui s'opéra contre cette opinion, et afin de témoigner plus clairement l'adoration pour le Christ, que les catholiques croyaient ébranlée, le pape Urbain IV institua, en 1264, l'ovation publique du Saint-Sacrement, et la ville qui avait été le théâtre des prédications de Bérenger s'efforça de se justifier aux yeux de l'Église en donnant à cette ovation un éclat tout particulier. Aussi les processions de la Fête-Dieu à Angers, que l'on appelait sacres, eurent-elles longtemps une grande célébrité. La cérémonie commençait à six heures du matin et durait jusqu'à quatre heures du soir. Toutes les autorités de la ville suivaient la procession. Pendant la nuit qui précédait la fête, des crieurs publics parcouraient les rues pour l'annoncer, tenant à la main une torche de cire jaune à laquelle pendait une clochette.
Les douze torches existaient encore en 1790, car à cette époque les corporations demandèrent que leur entretien fût payé par la ville, ce qui fut accordé, mais amena peu après leur destruction. Il ne reste plus de trace de ces torches que dans le cierge des pêcheurs qui se porte encore aux processions de la Fête-Dieu. Il est d'une hauteur et d'une grosseur remarquables, orné de madones peintes et de petits cercles auxquels pendent des poissons. |
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