LA FRANCE PITTORESQUE
Entre chien et loup
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Publié le vendredi 17 mars 2017, par LA RÉDACTION
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À la tombée du jour
 

Cette expression doit dater au moins du VIIe siècle, ainsi que le prouve un ouvrage intitulé : Formules de Marculfe. Infra horam vespertinam, inter canem et lupum, ce qui veut dire : A l’heure du soir, entre le chien et le loup. Quelques personnes ont vu dans ces mots : Entre chien et loup, une allusion la difficulté qu’on a au crépuscule de distinguer un chien d’un loup.

Comme disaient les anciens : Dubiis sideribus, ce qui signifie : Les astres étant douteux. Effectivement, c’est à ce point final de la journée qui sépare le moment où le chien est placé à la garde du troupeau et le moment que le loup profite de l’obscurité qui s’étend sur la terre pour venir rôder autour de la bergerie ; car, c’est un usage observé, de tous temps, par les bergers de lâcher le chien et de le mettre en sentinelle aussitôt que la chute du jour les avertit que le loup ne tardera pas à sortir du bois.

On trouve dans Baïf, poète du XVIe siècle, les vers suivants qui ont rapport à ce sujet :

Comme le simple oiseau qui cherche sa pasture (pâture),
Lorsqu’il n’est iour (jour) ni nuit, quand le veillant berger (le berger qui veille)
Si c’est un chien ou loup ne peut au vray iuger (juger véritablement)
Ne pensant au danger, ains (mais) à sa nourriture, etc.

Madame de Sévigné (XVIIe siècle) a employé l’expression : Entre chien et loup, pour indiquer des idées douteuses ou obscures. On emploie également cette expression au figuré pour désigner deux personnes qui s’épient mutuellement, plutôt dans l’intention de se nuire, que dans celle de s’être utiles.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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