LA FRANCE PITTORESQUE
Épave de la Mortella II
dans le golfe de Saint-Florent
(Source : France 3 Corse ViaStella)
Publié le jeudi 4 novembre 2021, par Redaction
Imprimer cet article
Après plusieurs campagnes de fouilles consacrées à la Mortella III, c’est au tour du deuxième vaisseau de la Renaissance échoué par 48 mètres de fond dans le golfe de Saint-Florent, la Mortella II, de livrer ses précieux secrets aux archéologues
 

Il y a deux ancres qui sont très intéressantes à étudier. Des ancres du XVIe siècle, il n’y en a pas beaucoup en Méditerranée occidentale ! ». Après 22 minutes d’observation à 48 mètres de la surface, le plongeur-archéologue italien Fabrizio Ciacella remonte ravi.

Français, italiens, suisses, espagnols, toute une équipe de plongeurs-archéologues bénévoles effectue une mission de trois semaines de fouilles sur l’épave de la Mortella II, vaisseau daté de la Renaissance localisé dans le golfe de Saint-Florent en octobre 2005. Un second navire, la Mortella III, retrouvée en novembre 2006 par 38 mètres de fond, a lui fait l’objet d’une campagne de fouille entre 2010 et 2015.

Des tessons de céramique remontés ce 28 septembre 2021, vestiges du navire coulé en 1527
Des tessons de céramique remontés ce 28 septembre 2021,
vestiges du navire coulé en 1527. © Crédit photo : C.Giugliano/FTV

Un intérêt scientifique majeur
« On a plus d’informations sur les navires romains du Ier siècle avant J.-C. que sur cette époque », explique Arnaud Cazenave, responsable des fouilles menées sur les deux grands vaisseaux. « On sait que ces navires ont coulé à la mi-août 1527 dans le golfe de Saint-Florent. La ville de Gênes était assiégée par la France et avait fait envoyer ces bateaux en Sicile pour ravitailler la ville qui était affamée.

« Partis de Rapallo, les navires faisaient escale ici. Bloqués sans vent au milieu de la baie, ils se sont fait surprendre par une flotte de galères françaises. Les hommes ont alors sabordé leurs navires par le feu avant de se réfugier à terre », raconte Arnaud Cazenave.

Mobilier, tessons de céramique, ancres, pièces d’artillerie, architecture navale, l’étude de ces épaves présente un intérêt historique, patrimonial et scientifique majeur pour les archéologues. « Ces épaves sont extrêmement rares et précieuses, poursuit Arnaud Cazenave, elles sont une source d’informations clés pour comprendre comment on construisait les navires et on naviguait à cette époque là, et aussi comment se faisaient le commerce et la guerre ».

Des boulets de canon en pierre ont été remontés de l'épave de la Mortella II le 29 septembre 2021
Des boulets de canon en pierre ont été remontés de l’épave de la Mortella II
le 29 septembre 2021. © Crédit photo : C.Giugliano/FTV

À terme, ce projet intitulé « Cinq siècles sous la mer », soutenu par des fonds européens, l’État, la Collectivité de Corse et la ville de Saint-Florent, a pour ambition de créer autour de ces épaves un pôle d’archéologie maritime de la période de la Renaissance en Méditerranée.

Céline Serrano
France 3 Corse ViaStella

Accédez à l’article source

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE