LA FRANCE PITTORESQUE
Saepe premente Deo,
fert Deus alter opem
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Publié le lundi 11 juillet 2016, par Redaction
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Si quelque Dieu nous presse, un autre nous délivre
 

Vers d’Ovide. Les dieux du paganisme n’étaient pas toujours d’accord entre eux, et la discorde était quelquefois dans l’Olympe comme au camp d’Agramant. De dieu à dieu, de déesse à déesse, il y avait les petites rivalités, les petites haines, dont les pauvres humains subissaient le contrecoup. Avoir encouru la colère d’une divinité devenait souvent un titre à la protection d’une autre. Les Troyens avaient contre eux Junon et Pallas, mais Vénus combattait dans leurs rangs.

« — Tout de bon, mon père, votre doctrine est bien commode, et je vois bien maintenant à quoi vous servent les opinions contraires que vos docteurs ont sur chaque matière. Car l’une vous sert toujours et l’autre ne vous nuit jamais. Si vous ne trouvez votre compte d’un côté, vous vous jetez de l’autre, et toujours en sûreté. — Cela est vrai, dit-il, et ainsi nous pouvons toujours dire avec Diana, qui trouva le père Beauny pour lui, lorsque le père Lugo lui était contraire : Saepe premente Deo, fert Deus alter opem. » (PASCAL, Les Provinciales)

« Grimm assure que l’empereur est des nôtres ; cela est heureux, car la duchesse de Parme, sa sœur, est contre nous : Saepe premente Deo, fert Deus alter opem. » (VOLTAIRE, À d’Alembert)

« Je vous prie de presser la publication de la lettre du petit bourgmestre. Embellissez, enflez cela. Le canevas doit plaire à ce pays-ci. Il est bon d’avoir les bourgmestres pour soi, si l’on a les jésuites contre : Saepe premente Deo, fert Deus alter opem. » (VOLTAIRE, À M. le marquis d’Argens)

« Mon cher ami, j’ignore si madame Denis vous a donné un chiffon de lettre que je vous écrivis étant un peu attristé et très malade. J’ai été en France depuis, à petits pas, m’arrêtant partout où je trouvais bon gîte, et surtout chez l’électeur palatin. Vous me direz que je dois être rassasié d’électeurs, mais celui-là est très consolant : Saepe premente Deo, fert Deus alter opem. » (VOLTAIRE, Lettre à M. le comte d’Argental)

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