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« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
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Effet passage du jour à la nuit sur hommes et animaux. Éclipse. Anecdotes historiques - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Eclipse sur les animaux (Effet d’une)
(Extrait de « Astronomie générale », par Arago, paru en 1867)
Publié le jeudi 7 octobre 2010, par LA RÉDACTION


 
 

Riccioli rapporte qu’au moment de l’éclipse totale de 1415, on vit en Bohême, des oiseaux tomber morts de frayeur. La même chose est rapportée de l’éclipse de 1560, « les oiseaux, chose merveilleuse (disent des témoins oculaires), saisis d’horreur, tombaient à terre. »

En 1706, à Montpellier, disent les observateurs, « les chauves-souris voltigeaient comme à l’entrée de la nuit. Les poules, les pigeons coururent précipitamment se renfermer. Les petits oiseaux qui chantaient dans les cages se turent et mirent la tête sous l’aile. Les bêtes qui étaient au labour s’arrêtèrent. »


La frayeur produite chez les bêtes de somme par le passage subit du jour à la nuit est constatée aussi dans le Mémoire de Louville relatif à l’éclipse de 1715. « Les chevaux, y est-il dit, qui labouraient ou marchaient sur les grandes routes, se couchèrent. Ils refusèrent d’avancer. » Fontenelle rapporte qu’en l’année 1654, sur la simple annonce d’une éclipse totale, une multitude d’habitants de Paris allèrent se cacher au fond des caves. Grâce aux progrès des Sciences, l’éclipse totale du 8 juillet 1842 a trouvé le public dans des dispositions bien différentes de celles qu’il manifesta pendant l’éclipse de 1654. Une vive et légitime curiosité avait remplacé des craintes puériles.

(...) A Perpignan, les personnes gravement malades étaient seules restées dans leurs chambres. La population couvrait dès le grand matin, les terrasses, les remparts de la ville, tous les monticules extérieurs d’où l’on pouvait espérer de voir le lever du Soleil.

(...) L’heure du commencement de l’éclipse approchait. Près de vingt mille personne examinaient, des verres enfumés à la main, le globe radieux se projetant sur un ciel d’azur.

(...) Entre ce moment et ceux qui précédèrent de très peu la disparition totale


de l’astre, nous ne remarquârnes dans la contenance de tant de spectateurs rien qui mérite d’être rapporté. Mais lorsque le soleil, réduit à un étroit filet, commença à ne plus jeter sur notre horizon qu’une lumière très affaiblie, une sorte d’inquiétude s’empara de tout le monde ; chacun éprouvait le besoin de communiquer ses impressions à ceux dont il était entouré. De là, un mugissement sourd, semblable à celui d’une mer lointaine après la tempête. La rumeur devenait de plus en plus forte à mesure que le croissant solaire s’amincissait. Le croissant disparut, enfin ; les ténèbres succédèrent subitement à la clarté, et un silence absolu marqua cette phase de l’éclipse, tout aussi nettement que l’avait fait le pendule de notre horloge astronomique.

(...) Après une attente solennelle d’environs deux minutes, des transports de joie, des applaudissements frénétiques, saluèrent avec le même accord, la même spontanéité, la réapparition des premiers rayons solaires.

(...) Lorsque je les questionnais sur la cause réelle du désespoir qui s’était emparé d’eux le 8 juillet, ils me répondaient sur-le-champ : « Le ciel était serein et, cependant, la clarté du jour diminuait, et les objets s’assombrissaient, et tout à coup nous nous trouvâmes dans les ténèbres : nous crûmes être devenus aveugles ; »

(...) Le Journal des Basses-Alpes rapporte, dans son numéro du 9 juillet 1842, une anecdote qui me semble mériter d’être conservée. Je laisse parler le journaliste :

« Un pauvre enfant de la commune des Sièyes gardait son troupeau. Ignorant complètement, l’événement qui se préparait, il vit avec inquiétude le soleil s’obscurcir par degré, car aucun nuage, aucune vapeur, ne lui donnait l’explication de ce phénomène. Lorsque la lumière disparut tout à coup, le pauvre enfants au comble de la frayeur, se prit à pleurer et à appeler au secours !... Ses larmes coulaient encore lorsque le soleil donna son premier rayon. Rassuré à cet aspect, l’enfant croisa les mains en s’écriant : o beou so souleou ! (ô beau soleil !) »

 

 

 

 

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