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5 janvier 1589 : mort de la reine Catherine de Médicis - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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5 janvier 1589 : mort de la
reine Catherine de Médicis
(D’après « Biographie universelle ancienne
et moderne » (Tome 7), paru en 1844)
Publié / Mis à jour le dimanche 1er janvier 2017, par LA RÉDACTION



 
 
 
Mariée par les intrigues de son oncle au dauphin de France, depuis Henri II, elle fut trois fois régente du royaume : durant le voyage de son époux en Lorraine en 1553 ; pendant la minorité de son fils Charles IX ; enfin, depuis la mort de ce dernier jusqu’au retour de Henri III

Épouse de Henri II, roi de France, Catherine de Médicis, née à Florence en 1519, était fille unique de Laurent de Médicis, duc d’Urbin, et nièce du pape Clément VII. François Ier ne consentit à la donner pour femme au futur Henri II, son second fils, que parce qu’il ne croyait pas qu’elle parviendrait au trône, et qu’il avait besoin d’une somme considérable d’argent que lui fournit Laurent de Médicis.

Le mariage fut célébré à Marseille le 28 octobre 1533. Cette alliance lui fut reprochée dans le temps comme au-dessous de la dignité de la maison royale. Catherine, avec de la beauté et de l’esprit, apporta de Florence un goût éclairé pour les arts, et malheureusement une estime trop profonde pour cette politique italienne qui ne peut convenir qu’à de petits princes se disputant la souveraineté momentanée de quelques petits états, mais qui sera toujours odieuse et fatale dans un grand royaume où tout se mène par la force des institutions, bien plus sûrement que par les cabales, les ruses et les perfidies.

Selon la légende noire attachée à Catherine de Médicis — légende remise aujourd’hui en question —, elle fut d’une ambition extrême et sacrifia la France et ses enfants au plaisir de dominer ; cependant elle n’eut jamais de plan fixe, et il est impossible de lui attribuer aucun de ces desseins profonds qui justifient aux yeux de la postérité ceux qui les ont conçus, même alors que le succès n’a point répondu à leurs calculs. La position dans laquelle elle se trouva en arrivant à la cour de France ne servit qu’à la rendre plus habile dans l’art de dissimuler ; placée entre la duchesse d’Étampes, maîtresse de François Ier, et Diane de Poitiers, maîtresse de son époux, elle vécut bien avec toutes deux, quoique toutes deux fussent ennemies.

Sans pouvoir, sans crédit personnel, on aurait pu croire, à son indifférence, qu’elle craignait l’embarras des affaires ; mais lorsque la mort de Henri Il, qui périt dans un tournoi (en 1559) l’eut rendue maîtresse de ses volontés, on la vit, toujours selon la légende, corrompre à plaisir le cœur de ses enfants, leur offrir des spectacles capables de les rendre cruels, et leur donner des fêtes voluptueuses, pour les énerver par la débauche. On sait qu’elle avait toujours à sa suite un grand nombre de filles d’honneur, dont la principale occupation était de séduire ceux qu’elle voulait attirer dans son parti ; et c’est au milieu des intrigues galantes, des plaisirs et du luxe que furent décidés, affirme-t-on, des massacres dont le souvenir fait frémir la postérité.

Catherine de Médicis en 1548, par Corneille de Lyon
Catherine de Médicis en 1548, par Corneille de Lyon

Son crédit sous le règne de François Il, l’aîné de ses fils, fut borné, ce prince étant entièrement livré aux Guises, dont il avait épousé la nièce, si malheureusement célèbre sous le nom de Marie Stuart. L’anecdote suivante prouve le peu d’influence dont Catherine jouit sous le règne de François Il : Le Camus, fameux calviniste, fils d’un marchand de pelleteries, fut chargé en 1560 par le ministre de porter secrètement un mémoire à Catherine de Médicis qui, voulant forcer les Guises à la compter pour quelque chose dans le gouvernement, cherchait, depuis la découverte de la conjuration d’Amboise, à se ménager des intelligences avec les calvinistes.

Le Camus sut trouver l’occasion de voir Catherine sans témoins, et, feignant de solliciter le paiement d’une somme due à son père, il aborda la reine mère, et lui remit le paquet dont il était chargé ; mais, comme il sortait, il fut aperçu par Marie Stuart, alors épouse de François II. Cette princesse servait d’espion, auprès de sa belle-mère, au duc de Guise et au cardinal de Lorraine ses oncles. Elle soupçonna quelque mystère, et entrant brusquement dans le cabinet de Catherine, la trouva occupée à lire le mémoire. Surprise et déconcertée, Catherine dit qu’elle ne savait d’où lui venaient ces papiers, et les remit à la jeune reine, pour qu’elle les portât elle-même au cardinal. Le Camus fut arrêté et plusieurs fois interrogé ; mais, ni les promesses, ni les menaces, ne purent lui faire nommer ceux qui l’avaient envoyé, et les Guises, forcés d’admirer son courage, se contentèrent de le retenir en prison.

Jalouse d’un pouvoir qu’elle n’exerçait pas, ce fut alors que Catherine conçut le projet de favoriser les protestants, projet fatal dans un pays où la religion catholique était une loi fondamentale de l’État. En donnant aux novateurs des appuis si près du trône, elle prépara des divisions qui auraient amené le morcellement de la monarchie française ou la proscription de la dynastie régnante, si Henri IV, par son courage, ses vertus, et surtout par son abjuration, n’avait réuni la religion catholique et la couronne, alors regardées comme inséparables par l’immense majorité des Français.

Si la fausse politique de Catherine n’avait pas d’abord appuyé les huguenots, les opinions religieuses n’auraient pas produit des guerres civiles si longues et si désastreuses ; mais les intrigues de la cour enhardirent les novateurs, et l’ambition des chefs ne connut plus de bornes. La mort de François lI ayant mis le pouvoir dans les mains de Catherine pendant la minorité de Charles IX, elle commença à se trouver embarrassée des encouragements qu’elle avait donnés aux huguenots : flottant entre les Guises, qui n’étaient devenus chefs des catholiques que parce que la cour ne s’était pas assez fortement déclarée pour le maintien de la religion de l’État, et les Condé, les Coligny, qui se servaient des protestants pour acquérir du pouvoir, elle fut réduite à intriguer continuellement, sans jamais obtenir une autorité aussi grande que celle que lui aurait donnée une conduite franche.

Méprisée de tous les partis, mais s’en consolant, pourvu qu’elle les trompât ; prenant les armes pour négocier, et ne négociant jamais sans préparer une nouvelle guerre civile, elle mit Charles IX, devenu majeur, dans la cruelle alternative de reconnaître un parti plus puissant que l’autorité royale, ou de recourir à la ressource de faire assassiner une partie de ses sujets, dans l’espoir incertain de s’élever au-dessus des factions. Le massacre de la Saint-Barthélemy — dont les historiens s’accordent désormais à dire qu’il ne fut pas prémédité — fut ordonné par les avis de cette même reine.

Charles IX rougissait de l’ascendant que sa mère avait pris sur lui, et forma plusieurs fois la résolution de s’en affranchir ; mais elle le maintenait dans sa dépendance par les craintes dont elle l’entourait, et par la jalousie qu’elle savait lui inspirer, en paraissant accorder des préférences à Henri III, le dernier de ses fils. Ainsi Catherine de Médicis fomentait la discorde entre ses enfants lorsque la guerre civile dévorait le royaume, et redoutait moins la chute de sa famille que de cesser un instant de paraître nécessaire. Après la mort de Charles IX elle exerça de nouveau la régence jusqu’au retour de Henri III, alors roi de Pologne ; elle contribua aux malheurs de ce règne par les événements qui l’avaient précédé et qui étaient en grande partie son ouvrage, et par les intrigues dont elle fut toujours occupée.

Lorsqu’elle cessa de vivre, en 1589, à l’âge de 70 ans, la France était dans un si grand désordre que sa mort fut à peine remarquée. Les règnes de François II, Charles IX et Henri III ne sont qu’une continuation de celui de Catherine de Médicis. Indifférente sur les oppositions de religions, dont elle était incapable de sentir les conséquences, elle croyait à l’astrologie judiciaire et à la magie. Elle aimait à montrer aux soldats qu’elle ne redoutait pas les hasards de la guerre ; n’estimant la bravoure que dans ceux qui l’attachaient à sa personne, elle mettait autant d’art pour les faire bien vivre ensemble, qu’elle montrait d’habileté pour brouiller et perdre ceux qui ne lui étaient pas dévoués ; prodigue dans un temps où le premier intérêt des rois aurait été d’avoir de l’argent à leur disposition, il lui était impossible de concevoir qu’elle pût diminuer ses dépenses, et, quand on lui représentait l’épuisement du trésor et du royaume, elle se contentait de répondre : « Il faut vivre. »

Sa conduite eut une grande influence sur les mœurs de ce temps, et l’on sait qu’elles furent scandaleuses ; ce qui donnait une nouvelle force aux reproches que les protestants adressaient aux catholiques. On peut louer en elle l’élégance de ses manières, un amour éclairé pour les sciences et pour les arts ; elle fit venir des manuscrits précieux de la Grèce et de l’Italie, fit bâtir les Tuileries, l’hôtel de Soissons, sur l’emplacement duquel on a élevé la Halle-au-Blé. On construisit également par ses ordres, en différentes provinces, des châteaux remarquables par la justesse de leurs proportions, dans un temps où l’on n’avait pas en France une idée des principes de l’architecture.

Les libelles faits contre Catherine de Médicis ont la chaleur et l’exagération si communes dans les temps de faction ; mais ses ennemis ne l’ont pas jugée plus sévèrement que les historiens, qui ont avoué que son caractère était incompréhensible.




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